Cobra de Terasawa Buichi
En français Cobra, publié chez Dynamic Visions
Dans une langue exotique Space Adventure Cobra, publié chez Shûeisha
Chroniqué par Jessie Bi en novembre 1997

De son bras gauche sort un trait de lumière d’une puissance infinie, car issue de la pensée. Cette symbiose de la main et de la pensée le rend invincible.
La force de l’homme tient dans cette adéquation. D’ici et seulement là, l’animalité fût surmontée, et depuis le cobra n’est plus seulement un animal.

Cette lumière n’est que de l’encre sur du papier, où Cobra, métaphore subtile du dessinateur démiurge [1], affronte le futur (la peur du lendemain) pour vous, mais aussi pour son créateur (qui veut vivre (donc dans le futur) de son art).
Il dessine, il courbe le rayon par la gravité de sa pensée, alors il en rigole, c’est tellement dérisoire ! Il continue et il décime pour que justice soit faite, que la peur s’arrête et que la raison triomphe.

Cette joyeuse pensée en action insaisissable, n’est mortelle que pour ceux non mithridatisés (de pauvres mortels), qui n’y voient pas ce dessin issu de la manga des 70’s (du genre Nagai Go), les jeux avec ce présent pour faire un futur (ou transposition), et les différences (de langages) avec la célèbre adaptation en dessin animé.
La pensée en action (lignes de lumières) laisse une trace sous la forme d’un point, qu’elle immobilise pour toujours. J’insiste, Cobra, dans son langage (ennéalogique), est une métaphore du dessinateur démiurge, qui jouerait (en apparence) au héros (d’où l’invincibilité) plutôt qu’à Dieu.

L’artiste démiurge de cette métaphore est Terasawa. Il joue du rayon lumineux, pour décrire des mondes et les beautés qui y vivent (d’où beaucoup de belles, car la beauté du corps féminin hante l’artiste depuis les temps les plus reculés au fond du futur ou dans le passé).
Sa tête est un cosmos et offre une réalité aussi vraie que celle qui vous entoure, quand vous l’avez dans les mains. Malgré les couvertures à l’esthétique des génériques de James Bond, l’édition en poche actuelle est relativement moyenne. Lecture du point de vue occidentale, le miroir inverse (donc reforme) et Cobra se retrouve droitier plutôt que gaucher ...

Mais ne gâchons pas là notre plaisir, ce n’est même pas un point parmi des lignes. Pensons-y et tournons les pages avec les mains. Encore de la pensée en action !

[1] Celui qui assemble et fait des traits d’encre (qui renvoie la lumière) d’une puissance infinie, car issue de la pensée.

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Ah oui, et puis sinon, il paraît qu’il y a aussi quelque chose au Palais de Chaillot jusqu’au 28 novembre... alors bonne(s) visite(s).
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