
Peppino est un ancien tueur à la retraite italien qui a transmis le goût du métier à son fils. Alors que ce dernier est brutalement tué, Peppino est sauvé de la mort par une apparition miraculeuse. Échappant ainsi aux assassins - et avec l’aide de ses anciens acolytes, qui, comme lui, sucraient les fraises — il se lance dans une croisade vengeresse contre tout le milieu.
Traduite de l’Italien, cette très belle histoire mérite le coup d’oeil, non seulement pour la maestria du scénario mais aussi pour le graphisme révolutionnaire d’Igort. En effet, cette bande dessinée est traitée comme une sérigraphie en deux couleurs : un passage de noir et un passage de bleu, le bleu venant essentiellement mettre en valeur le trait noir du dessin. De ce traitement bicolore, Igort sort le meilleur, donnant un aspect à la fois désuet et audacieux à l’ensemble.
5 est le numéro parfait est un enchaînement de petites merveilles d’histoires s’acoquinant autour d’une grande, lui conférant couleur et saveur. (Ceci s’explique par le fait que l’album fut publié par épisodes périodiques d’une dizaine de pages de 1994 à 2002.) On découvre ainsi de purs chefs d’oeuvre, comme l’histoire d’amour entre Peppi et sa défunte femme, sans que le grand oeuvre en pâtisse, bien au contraire.
La bichromie enrichit énormément le trait d’Igort qui joue du bleu comme d’un instrument de basse pour souligner la partition de l’instrument principal solo, le trait noir. Il est d’ailleurs regrettable que ce traitement n’ait pas été choisi pour la couverture, laquelle est pour le coup franchement râté, ce qui est vraiment dommage compte tenu du contenu (jeux de maux). Enfin, il faut bien quelques défauts ?
Pour conclure, il faut aussi souligner la maîtrise du découpage de l’artiste. La bande dessinée ayant cet atout sur le cinéma de ne pas être enfermée dans un cadre donné, hormis celui de la page. Dans le genre, la mise en page d’Igort est une vraie réussite : les cases explosent dans l’action, les personnages cruciaux envahissent la page... Un travail de maître.
A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.