Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim
Entretien par Loïc Massaïa en octobre 2009
Artiste quelque peu contradictoire, Lewis Trondheim aime bien surprendre, et aller là où on ne l’attend pas, et surtout là où il ne s’attend pas lui-même. S’il a beaucoup œuvré dans le minimalisme à ses débuts, et il y est revenu ponctuellement tout au long de sa carrière... Mais Lewis Trondheim reste difficile à cerner, surtout quand il dit dessiner minimaliste par flemme, par facilité technique, alors que son album Bleu connote une démarche artistique véritablement minimaliste et conceptuelle, que l’on ne peut pas juger sur des critères de (non)labeur ou de (non)virtuosité... Alors, le minimalisme pour Trondheim, nécessité symptomatique de la flemme, ou véritable amour artistique ?

Loïc Massaïa : Le courant minimaliste, à la base, était un mouvement artistique des années 50. Il y avait la volonté d’aller à l’extrème opposition de la production « classique », en réaction au cloisonnement qui pouvait découler d’avoir une seule et unique approche (celle de la représentation figurative). Quand vous avez fondé l’Association, il y avait cette même démarche de s’opposer aux standards graphiques, narratifs, de format, etc... Je vois ton approche minimaliste de tes débuts dans cette optique. Pourtant, la bande dessinée à évolué, il existe aujourd’hui un nombre incalculable de style et de format. Quel est alors l’intérêt de continuer à faire du minimalisme aujourd’hui ?

Lewis Trondheim : Je ne sais pas. En tout cas, je ne pourrais pas faire « que » du minimalisme non plus. L’intérêt est d’avoir une palette de styles de façon à multiplier les formes de narration et ne pas se retrouver cloisonné à faire toujours le même truc.

LM : Mais, pour reprendre un bon cliché qui a la vie dure, le minimalisme ne serait-ce pas un moyen de faire de la bande dessinée pour ceux qui ne savent pas dessiner ? D’ailleurs si tu avais été un dessinateur virtuose (comme Cyril Pédrosa, par exemple, que tu as publié dans ta collection Shampooing) à tes débuts, penses-tu que tu te serais intéressé au minimalisme ?

LT : Evidemment que le minimalisme est la chance des dessinateurs médiocres. Pour épater les filles et les post-ados, plein de dessinateurs vont coller des petits traits partout, mettre des effets couleurs incroyables etc... Alors, nous autres, les dessinateurs un peu médiocres, il nous reste le minimalisme, trouver un concept simple et l’exploiter. Et être performant dans la narration.

LM : Parlons maintenant plus directement de ton œuvre... Tes premiers albums (Monolinguistes, Psychanalyse, Le dormeur...) répondent à certains critères minimalistes (simplifications des codes, et itérations iconiques le plus souvent), mais cela apparaît plus comme étant à la fois un moyen de contourner les défauts techniques d’un dessin pas encore très au point, et à la fois comme une contrainte auto-imposée qui, prise comme un défi, stimule l’inventivité. A cette époque le minimalisme semblait donc être pour toi plus un outil qu’un but. Un aboutissement total dans le minimalisme ne t’intéressait pas ?

LT : A l’époque, c’était le seul moyen à peu près efficace que j’avais trouvé pour raconter des histoires sans avoir trop honte de mon dessin. Quand j’ai fait Psychanalyse et Monolinguistes, tout le monde me complimentait et pensait que j’allais continuer dans cette voie. Et en bon emmerdeur, j’ai décidé de perfectionner plutôt mon dessin en faisant d’autres choses.

LM : A l’inverse, tes dernières productions minimalistes (Bleu et La Nouvelle Pornographie, chez l’Association) ne semblent pouvoir exister qu’au travers du langage minimaliste. Elles sont plus conceptuelles, plus hermétiques peut-être, et apparaissent moins comme un exercice de style. Qu’est-ce qui a bien pu évoluer entre temps dans ton approche ?

LT : Ce qui est sûr, c’est que je ne serais pas parvenu à ce résultat en restant à faire du Psychanalyse toute ma vie précédemment. Mais je pense que je suis un peu trop joueur et que j’aime trop les défis. Alors quand, chez Bile Noire, ils m’ont contacté pour une page de bande dessinée minimaliste, muette et abstraite, ça a déclenché plein d’idées. Je leur ai fait une page, et de mon côté, j’ai dessiné deux albums. Mais encore une fois, je ne ferais pas ça toute ma vie.

