Brendon Bellard / Fromage Confiture de Frederik Peeters
En français Publié chez Atrabile
Chroniqué par Gregg en novembre 1998

En Suisse, il y a plein de bonnes choses : des coucous, du chocolat, des fromages, et des éditeurs de bande dessinée hyper-actifs. Il y a les éditions Paquet (Mathis, Sylvain Victor, etc.), il y Drozophile, le plus beau fanzine du monde tout en sérigraphie (gentil, le prix), il y a Bülb Comix qui fait de très jolis petits albums. (on y trouve Ibn Al Rabin et surtout le premier vrai album de John Porcellino) Et puis il y a Atrabile.

Atrabile, vous le savez déjà, ce sont ceux qui publient la revue la plus excitante du moment, j’ai nommé le merveilleux, le splendide, l’indispensable Bile Noire. Dans Bile Noire, on peut trouver des auteurs formidables, comme, au hasard Tom Tirabosco et Frederik Peeters.
Et comme les gars d’Atrabile ont de la suite dans les idées, ils publient aussi des albums de, pour le moment, Tom Tirabosco et Frederik Peeters.
Notre ami du Zatapatique Illustré a parlé de l’Emissaire de Tirabosco, librement adapté d’une nouvelle de Ray Bradbury. Le dessin est somptueux, l’album l’est tout autant.

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Peeters, quant à lui, a réalisé deux albums.
D’abord, un petit format à petit prix, Fromage Confiture.
Pour l’auteur, c’est « une fable sur les rêves de gloire ». Une fable, on ne pourrait trouver de meilleur terme pour définir cette trentaine de pages autour d’une famille avec un père atteint d’éléphantiasis, une mère infidèle et un magicien séducteur.
Fromage Confiture est une petite gourmandise, qui marque (et marche) surtout pour le dessin, qui fait penser à McKean.

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Brendon Bellard est composé d’une quarantaine de planches. Chacune racontant une étape de la vie du personnage, un individu ordinaire au destin extraordinaire, que nous suivrons de sa naissance à sa mort. On y retrouve un humour que je vais finir par qualifier de Suisse, car il m’a fait penser à celui que j’avais trouvé dans Monsieur Cru de Baladi. Un humour qui serait un mélange de demi-tons, de franchement noir, avec une pointe de métaphysique, assaisonné d’une vision personnelle du monde.
Ce mélange surprenant se révèle particulièrement savoureux, et on passera, sans problème, de planches à l’humour bon-enfant à des passages plus émouvants (la mort du père).

Je vous le dis, surveillons la Suisse.
D’ailleurs, on devrait peut-être s’en méfier, car ils nous ont déjà envahis. Baladi est chez Delcourt, Tirabosco était dans les Inrocks, et Peeters est dans le nouveau Lapin (21) !!!

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Ah oui, et puis sinon, il paraît qu’il y a aussi quelque chose au Palais de Chaillot jusqu’au 28 novembre... alors bonne(s) visite(s).
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