Clafoutis 1 & 2, Collectif
En français Publié chez Editions de la Cerise
Chroniqué par Loleck en octobre 2005

Clafoutis est (faut-il déjà dire était ?) une belle revue classieuse, A4 glacé à rabats, bichro caramel, presque 80 pages, publiée par les Editions de la Cerise. Une de plus, dira-t-on. Ah, ça... On en a vu passer, du fanzine. Du mal photocopié, du génial mais flemmard, du flemmard tout court, du ouais-pas-mal-mais-pas-abouti, du crade, du trop beau pour être honnête, du passager... Pis des revues, des journaux, des séries, des grandes entreprises, des paquebots magnifiques qui se sabordent au bout d’un an, essouflés de leur propre grandeur.
Clafoutis, dans un premier temps, rompait la monotonie. Beau comme R de Réel, futé pareil, bien fait, matériellement agréable, intelligemment polygraphe, des collaborations à tous les étages (entre les piliers de la maison : Guillaume Trouillard, homme de peine d’après l’Ours, Grégory Elbaz, Thomas Gosselin — dont on a pu apprécier L’Humanité moins un, publié l’an passé chez l’An 01 — mais avec aussi des extras — rien moins que Carlos Nine dans le second numéro — et puis des tas d’autres, je ne vais pas recopier le sommaire, ni décrire intégralement l’objet, je veux juste que vous saliviez un peu).

La lecture de Clafoutis est donc une avalanche de bonnes surprises. La bande dessinée y est explorée, sans affectation, sans boboïsme, sans formalisme gratuit, dans toutes ses possibilités expressives. On rencontre ainsi, à côté de planches classiquement formattées, des petits textes joliments tournés pour lesquels l’illustration sert à la fois de contrepoint et de principe de mise en page, des illustrations pleine page qui laissent à peine la place à une légende, des tentatives formelles intéressantes et touchantes (au lieu de ces exercices un peu froid qui, dans bien des revues « expérimentales », donnent l’impression d’une démonstration de virtuosité dans laquelle on aurait juste oublié qu’il fallait aussi parler de quelque chose...).
Clafoutis donne dans l’ensemble une impression de grande liberté de forme, de maîtrise du medium, mais systématiquement mis au service de la volonté de raconter des histoires. C’est l’imagination qui gouverne tous les récits et tous les dessins, c’est l’imagination qui manifeste à chaque page la soif de raconter qui anime les auteurs, et c’est l’imagination, la nôtre, qui est sollicitée en permanence par ce bel ovni en deux volumes.

Tout pour plaire, donc, et ça m’a plu, beaucoup, au point de regretter que, provisoirement j’espère, pour longtemps peut-être, Clafoutis disparaisse du paysage faute de sous et de temps. Ah. Mais c’est que je veux lire la suite de « L’île de Lobatchevsky » (Trouillard & Gosselin, belle couleur, scénario malin, dialogues travaillés, à recommander d’urgence à tous ceux qui s’intéressent pêle-mêle à la piraterie, à l’autogestion, aux récits de mer et aux mathématiques), c’est que je veux d’autres planches de Gosselin (lequel rappelle fortement le Vanoli des débuts), ou de Trouillard (« A la recherche », histoire en trois mouvements, dans le numéro 1, est un petit bijou oubapien — bel exemple de substitution de phylactères dans une planche graphiquement répétée à l’identique).
Bon, peut-être Clafoutis existe-t-il encore chez ton libraire, ami lecteur, ou bien te faudra-t-il l’aller quérir sur le site des éditions de la Cerise, lectrice mon amour. En tous cas, fonce, il n’y en aura peut-être plus d’autres, et ces deux gâteaux-là valent largement les tas d’indigestes biscuits qui encombrent les gondoles.

L'article a bien été envoyé.

Cet outil sert à faire suivre à destination d'un tiers un lien vers cet article sur notre site. Le courrier vous sera automatiquement envoyé en copie. du9 ne garde aucune trace de cet envoi.

adresse e-mail du destinatairevotre adresse e-mail
message [200 signes maximum]votre nom
   
SITES OFFICIELS
BRÈVES
Harvey 2008
20 juin 2008
Les Harvey Awards sont de retour. C’est de saison, et alors que les résultats des Eisners sont attendus pour fin Juillet (pour la San Diego Comic-Con), et que les Ignatz débarqueront en Octobre (durant la SPX), la liste des nominés pour le cru 2008 des Harveys vient de tomber. Comme toujours, on trouvera pas moins de 21 catégories allant des très détaillées (le « best graphic album, previously published » côtoyant le « best domestic reprint project », attention ça n’a rien à voir) aux fourre-tout (comme cette « best biographical, historical or journalistic presentation », on ne va pas chipoter). Les lauréats seront annoncés le 27 Septembre prochain, durant la Baltimore Comic-Con. On en frémit d’impatience...
Quatorze à la douzaine
10 juin 2008
Le Samedi 14 Juin prochain, quatorze auteurs belges seront à la librairie La Bulle d’Or (124 boulevard Anspach, B-1000 Bruxelles) pour une rencontre et des dédicaces, à l’occasion de la parution chez l’employé du Moi de CRRISP !, un collectif d’histoires d’horreur issues du projet GrandPapier.org, et du Little White Jack de Max de Radiguès. Des planches originales des deux ouvrages seront également exposées du 14 au 30 Juin 2008. Liste complète des auteurs invités sur Xeroxed.be.
Chaos Debout
2 juin 2008
Dans le cadre du festival Stripdagen de Haarlem qui se tiendra les 7 et 8 Juin prochains, l’exposition massive Alternative Chaos présente 91 auteurs issus de la Belgique francophone — défricheurs, découvreurs, explorateurs de la bande dessinée contemporaine. D’Ando à Vandermeulen en passant par Fortemps, Goblet, Löwenthal, Pinelli ou encore Van Hasselt, tout ce beau monde se retrouvera à la Galerie 37 (Groot Heiligland 37, 2011 EP Haarlem) du 6 au 22 Juin 2008, avec vernissage le 5 Juin. Pour plus d’information, consulter la programmation complète.
ABONNEZ-VOUS !
Vous êtes abonné !
NOUVEAUTÉS
Pauline (et les loups-garous) de Appollo & Stéphane Oiry
Humeur: Habité
Street Angel de Brian Maruca & Jim Rugg
ARTICLES LES PLUS LUS
Step Up Love Story de Katsu Aki
Gregory de Marc Hempel
Humeur: Post-scriptum
Showcase three de Matt Broersma & Geneviève Elverum & Sammy Harkham
DERNIÈRES RÉACTIONS
Un oublié : "Le petit Christian" par Blutch, dans Charlie Hebdo.
Denoel appartient à Gallimard...
Bonjour à tous, Je prépare actuellement un mémoire sur la présentation de la bande dessinée dans la presse (...)