LM : Entre ces deux périodes tu as notamment fait Mister O (et Mister I). Encore une bande dessinée à contrainte. Mais est-elle vraiment minimaliste ? N’aurait-elle pas pu aussi bien marcher avec un personnage moins simpliste graphiquement (Lapinot par exemple...) ? Le minimalisme s’est-il imposé ici comme nécessaire ou alors était-ce plutôt un prétexte, une facilité ?

LT : A partir du moment où j’avais 60 cases par pages, il fallait bien trouver un système minimal pour dessiner. Et je ne me voyais pas étendre chaque histoire d’une à six pages pour faire un dessin « à la Lapinot ». Il fallait que tout soit condensé en une page. J’aime bien cette densité. Mais est-ce encore minimaliste ? Sans doute que oui. Mais Pucca et Hello Kitty sont aussi minimalistes. Ce qui me fait plaisir, c’est que Mister O est étonnamment ma bande dessinée la plus « traduite ». Il y a même une version japonaise.

LM : L’intérêt que tu portes au minimalisme et ta pratique dans ce domaine ont pu influencer, nourrir, ton travail plus « traditionnel », ou y a-t-il une réelle dichotomie entre ces différents travaux ?

LT : Je suppose qu’il y a toujours une perméabilité, mais elle est inconsciente. Je suis vraiment un dessinateur instinctif, pas un intellectuel. Je vais là où ça m’amuse, là où je ne suis pas encore allé.

LM : Tout comme Veuve Poignet et Frotte-Motte de Greg Shaw, La Nouvelle Pornographie parle de sexe... En quoi est-ce si intéressant de parler de sexe dans une bande dessinée minimaliste ?

LT : Ne pas tomber dans le réalisme, l’exhibitionnisme, le graveleux, le vulgaire. Ce qui n’empêche pas les histoires d’être bien grasses. Pour La Nouvelle Pornographie, tout c’est enchaîné très vite à partir du moment où j’ai trouvé le concept de base. Après, j’ai décliné.

LM : Bleu (appelé ainsi par défaut, il n’a en fait aucun titre) a été un ouvrage qui a connu un accueil très mitigé à sa sortie. Les uns trouvant son intérêt particulièrement limité pour le prix (la plupart n’en saisissant même pas le sens), les autres criant au génie, enfin une bande dessinée conceptuelle digne de l’art contemporain ! Pourquoi Bleu te semblait-il nécessaire ? Etait-ce pour toi l’exploration d’une nouvelle voie ou une continuité logique ?

LT : Nécessaire, je ne sais pas. En tout cas, ça me semblait intéressant d’avoir cette démarche au moins une fois en bande dessinée. Et surtout d’avoir une vraie histoire, pas faire simplement quelque chose d’esthétisant.

LM : Considères-tu Bleu comme une bande dessinée abstraite (qui n’est pas dans la représentation figurative), ou une bande dessinée minimaliste ? Quelles différences fais-tu entre les deux ?

LT : L’intérêt était qu’elle soit abstraite. Mais ça entraînait forcément qu’elle soit minimale, parce que je suis paresseux. Je ne pense pas que j’aurais passé des heures sur des grandes pages abstraites pleines de hachures.

LM : Tu aimes bien te donner des défis à relever. Quel pourrait être ton défi le plus fou (en bande dessinée) ?

LT : C’est celui que je relève depuis un moment, c’est à dire : le défi de me trouver toujours un nouveau défi.

LM : Y a-t-il des auteurs minimalistes dont tu regardes les travaux ? Penses-tu avoir influencé certains auteurs dans ce domaine ? Et toi-même as-tu été influencé ?

LT : J’aime bien quand il y a une histoire. A partir de là, j’accepte n’importe quelle sorte de dessin. Quant à mes influences minimalistes... hummm... La Linea et le Smiley ? D’ailleurs, savez-vous que je suis mandaté par le fils de l’inventeur du Smiley pour être un des ambassadeurs de Smiley en France (deux des autres personnes sont Brigitte Bardot et le prince Albert de Monaco).

