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| (c) Joe Daly / Extrait de "Dungeon Quest" | ||

Ce garçon serait du millénaire qui débute. Il a le crâne en calebasse inversée. Inflation en quasi cercle auquel la tête — celle du visage identitaire d’où sortent les paroles — semble accrochée comme une nacelle à son ballon. C’est par ce plus léger que la réalité que l’on voyagera, par ce monde encéphale serti faisant contenu. Comme Joe Daly est l’auteur, immersion et distances ont leur rôle, sont enjeux, on y plongera, on les parcourra.
Millenium Boy semble avoir douze ans ou bien quatorze. Il est vrai, il existe, il est façonné, modelé, la preuve photographique est en couverture. On doit pouvoir le prendre en main, on pourrait le voir sur un échiquier, un plateau ou bien le dessiner sur une planche. En dessin, c’est deux points pour les yeux, un nez comme un « u » couché, un trait pour la bouche. Pas de houppette sur cet autre visage minimal mais en guise de coiffe cette excroissance affichant « en creux » [1] un triomphe du monde en soi, [2] faisant des alentours extérieurs un monde à lire, à parcourir, à quêter, à se chercher puisqu’il est ramené à soi.
Des « banlieues du désespoir » [3] à ces périphéries de soi imaginaire, ce sont les lieues du ban qui se transforment en centre de merveilles où l’« heroic », la « fantasy » se pratique pour donner à ce « je » le rôle qu’il se cherchait.
Oui, tout cela part d’une grosse tête plus enflée par l’ego que la mémoire, plus enflée par la fiction que la réalité. C’est normal à cet âge, cela le devient peut-être aussi à cette ère.
L’enfant du millénaire serait comme un Don Quichotte mais sans le regard d’un Sancho voyant la vraie nature des géants. Un héros « à la triste figure » [4] qui a en supplément de se savoir plus ou moins consciemment au seuil d’une métamorphose qu’il espère super-héroïque plutôt qu’en adulte et la question sexuelle qu’elle implique.
Petit mâle en quête du donjon donc, de cette érection monumentale quelque part, abordable en ce monde puisque ce garçon rôliste peut tout y expliquer de façon « fantasyste », puisqu’il est enfin le maître de son « je ».
Quête ou fuite ? Nouvelle forme d’ivresse en tout cas, qui ne sera blâmable ou non que quand on connaîtra sa fin au troisième volume. En attendant, Joe Daly interroge avec humour l’emprise fictionnelle d’une culture populaire sur le monde vu de l’hémisphère sud. Une distance d’avec l’imaginaire paradoxalement d’autant mieux marquée qu’elle devient « en quête », et qu’elle se parcourt ici par la fiction. Une magie certes, mais d’homme aux doigts prestes [5] offrant un bonheur de lecture bien réel.
[1] En ronde-bosse devrait-on dire.
[2] Rond comme une planète.
[3] Première phrase du livre.
[4] Dont l’apparence pourrait navrer.
[5] Prestidigitateur.
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par Pierre le 27 novembre 2009
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Je reste perplexe face a cette critique. C’est tres savament ecrit mais finalement, le livre, il raconte quoi, on y voit quoi ?
par Ben le 16 décembre 2009
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L’auteur d’American Splendor et l’une des figures emblématiques de l’autobiographie en bande dessinée, Harvey Pekar s’est éteint hier à 70 ans. Il laisse derrière lui son « grand œuvre », chronique personnelle illustrée tour à tour par R. Crumb, Spain Rodriguez ou encore Joe Sacco, entre autres noms remarquables. En 2003, il avait été incarné à l’écran par Paul Giamatti.
Aux flâneurs de la capitale réfractaires aux sirènes du ballon rond, les jours qui viennent s’annoncent riches en horizons à explorer. Pour commencer, Thomas Ott s’expose du 11 juin au 17 juillet à la Galerie Martel (17 rue Martel dans le 10e). Ensuite, histoire de continuer à célébrer les XX ans de l’Association, Benoît Jacques prend la suite de Nine Antico et de Grégoire Carlé et « s’installe » du 15 juin au 17 juillet à Super-Héros (175 rue St Martin dans le 3e). Enfin, on pourra aller admirer le travail de Dominique Goblet & Nikita Fossoul et Aurélie William Levaux du 18 juin au 18 juillet au Monte-en-l’Air (71 rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare dans le 20e).
Avis aux amateurs : ce mois de mai promet d’en éblouir plus d’un.