5 est le numéro parfait de Igort
En français Publié chez Casterman (Romans)
Chroniqué par Wand en mai 2003

Peppino est un ancien tueur à la retraite italien qui a transmis le goût du métier à son fils. Alors que ce dernier est brutalement tué, Peppino est sauvé de la mort par une apparition miraculeuse. Échappant ainsi aux assassins - et avec l’aide de ses anciens acolytes, qui, comme lui, sucraient les fraises — il se lance dans une croisade vengeresse contre tout le milieu.

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Traduite de l’Italien, cette très belle histoire mérite le coup d’oeil, non seulement pour la maestria du scénario mais aussi pour le graphisme révolutionnaire d’Igort. En effet, cette bande dessinée est traitée comme une sérigraphie en deux couleurs : un passage de noir et un passage de bleu, le bleu venant essentiellement mettre en valeur le trait noir du dessin. De ce traitement bicolore, Igort sort le meilleur, donnant un aspect à la fois désuet et audacieux à l’ensemble.

5 est le numéro parfait est un enchaînement de petites merveilles d’histoires s’acoquinant autour d’une grande, lui conférant couleur et saveur. (Ceci s’explique par le fait que l’album fut publié par épisodes périodiques d’une dizaine de pages de 1994 à 2002.) On découvre ainsi de purs chefs d’oeuvre, comme l’histoire d’amour entre Peppi et sa défunte femme, sans que le grand oeuvre en pâtisse, bien au contraire.

La bichromie enrichit énormément le trait d’Igort qui joue du bleu comme d’un instrument de basse pour souligner la partition de l’instrument principal solo, le trait noir. Il est d’ailleurs regrettable que ce traitement n’ait pas été choisi pour la couverture, laquelle est pour le coup franchement râté, ce qui est vraiment dommage compte tenu du contenu (jeux de maux). Enfin, il faut bien quelques défauts ?

Pour conclure, il faut aussi souligner la maîtrise du découpage de l’artiste. La bande dessinée ayant cet atout sur le cinéma de ne pas être enfermée dans un cadre donné, hormis celui de la page. Dans le genre, la mise en page d’Igort est une vraie réussite : les cases explosent dans l’action, les personnages cruciaux envahissent la page... Un travail de maître.

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Splendor No More
12 juillet 2010
L’auteur d’American Splendor et l’une des figures emblématiques de l’autobiographie en bande dessinée, Harvey Pekar s’est éteint hier à 70 ans. Il laisse derrière lui son « grand œuvre », chronique personnelle illustrée tour à tour par R. Crumb, Spain Rodriguez ou encore Joe Sacco, entre autres noms remarquables. En 2003, il avait été incarné à l’écran par Paul Giamatti.
Coupés du Monde
12 juin 2010
Aux flâneurs de la capitale réfractaires aux sirènes du ballon rond, les jours qui viennent s’annoncent riches en horizons à explorer. Pour commencer, Thomas Ott s’expose du 11 juin au 17 juillet à la Galerie Martel (17 rue Martel dans le 10e). Ensuite, histoire de continuer à célébrer les XX ans de l’Association, Benoît Jacques prend la suite de Nine Antico et de Grégoire Carlé et « s’installe » du 15 juin au 17 juillet à Super-Héros (175 rue St Martin dans le 3e). Enfin, on pourra aller admirer le travail de Dominique Goblet & Nikita Fossoul et Aurélie William Levaux du 18 juin au 18 juillet au Monte-en-l’Air (71 rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare dans le 20e).
Ah oui, et puis sinon, il paraît qu’il y a aussi quelque chose au Palais de Chaillot jusqu’au 28 novembre... alors bonne(s) visite(s).
Joli mois de Mai
30 avril 2010
Avis aux amateurs : ce mois de mai promet d’en éblouir plus d’un.
Tout d’abord, du côté de nos voisins Suisses, on pourra aller goûter à l’édition 2010 du Festival Fumetto (à Lucerne, du 1er au 9 mai), qui propose un superbe plateau d’expositions consacrées à Jack Kirby, Emmanuel Guibert, François Avril, Thomas Ott, Chihoi, Nicolas Mahler, Brecht Evens, ou encore Nadia Ravicioni. L’ensemble du programme détaillé est disponible sur le site du Festival.
Et pour ceux qui seraient plutôt parisiens, ils pourront toujours tourner leurs regards du côté de la Galerie Martel, qui exposera du 5 mai au 5 juin des originaux de R. Crumb.
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