LM : Et bien merci beaucoup Lewis d’avoir répondu à ces questions, j’espère qu’elles donneront envie à ceux qui ne connaissent guère cette part de ton œuvre à se pencher dessus avec plus d’intérêt !

LT : Oui, merci. Et qu’ils aillent plutôt en bibliothèque. Pas la peine de dépenser des sous. Gardez-les pour acheter du bon chocolat.

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33 RÉACTIONS
#01
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim
une interview de Lewis Trondheim, quelle audace ! j’espère qu’on aura droit à Sfar, Satrapi ou Satouf les prochaines semaines...
par Marc le 16 octobre 2009 | Répondre à ce message
>01
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim
Pourquoi ? C’est caca ?
par kstor le 16 octobre 2009 | Répondre à ce message
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim
Pour répondre à ce cynisme (que j’ai peut être mal interprété, pardon) et sans vouloir lancer de polémique, je trouve simplement que cet entretien est une très bonne chose. Certes les dernières productions de Trondheim sont loin d’être ses plus interessantes, et certes le battage médiatique autour de cet auteur devient vite agaçant, mais ce battage médiatique justement, ne s’interesse qu’à ses dernières productions, justement. Trondheim reste (pour moi hein...) un auteur majeur et il mérite reconnaissance pour sa production passée. Loin de surfer sur la vague, ce micro entretien est à mon goût parfaitement hors du temps, et c’est ce qui lui confère son petit intérêt. Qui a dit que la critique devait être d’actualité ? (Merci a du9 que je découvre tout recemment)
par Pierre le 16 octobre 2009 | Répondre à ce message
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

et pourquoi pas ? on s’intéresse aux auteurs pour leur talent ou pour leur sous-médiatisation ?

personnellement, j’aime Baladi et Neaud pour leur talent, et pas parce qu’on parle rarement d’eux.

et j’aime tous ceux que tu as cité pour les mêmes raisons, pas parce qu’on parle trop d’eux...et encore...

quand à l’audace, on en a plus besoin aujourd’hui au niveau civique ou politique que dans le petit monde de la b.d., et dans les commentaires de du9, site alternatif du petit monde de la b.d., merdre.

par anti-stalingrad comix le 17 octobre 2009 | Répondre à ce message
>01
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

Vous avez raison anti-stalingrad, on a besoin d’audace au niveau civique et politique, renversons les potentats. Et dans la bd, dans la bd aussi,tiens ! (il se trouve que sur le site de du 9, on parle de bande dessinée mais si vous trouvez que parler de bande dessinée sur un site de bande dessinée est superficiel, à ce moment-là où est-ce donc pertinent ?). bien sûr que l’oeuvre de Trondheim a sa valeur et son importance, mais parfois , on peut s’agace de voir comme on se consacre à consacrer les consacrés.

et hourra cornes au cul.

par Un inconnu le 20 octobre 2009 | Répondre à ce message
>01
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

De par ma chandelle verte,je comprends en partie ton point de vue ( je me permets de te tutoyer par sympathie, et non par mépris, cher inconnu ), certes, il nous faut renverser les "potentats" de la b.d. ( même s’ils ne me paraissent pas prioritaires ) mais j’en ai assez aussi que certains s’en prennent plein la gueule systématiquement et de manière injuste. Trondheim en fait partie. Je me souviens d’une université d’été de b.d. où des auteurs dits alternatifs en faisaient quasiment l’agent du grand capital !

Trondheim n’est pourtant pas, loin s’en faut, Boudjelal - qui lui même n’est pas une incarnation du mal absolu - !! de plus, je ne sais pas si un article du9 s’apparente à une consécration ( je dis ça sans méchanceté ). c’est un échange, voilà tout.

bref, je t’explique mon mouvement d’humeur. je conçois de même ton agacement, mais pour que les choses soient claires, moi je m’énerve car même les consacrés de la b.d., je trouve qu’on n’en parle pas tant que ça.

peut-être qu’ils n’en ont pas tellement envie ?

bien à toi.

Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim
Lorsqu’on choisi comme fil conducteur le minimalisme en bande dessinée, il faut pourtant bien admettre que le nom de Lewis Trondheim vient rapidement à l’esprit... Cet entretient à également pour but de tenter de faire mieux connaitre cette aspect (essentiel !) du travail de Trondheim, qui est pourtant trop souvent passé à la trappe (pas tout le monde n’a votre culture)... Après, pour ce qui est de l’audace, mon cher Marc, je vous prierai de jeter un oeil sur la série complète des entretiens minimaliste (déjà Big ben & Fafé, et Greg Shaw en ligne), celà vous rassurera certainement quand aux objectifs de ces interviews...
par Loïc Massaïa le 17 octobre 2009 | Répondre à ce message
#02
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

Je crois surtout que le terme "Minimaliste" n’a pas le même sens en Art (Peinture, Sculpture, Musique,Design...) qu’en Bande Dessinée. En Bande Dessinée, la narrativité (objet inéluctable) fait que tout reste encore à définir.

En Art, ce mouvement commence au tout début des années 60 et pas dans les années 50 (vous racontez vraiment n’importe quoi sur du9 !). En réaction au Pop Art et à l’Expressionisme Abstrait. Ses principaux représentants sont : Carl André, Donald Judd, Frank Stella...

Le Minimalisme va puiser certaines de ses sources dans les travaux d’artistes comme Malévitch (Suprématisme/Constructivisme Russe/Cubofuturisme) et Mies van der Rohe (Bauhaus).

Le Minimalisme engendrera deux enfants : l’Art Conceptuel et en réactionl’Arte Povera.

Maintenant, il existe aussi des courants de comics abstraits... Mais est-on plutôt dans l’abstraction, l’héritage de la peinture concrète et de l’expressionnisme abstrait ?

http://abstractcomics.blogspot.com/

Enfin, le Minimalisme, par oppositions aux Expressionnistes, aborde l’Art de façon intellectuelle plus qu’instinctive. Pour faire simple, les héritiers d’Ingres, Malévitch, d’ Hergé... pourraient tendre vers le Minimalisme alors que ceux de Delacroix, Münch, Sfar... tendraient plutôt vers l’Expressionisme.

Il y a deux grands axes dans toute l’Histoire de l’Art qui s’entrecroisent, s’opposent... et c’est amusant parce que si les mouvements et les écoles se succèdent, le fond du problème, les obsessions restent toujours les mêmes...

Alors pour moi, Lewis Trondheim est quelqu’un qui se situe entre les deux. Quand il dit qu’il est un instinctif, je pense en même temps qu’il est un intellectuel. Mais voilà, comme il veut toujours avoir terminé avant d’avoir commencé, il pense être plutôt un instinctif... Disons que c’est un instinctif contrarié ou l’inverse.

par Un inconnu le 17 octobre 2009 | Répondre à ce message
>02
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim
Je pense instinctivement que ce n’est pas vrai, mais je n’ai pas le temps d’étayer.
par lewis trondheim le 17 octobre 2009 | Répondre à ce message
>02
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

Ne pas prendre le temps d’étayer confirme mon hypothèse... Si vous preniez le temps d’étayer, vous pourriez contredire les deux seuls axes en Art que je propose... pour en proposer un troisième. Parce qu’il en existe un, que j’avais mis de côté exprès pour faire avancer le débat. Ce troisième Axe, est celui qui regroupe les Fumistes, Dada, les Surréalistes, Le Pop-Art, La Pataphysique.... Ces artistes qui dynamitent les règles, plus contestataires politiquement et socialement, qui font dans la contre-culture exprès pour empêcher aux autres de s’endormir. Cet axe permet l’alternance entre les deux autres axes. Lewis fait partie de cette famille... et n’est pas du tout un Minimaliste. Ce qui ne lui empêche pas de produire des œuvres minimales...

Bleu est une tentative de Bande Dessinée Abstraite, pas de Bande Dessinée Minimaliste.

IL y a aussi une différence entre "minimal" et "minimalisme"...

par Un inconnu le 18 octobre 2009 | Répondre à ce message
>02
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

A partir du moment où il y a une véritable histoire, peut-on dire que Bleu est véritablement de l’abstraction ? Pas si abstrait Bleu : Les formes de couleur peuvent très bien être interprétées comme une représentation minimaliste des cellules... Et puis l’abstraction n’a jamais été opposée au minimalisme. Voyez Veuve Poignet de Greg Shaw, ou pour en revenir aux artistes des années 60 (je ne me tromperais plus, promis), Frank Stella, Ad Reinhardt et Don Judd ont me semble-t-il régulièrement usés de l’abstraction a des fins minimalistes, et non l’inverse.

