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| (c) Daniel Clowes / Extrait de "Like a Velvet Glove cast in Iron" | ||

Si vous n’avez jamais lu de bande dessinée underground, préparez-vous à un sacré choc. Un peu comme si, abreuvé de séries américaines dominicales (et ne connaissant rien d’autre en matière de cinéma), vous tombiez soudainement sur un film de David Lynch (Eraserhead, par exemple ...).
Il est donc difficile de parler d’un livre dont on comprend à peine l’histoire, mais qui vous captive et vous tient jusqu’à la dernière page. Et cette dernière page tournée, on a la sensation d’avoir lu quelque chose de très fort, sans pour autant savoir définir pourquoi.
La puissance évocatrice de Dan Clowes se rapproche beaucoup de celle de David Lynch : ce récit se déroule dans un monde apparemment éloigné du nôtre, un monde où les petites filles fument la pipe, où l’on peut nourrir un chien d’une simple seringue d’eau et où un médium tient ses audiences dans les toilettes d’un cinéma porno.
Mais ce monde étrange, comme l’univers de David Lynch, a tendance à télescoper le nôtre, à devenir beaucoup moins lointain, à acquérir une dangereuse réalité. Et c’est là que le malaise s’installe, dans cette soudaine réalisation que peut-être, sous la surface des êtres et des choses, il y aurait un autre univers, effrayant et malsain ... Ce sentiment inconfortable est amplifié par le dessin de Dan Clowes, ce dessin travaillé mais statique, qui vient en écho des conversations décousues et souvent surréalistes qui émaillent ce récit.

On pourrait croire que ce livre est un voyage dans la psyché pervertie d’un auteur torturé. Mais submergé par l’abondance des situations étranges, des signes sur lesquels on n’arrive pas à mettre de sens, c’est plutôt face à ses propres questions, ses propres inquiétudes que l’on se retrouve. Et c’est sans doute cela qui fait de la lecture de ce récit une expérience unique.
En conclusion, une oeuvre troublante, perturbante ... mais importante.
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#01
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Je crois que pour décrire l’effet que m’a fait la lecture de Comme un gant de velours pris dans la fonte, le plus juste serait d’évoquer le sentiment poisseux que l’on ressent au réveil d’un mauvais rêve. Malgré le côté glaçant du dessin, malgré l’horreur et le dégoût inspiré par certaines scènes, on est comme englué, on voudrait se réveiller, mais on continue la lecture, jusqu’au bout, pour comprendre, pour savoir le fin mot de l’histoire. Il me semble que l’album fonctionne de bout en bout selon les mécanismes du rêve : les éléments se succèdent, absurdes, mais sont justifiés dans la suite de l’histoire par des théories invraisemblables que le protagoniste accepte et ne remet pas en doute ; le temps est élastique et indéfini ; la menace est partout, diffuse. Ce livre m’a procuré un profond malaise et pourtant je le trouve fascinant de maîtrise graphique et narrative. Et puis le titre est magnifique... Une de mes bandes dessinées préférées. Un lien vers une interview de Daniel Clowes |
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par Blanche le 31 mai 2006
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>01
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On dit souvent que la bande dessinée sait susciter de nombreux sentiments, mais pas la peur. Eh bien "Comme un gant de velours..." m’a fait peur. Ce n’est pas le seul album qui ait réussi ça ("Dragon Head", "The Hole", et quelques mangas gratinés y parviennent...) mais ici il y a quelque chose de fort, je ne sais pas ce que c’est, mais oui c’est un album qui marque. Du David Lynch en BD, mais mieux, car Lynch est fort pour faire croire qu’il raconte quelque chose, mais au final on reste sur sa faim. J’ai lu le wlowes dans le train, j’ai raté ma station. Fasciné. Très belle édition de Cornélius par ailleurs.
par Chanyu le 1er juin 2006
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A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.