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Comme je, comme tu, vous, nous sommes emballés par les « indés ». Mais l’attention fragile sur l’emballage ne désigne pas le produit, même si l’effet (produit) a la délicatesse des émotions rares et inattendues. Oui, il s’agit plus d’esthétique que de commerce et c’est bien l’emballeur qui se révèle, ici, le plus fragile.
Pourquoi dernièrement (et au présent) tant d’attention sur la fragile constitution d’éditeurs labellisés d’indépendance, alors que la bande dessinée se vante d’avoir une santé gaillarde ? [1]
Dans l’emballement, la précipitation, nous pourrions affirmer que c’est parce qu’ils bousculent par nature un médium figé dans des conventions séculaires, que c’est parce qu’ils servent de pépinières et que les plus belles plantes y poussent leurs rhizomes aux alentours, que leurs succès s’imitent (le plus souvent en apparence), que leur public ne s’élargit pas, que ... etc.
Sans grand déballage, mais avec plus d’attention, il apparaît que les éditeurs indépendants sont intrinsèquement fragiles et que c’est précisément de celle-ci, en qualité, qu’ils tirent leurs apports. Elle les anime, les rend vivants dans leurs thèmes et leurs projets.
Humainement, nous sentant « pluriellement » et en toute singularité chez nous, c’est dans la fragilité que nous nous retrouvons, nous, vous, toi, moi, lecteur lectrice, dépendant de cette indépendance éditoriale [2].
De ce grand plaisir de mettre mots et images sur ce qui nous/te préoccupe on/tu en n’oublie(s) les fondements et la réciprocité. N’attendons pas la chute pour apprécier l’équilibre. Faisons commerce équitable et plutôt que d’indépendance, qualifions ces éditeurs d’interdépendance.
Labels « d’interdé », sans eux, sans nous, il y aura perte. Le plaisir emballé et les yeux déballés sont aux prix de livres et de revues différentes, hors normes. Soyons plus qu’attentifs à ses mesures (métro-logos). A peine l’attention ailleurs, détournée, et la fragilité se révèle comme l’ombre se fait plus grande par le soleil déclinant.
Alors, oui il faut faire attention ! Singulièrement et au pluriel vous êtes, nous sommes, client cliente, et la résistance attentive se révèle aussi avoir le prix de ses achats.
[1] Fantagraphics est en très mauvaise posture, la revue Ferraille n’en a semble-t-il que pour deux opus malgré la qualité exceptionnelle des derniers numéros, Cornélius a avoué récemment avoir été à deux doigts de faire faillite l’année dernière, Jade semble en perpétuelle latence ...
[2] L’autosuffisance c’est chez les autres.
Alors que les préparatifs de Noël rentrent dans leur dernière ligne droite, le Festival d’Angoulême continue son compte à rebours (plus que 37 jours) et vient d’annoncer la liste des nominés au Concours Révélation Blog 2009. Trente sélectionnés parmi plus de quatre cents candidats, qui vont d’abord être soumis à un vote public (à partir du 1er Janvier 2009), suite à quoi le jury fera son choix parmi les plus plébiscités. Verdict le 30 Janvier prochain, en plein Festival...
Juste à temps pour les fêtes, les Suisses de B.ü.L.b comix viennent d’inaugurer leur nouveau site, au design délicieusement minimaliste. Présentation de la maison et des auteurs, détour dans les coulisses de la fabrication, exploration du catalogue, tout y est — et on peut même commander en ligne, pour ceux qui voudraient compléter leur collection de petites boîtes alphabétiques. Joyeux Noël.
Deux prix de plus viennent agrémenter cette fin d’année. D’une part, après les rebondissements habituels (listes de 15 nominés, puis de 5 finalistes), l’ACBD a finalement désigné le lauréat de son Grand Prix de la Critique, à savoir Tamara Drewe de Posy Simmonds (Denoël Graphic). L’intéressée devrait recevoir le trophée durant le prochain Salon du Livre à Paris en Mars prochain.