Personnellement je ne vois guère de différence entre Minimal et Minimalisme. A la limite entre simplisme et minimalisme, mais pas minimal. Pourquoi ? Pour la simple raison que le terme minimalisme est un nom donné par Richard Wollheim (critique d’art), et que comme toutes les étiquettes c’est une tentative de définir et donc de restreindre une démarche artistique. Faire rentrer l’art dans des cases est un non sens, et d’ailleurs les artistes dits "Minimalistes" ont rapidement réfutés cette appellation pour cette raison restrictive... Tout ca pour dire, que le minimalisme n’est pas forcément qu’une démarche, mais aussi et surtout l’utilisation de certains outils typiques. Les outils minimaux peuvent donner un aspect minimaliste, après ca ne répondra pas nécessairement à la définition du Minimalisme des années 60, mais pourquoi ne pas appeler ça minimalisme finalement ? Il s’agit d’une autre forme de minimalisme. Pourquoi pas. Je précise que cette vision n’a rien a voir avec le "simplisme" qui pour moi est plus un cache-misère qu’autre chose...

par Loïc Massaïa le 18 octobre 2009 | Répondre à ce message
>02
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

Bleu est abstrait. Vous pouvez interpréter les formes et les couleurs comme des cellules si bon vous semble. On est dans l’abstraction, les impressions, les émotions. Lewis laisse le champ libre. Ensuite, on peut trouver un fil conducteur minimal... Mais cela suffit-il pour classer cette ouvre dans la BD Minimaliste ? Pas sûr...

Les formes simples ne servent pas forcément un discours minimalistes. Ce qui est simpliste est simple... mais ce qui est simple n’est pas toujours simpliste. Et quand c’est simple plutôt que simpliste, c’est plutôt synthétique, non ? Ce qui est minimaliste est minimal... mais ce qui est minimal n’est pas toujours minimaliste. Et quand c’est minimal plutôt que minimaliste, on évite de tendre vers un absolu en "isme", non ?

par Un inconnu le 18 octobre 2009 | Répondre à ce message
>02
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

« Lewis laisse le champ libre. »

C’est vrai. Ce n’est pas parce qu’on peut interpréter d’une facon minimaliste que l’oeuvre l’est forcément vous avez raison.

« on peut trouver un fil conducteur minimal... Mais cela suffit-il pour classer cette ouvre dans la BD Minimaliste ? Pas sûr... »

Pas sûr. Mais pas impossible non plus. La question qui est à se poser c’est "est-ce le minimalisme qui est au service de l’abstraction, ou l’inverse ?" Les deux sont intimements liés de toute façon, Mondrian usait de formes minimalistes, et Ad Reinhardt utilisait l’abstrait (noir sur fond noir). Si Bleu fait référence à Klein et a ses monochromes, la citation de l’abstrait est évidente. Mais en même temps, son récit laisse un champs d’interprétation libre (on peux y voir des celulles, ou un métaphore de la loi du plus fort avec qui mange qui, voire de la nature, ou encore une symbolique de la vie avec ses rencontres et ses accouplements...) qui l’éloigne de la pure abstraction. L’abstrait est ininterprétable. Kandinsky, Mondrian, Malevitch n’ont pas de sujet à part la peinture elle-même. Bleu n’est pas qu’une simple création esthétique (Trondheim le dit lui-même : il y a une véritable histoire), sinon 2 pages aurait suffit... Après, j’avoue que ma vision est totalement discutable. Et j’entend très bien que vous considériez Bleu plus abstrait que Minimaliste. Celà n’a finalement guère d’importance au vue du fait de l’intime relation de ces deux courants, et puis comme je l’ai dit, je n’aime pas vraiment les étiquettes, mais parfois il faut bien nommer les choses pour pouvoir en parler...

par Loïc Massaïa le 19 octobre 2009 | Répondre à ce message
>02
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

Kandinsky, Mondrian, Malevitch n’ont pas de sujet à part la peinture elle-même.

