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| (c) Gilles Rochier / Extrait de "En Vrac" | ||

Quatre mois sans nouvelles de Gilles Rochier. Avouez qu’il y avait de quoi s’inquiéter. Les petites publications comme En vrac apparaissent et disparaissent souvent sans prévenir, et le lecteur se retrouve tristement devant le fait accompli.
Bonne nouvelle. En vrac existe toujours, seulement Gilles s’est marié, a eu trente ans, et on a gagné la coupe du monde ...
Dans ce numéro, l’auteur se fait rétamer à la Nintendo, autopsie son carnet de croquis, réveille sa part d’ombre avec un Tamagotchi et dessine les yeux fermés.

Ça n’a l’air de rien, et pourtant la lecture d’En vrac me procure toujours un indicible plaisir.
Rochier n’aime pas trop qu’on le compare continuellement à Lolmède (qu’il adore). Pourtant, ils font, pour moi, partie des rares auteurs qui dépassent l’autobiographie pour, en racontant de petites choses anodines, nous faire passer autre chose.
Quel est cet autre chose ? Je ne saurais pas le définir précisément. Dans l’autobiographie, nous trouvons souvent des personnes qui se questionnent, de Lewis Trondheim à Mattt Konture en passant par Seth ou Fabrice Néaud. On pourrait dire que ces albums sont tournés vers l’intérieur, et qu’on s’y retrouve d’autant plus qu’on partage les interrogations des auteurs.
Gilles Rochier, comme Lolmède ou John Porcellino aux USA, propose des ouvrages qu’on pourrait presque définir comme plus humanistes. Tournés vers l’extérieur, les auteurs par leur regard sur la vie, sur leurs vies, nous ouvrent les yeux sur des aspects de nos vies qu’on pourrait avoir tendance à oublier.
J’exagère à peine en les qualifiant d’humanistes, et je sais que, justement, beaucoup de lecteurs restent à la porte de ces ouvrages : « Ils ne racontent rien » ; « c’est nul » ; « sa vie, j’m’en fous ». Ils sont souvent également attaqués pour leur dessin : « c’est moche » ; « mon gamin dessine pareil » ; etc.
Il est vrai aussi que les trois auteurs précités, ne sont pas toujours réguliers, par contre, ce que je sais, c’est que tous les lecteurs qui ont eu la chance d’« entrer » dans leurs ouvrages, ont pour eux une affection inconditionnelle.
En vrac ne coûte que 5 francs, Porcellino rarement plus de 10 francs, que puis-je vous dire de plus que d’essayer ?
A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.