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| (c) Kaneko Atsushi / Extrait de "Bambi" | ||

« Tales of a moody girl and moody people around her ». C’est ainsi que Kaneko Atsushi décrit son magnus opus Bambi, au milieu du troisième volume. La « moody girl », c’est bien entendu Bambi elle-même, jeune fille « mignonne et pure » (comme elle aime à le répéter), qui évite soigneusement la junkfood et ne raterait pour rien au monde son épisode hebdomadaire de « Benny l’Ourson ». Signes particuliers : a les cheveux roses, tout comme son révolver ; se montre d’une efficacité redoutable (et meurtrière) quand il s’agit d’utiliser le-dit révolver ; et enfin, est accompagnée d’un gamin muet, boulimique et très certainement attardé, baptisé « Pampi ». Note complémentaire : le gamin (intact) et Bambi (en morceaux de préférence) valent 500 millions.
Commence alors un « road-manga » louchant du côté de Thelma et Louise avec des pointes d’Aeon Flux (dans Métal Hurlant, le film), alors que l’on part à la découverte d’un Japon qui a plus à voir avec les grands horizons américains qu’au quotidien nippon. On pourrait le rapprocher de la « re-création » de Tokyo réalisée (fantasmée) par Inoue Santa dans son Tokyo Tribe2. Mais là où la série des Tokyo Tribe reste ancrée dans une certaine réalité (présente et reconnaissable) de la vie urbaine nippone, Kaneko Atsushi a largué les amarres depuis bien longtemps.
Porté par un dessin qui puise sans doute son inspiration aux mêmes sources que l’illustrateur Coop, Kaneko Atsushi parsème son récit d’icônes américaines — mais des icônes transformées, rendues démesurées et monstrueuses. On y croisera ainsi, entre autres, King Gaba — sorte d’Elvis en plein période « Graceland », adipeux, hideux et pourtant adulé ; on assistera à un règlement de compte dans une ville aux mains d’un gang tout droit sorti d’un Western, les Stetsons en prime ; on affrontera ensuite les routiers avec leurs « trucks » gigantesques, avant de se retrouver devant la tronçonneuse d’un « Leatherface » relooké, le temps de l’épisode « The Piggy Town Massacre » ...
Tout au long du récit, Kaneko Atsushi se lance dans un étrange jeu de massacre, prenant un malin plaisir à bien camper ses personnages secondaires, avant de les faire périr le plus atrocement possible sous les coups de son héroïne angélique. « Flingues, Drogues & Rock’n’Roll », ou presque — ultra-violent, parfois malsain mais toujours impeccablement jouissif, Bambi est un récit qui roule à tombeau ouvert sans se soucier du politically correct. Un aller-simple pour la punkitude, résolûment gratuit, futile et donc parfaitement indispensable.
A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.