C’est faux. Il y a des toiles abstraites de kandisky avec des chevaux et des toiles abstraites de polock avec des bonshommes – oui, la peinture abstraite peut être objective (au sens où il y a des objets dedans) : on tend plus vers la représentation de l’idée de l’objet/sujet représenté qu’à la représentation de l’objet lui-même. Et les toiles suprématistes de Malévitch parlent de Dieu (bon, je schématise un peu là...) et ont donc le même (type de) sujet qu’une œuvre gothique ou qu’une toile de Botticelli période "savonarolâtrie aigüe". Idem pour Kandisky qui cause transcendance théosophique et "nietzschieries". Et plus prosaïquement, ces peintures (kandisky ou le poétisme de teige notamment) prennent sujet dans les émotions (retranscrire des émotions en peinture).

L’abstrait est ininterprétable

Pourtant vous avez toute les clés pour interpréter une toile abstraite de kandisky, période Blaue Reiter, dans "du spirituel dans l’art" (idem pour malévitch dans ses manifestes du suprématisme etc.) et, plus généralement, si vous avez des rudiments de philosophie, de théorie de la couleur, d’esthétique artistique et, dans certains cas, de religion.

Enfin pour compliquer un peu (et enrichir le débat), l’art concret qui peut lui aussi être non-figuratif n’est pas, comme son nom l’indique, abstrait (en fait, on est à l’exacte opposé). Donc l’absence apparente de sujet et l’inobjectivité dans une œuvre ne signifie pas abstraction.

par Mattias-fausse-monnaie le 19 octobre 2009 | Répondre à ce message
>02
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim
Pourquoi toujours vouloir lier la BD aux mouvements picturaux ? Pour Lewis Trondheim, le dessin est un véhicule qui doit se mettre au service de l’histoire. Le dessin est comme les dialogues et le découpage subordonné à l’histoire. Si vous voulez définir une voie minimale dans l’œuvre de Lewis, il faut peut-être partir du récit d’abord, non ?
par Un inconnu le 19 octobre 2009 | Répondre à ce message
>02
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

Pourquoi toujours vouloir lier la BD aux mouvements picturaux ?

Pour la simple raison qu’un beau jour quelqu’un au lieu de se casser la tête à trouver un appellation, à nommer ce type de bande dessinée "BD minimaliste", et que depuis c’est resté. Ce terme de minimalsme faisant ouvertement référence à l’art minimaliste des années 60, le rapprochement se fait logiquement. Maintenant je suis assez d’accord avec vous : si l’on peut trouver des similitudes, ce sont deux choses différentes. C’est pour ca, me semble t il, que pour ne pas porter confusion il vaut mieux préciser "bande dessinée minimaliste" pour bien signifier que la démarche n’est pas forcément la même que celle des artistes des 60’s.

Pour ce qui est de partir du récit, je suis entièrement d’accord. D’ailleurs n’ai-je pas dit quelque part dans tout ce fouillit de commentaire que Bleu est bien minimaliste pour moi de par la qualité de son récit ?

par Loïc Massaïa le 19 octobre 2009 | Répondre à ce message
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

Ce que vous dites est très intéressant, mais je vois plus ça comme des sortes d’exceptions à la définition. Les artistes n’aiment pas être confiné à une définition, mais bref, je l’ai déjà dit. Quand je cite ces artistes, je fais évidemment références à leurs oeuvres qui correspondent à mon propos, c’est peut être un peu facile, mais je n’écris pas une thèse non plus alors bon...

Pour ce qui est de l’interprétation, vous me citez essentiellement des choses étant lié à la forme ou au médium lui même et non pas. C’est exactement ce que je voulais dire quand je parle de la peinture qui parle d’elle même. Après pour ce qui est de la philosophie et de la religion, vous avez raison (surtout pour la religion, parce que j’avoue ne pas connaitre les références à connotation philosophiques)... Mais la Période Blaue Reiter est-elle véritablement abstraite ?

Par contre, votre explicatif de l’art concret me semble tout à fait pertinent et amène quelque chose d’intéressant (d’ailleurs BigBen en parle un peu plus bas, en citant Baladi). Il me semblerait effectivement que le minimalisme utilise plus particulièrement des outils "concret" plutôt qu’"abstrait"... Mais alors, je me pose la question, connaissant peu l’art concret, Mondrian dans sa période "rectangles de couleurs" (je ne sais pas si cette période porte un nom particulier) est-ce abstrait ou concret ???

par Loïc Massaïa le 19 octobre 2009 | Répondre à ce message
>02
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

Pour ce qui est de l’interprétation, vous me citez essentiellement des choses étant lié à la forme ou au médium lui même et non pas. C’est exactement ce que je voulais dire quand je parle de la peinture qui parle d’elle même.

