
Ami(e) bédéphile, tu es tranquille dans ton bonheur quand soudain des questions essentielles t’assaillent : Où vais-je ? D’où viens-je ? Comment fait-on les bébés ? Où ? Quand ? C’est quoi cette bouteille de lait ? Jessie Bi fait-il des progrès en orthographe ? La fin justifie t’elle les moyens ? C’est quoi les mangas ? Qui avec qui ? Pourquoi ça ? Pourquoi travailler ? Comment faire pour défaire ? Hein — excuse-moi je n’entends pas — ? Quoi ? Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? T’as pas cent balles ? L’Univers est-il infini ? L’histoire de l’art est-elle finie ? Quelle heure est-il ? On arrive quand ? Que faire après le spectacle ?
Si une réponse à une seule de ces questions peu rétablir l’harmonique béatitude bestiale de ton bonheur ami (e) bédéphile alors j’ai un petit livre qui peu répondre à ta neuvième question Et si une réponse ne te suffit pas, débrouille-toi pour ne plus te poser de questions. Sache aussi qu’un certain Gottfried Benn (dont j’ignore tout) aurait dit un jour où la lumière de la raison était intense : « être idiot et avoir du travail, voilà le bonheur ». Quoi ? T’es au chômage !.
Il est signé du plus connu des mangaka actuels : Akira Toriyama le célèbre et célébré auteur de Dragon Ball et de Docteur Slump. Les livres d’auteurs de bande dessinée sur la bande dessinée étant rarissime, profitons-en !
Le propos ici est plus pratique que théorique. Il se rapproche plus de L’art de la BD de Duc que de L’art séquentiel de Will Eisner [1].
En fait le livre de Toriyama est ancré dans le contexte d’une revue et de l’âge de son lectorat (qu’on peut supposer très jeune ici). Il est une réponse d’auteur de bande dessinée à des courriers de lecteurs.
Les chapitres sont donc courts (3 à 4 pages en moyenne), et le ton est celui de l’humour. Néanmoins Toriyama va clairement au fond des choses et explique bien les codes de la mangas. Cela peut sembler réducteur, mais pour Toriyama les codes et les règles sont là. Pour devenir mangaka il est impératif de les connaître. Après leur maîtrise totale, libre a vous de les détourner (Picasso pouvait dessiner comme Raphaël ne l’oublions pas).
Cette pédagogie humoristique mais efficace, se double en plus d’une rubrique exposés qui regroupe des planches corrigées d’élèves/lecteurs de Toriyama. C’est non seulement très instructif mais en plus assez réjouissant car le maître ne ménage pas ses élèves. Rien que pour ça ce petit livre vos plus qu’un détour, d’autant plus que les problèmes qui y sont abordés peuvent dépasser largement le cadre de la manga.
[1] Derib, l’auteur de Buddy Longway avait publié au début des années 80 un album plutôt bien fait (qui mériterait une réédition d’ailleurs) basé sur les mêmes principes (et les mêmes causes) que celui de Toriyama. Mais c’est le seul à ma connaissance qui puisse être comparé à celui de Toriyama.
Ce Vendredi 14 Novembre à 17h, l’Université François-Rabelais de Tours accueille Pierre Fresnault-Desruelles pour une conférence intitulée « Bandes dessinées. Le creusement des surfaces ou comment circuler dans les images ».
A cent jours très exactement de l’ouverture des réjouissances, le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême a révélé hier sa sélection officielle pour le cru 2009, comptant 56 titres auxquels il faut rajouter les 8 titres de la sélection du patrimoine, et 20 titres dans la sélection jeunesse. On en sait également plus sur le programme, avec expositions, spectacles et rencontres — le tout détaillé sur le site officiel.
Toujours attachée à son univers de métamorphoses aux échos oniriques, Sylvie Fontaine vient de sortir Miss Va-Nu-Pied aux éditions Tanibis. Et histoire de célébrer dignement cet ouvrage muet, elle propose pour l’occasion une séance de signature accompagnée d’une performance en duo avec le saxophoniste François Corneloup. Cela se passera le Jeudi 23 Octobre prochain à partir de 19h30 à la librairie MK2 Quai de Loire, Paris 19e (métro Jaurès ou Stalingrad pour nos amis métropolitains).