
Pendant masculin d’Aline et les autres, Albert et les autres se propose d’explorer les inconscients masculins : sexualité, sentiments amoureux, pulsions, appétits, tout passe à la moulinette de Guy Delisle. Mais si Aline impressionnait par sa noirceur — en désespérant des rapports hommes/femmes, Albert est plus serein, et les mini-histoires muettes que l’on découvre savent parfois être légères et amusantes. Guy Delisle serait-il devenu euphorique ? Pas vraiment, mais le sens de l’humour québécois semble prendre le dessus sur la noirceur du propos, rendant tout cela plus léger, presque gai.
Le procédé reste le même, avec une narration impeccable, constituée de petites vignettes minimalistes qui se succèdent sans une parole, où les personnages courent et s’épuisent sous l’oeil sans complaisance d’un auteur entomologiste. L’extrême expressivité du dessin — on voit l’influence déterminante de l’animateur — rend le propos d’une clarté lumineuse et une vraie émotion se dégage à la fois de ces silhouettes perdues dans les méandres de l’inconscient masculin et de ces destins fatals mais ô combien humains.
Alors que les préparatifs de Noël rentrent dans leur dernière ligne droite, le Festival d’Angoulême continue son compte à rebours (plus que 37 jours) et vient d’annoncer la liste des nominés au Concours Révélation Blog 2009. Trente sélectionnés parmi plus de quatre cents candidats, qui vont d’abord être soumis à un vote public (à partir du 1er Janvier 2009), suite à quoi le jury fera son choix parmi les plus plébiscités. Verdict le 30 Janvier prochain, en plein Festival...
Juste à temps pour les fêtes, les Suisses de B.ü.L.b comix viennent d’inaugurer leur nouveau site, au design délicieusement minimaliste. Présentation de la maison et des auteurs, détour dans les coulisses de la fabrication, exploration du catalogue, tout y est — et on peut même commander en ligne, pour ceux qui voudraient compléter leur collection de petites boîtes alphabétiques. Joyeux Noël.
Deux prix de plus viennent agrémenter cette fin d’année. D’une part, après les rebondissements habituels (listes de 15 nominés, puis de 5 finalistes), l’ACBD a finalement désigné le lauréat de son Grand Prix de la Critique, à savoir Tamara Drewe de Posy Simmonds (Denoël Graphic). L’intéressée devrait recevoir le trophée durant le prochain Salon du Livre à Paris en Mars prochain.