Euh non... : je vous ai parlé de fond, de sujets et non pas de formes (même si ces artistes recherchent la forme pure afin de mieux se dégager du monde sensible) ; je vous ai parlé de "Dieu" chez Malévitch et non pas de carrés et de croix. Et ne vouloir voir que du pur "formalisme" chez Malévitch ou chez Kandisky c’est soit nier leur qualité d’Artiste, soit avoir une vision positiviste de l’Histoire (de l’Art), soit faire preuve de bêtise. En gros, les carrés chez Malévitch sont un moyen et non pas le sujet – le contraire serait d’en faire un artiste concret, et non pas abstrait (un peu le genre de discours que pouvaient tenir ses détracteurs de l’époque : Malévitch prétend faire de l’abstraction mais il peint des carrés, choses non abstraites, donc Malévitch est un fumiste).

Mais la Période Blaue Reiter est-elle véritablement abstraite ?

C’est la seule qui est véritablement abstraite (mais j’avoue ne pas savoir s’il est retourné vers l’abstraction dans ses œuvres les plus tardives) : après (la guerre et la révolution d’octobre), il est passé au constructivisme, Bauhaus oblige puis à l’art concret. D’ailleurs, son manifeste d’avant guerre parle de spiritualité ; son second, celui d’après-guerre, s’intitule "point ligne plan".

Mondrian dans sa période "rectangles de couleurs" est-ce abstrait ou concret ???

N’étant pas vraiment, non plus, à l’aise avec Mondrian (ni même avec l’art concret) je ne peux vous répondre dans ce cas précis – sinon dans un vague " oui Mondrian a été abstrait (du moins avant guerre et avec tout le blabla théosophique) mais il n’est pas exclus non plus qu’il ait fait de l’art construit puis de l’art concret (L’autre pilier de de Stilj, Théo van Doesburg a fait de l’art construit et j’ai cru comprendre qu’il a la paternité de l’art concret)" (Faudrait se pencher sur ses écrits de l’époque et/ou une (très bonne) monographie).

Sinon, en "googlesant" "art concret", j’ai appris l’existence d’une revue d’art, suisse je crois, dont le nom était "abstrakt konkret" : comme quoi l’abstraction en art est, elle, aussi devenue une commodité.

par Mattias-fausse-monnaie le 22 octobre 2009 | Répondre à ce message
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim
De plus, Trondheim dit lui-même que l’intérêt de Bleu était l’abstraction. Le minimalisme en est une conséquence (parce qu’il est paresseux dit-il). Ce qui vous donnerait raison. Alors pourquoi débattre éternellement sur la question ?
par Loïc Massaïa le 19 octobre 2009 | Répondre à ce message
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim
Tout à fait d’accord avec vous. Et vous avez raison pour les années 60, il s’agit d’une (grosse) erreur d’inattention de de ma part... Vous visez juste quand vous dites que le minimalisme en Bande dessinée est différents que dans les autres art. Mais ce n’est pas par la narrativité (le cinéma est lui aussi narratif), mais plutôt la séquentialité iconique (le cinéma peut lui aussi être séquentiel mais à moindre degré et de façon bien différente). C’est pour cette raison qu’une itération iconique, même réalisée avec un dessin tendant vers le réalisme, est pour moi à la limite, mais reste dans ma définition de la Bande dessinée minimaliste. Et j’abonde dans votre sens en ce qui concerne le cul entre deux chaises de Trondheim. "Un instinctif contrarié" ? celà me plait bien.
par Loïc Massaïa le 17 octobre 2009 | Répondre à ce message
>02
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

Je propose crypto-pictographique, pour sortir de cette dialectique minimalisme/simplisme, ainsi que de ce rapprochement toujours problématique d’avec le courant minimaliste américain.

"Entretiens crypto-pictographiques", ça en jetterait, non ?

NB : le flegme n’est pas la flemme, et réciproquement.

par Docteur C le 19 octobre 2009 | Répondre à ce message
>02
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

Ahah oui oui, mais alors pouquoi pas renommer la Bande dessinée aussi, parce que là aussi sans déconner, y a du boulot...

Par contre, je ne suis pas hyper fan du côté "crypto" de votre appelation. Elle limite justement trop... Veuve Poignet de Greg Shaw serait donc crypto-pictographique, La nouvelle pornographie aussi, mais que dire d’Ibn Al Rabin, ou des Monsieurs de Fafé qui ne sont pas si cryptographiés que ça ?

par Loïc Massaïa le 19 octobre 2009 | Répondre à ce message
>02
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

Je dirais, au contraire, le travail de Greg Shaw ou celui de Trondheim sur la Nouvelle pornographie n’ont rien de crypto. Ils font très ouvertement appel au pictogramme : des codes couleurs très explicites correspondant à une action ou un évènement chez Greg Shaw, des ronds et ovales qui renvoient très clairement à quelques orifices s’agissant de la Nouvelle pornographie de Trondheim (avec une joyeuse ironie). Alors qu’en revanche justement chez Fafé, ou dans Bleu, alors là on a du crypto-pictographique, parce que ce que vous qualifiez de "minimal" relève beaucoup plus du pictogramme qu’autre chose. Ce n’est pas pour rien que le dessin de Trondheim, celui de Martin Vidberg, etc. ont été utilisé à des fins publicitaires. Ce "courant" dit "minimaliste" en bande dessinée, il est tantôt ouvertement pictographique (signe simple renvoyant à un signifié explicite) tantôt crypto-pictographique (au sens où le caractère pictographique est moins explicite, quoiqu’il soit toujours présent).

Alors que la démarche du courant minimaliste américain n’a strictement rien à voir avec le pictographique. C’est même la proposition théorique inverse, tant la plupart des artistes classés dans cette catégorie prétendent ne rien représenter, tant le symbolique est écarté d’emblée de la recherche plastique... C’est prégnant chez Don Judd, qui ne se veut ni expressif, ni représentatif. C’est vrai aussi chez Carl André, qui dit dans un entretien : « Mais tailler et découper des matériaux, voire transporter des blocs de bois d’une pièce à l’autre, avait pour moi une dimension réelle dans le monde qui échappait toujours à la peinture. Toutefois, j’ai subi longtemps le fardeau de cette conception linguistico-métaphorique du monde dont je vous ai parlé. Ce fut Frank Stella qui attira mon attention sur ce problème. Il avait réussi à réduire en lui cette prédominance linguistique. Quand je le rencontrai en 1958, il me dit : " N’imite pas mon travail. Supprime le langage en toi et travaille directement avec le matériau concret tel qu’il se présente dans la réalité " » ! Alors que certains aient rapidement rejeté la qualification de minimalisme, très bien, il n’empêche que là où se rejoignent les travaux que vous présentez sous cette étiquette de "minimalisme" , c’est dans le pictogramme, non pas dans l’épure formelle non expressive, non-symbolique, non-métaphorique, non-figurative qui caractérise le courant minimaliste américain.

Renommer la pratique de la bande dessinée n’a pas le même enjeu.

par Docteur C le 19 octobre 2009 | Répondre à ce message
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Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

Je dirais, au contraire, le travail de Greg Shaw ou celui de Trondheim sur la Nouvelle pornographie n’ont rien de crypto. Ils font très ouvertement appel au pictogramme : des codes couleurs très explicites correspondant à une action ou un évènement chez Greg Shaw, des ronds et ovales qui renvoient très clairement à quelques orifices s’agissant de la Nouvelle pornographie de Trondheim (avec une joyeuse ironie). Alors qu’en revanche justement chez Fafé, ou dans Bleu, alors là on a du crypto-pictographique

Je dois avouer que je ne suis pas entièrement d’accord avec cette partie de votre argumentation. Pour moi un pictogramme est figuratif. Je lisais donc dans votre "crypto" un "figuratif masqué, crypté". Dans Veuve Poignet et dans la nouvelle pornographie le pictogramme n’est pas accessible directement, du premier coup d’oeil. Pour Veuve poignet il faut se référer à une légende, qui permet de DECRYPTER l’icone non figurative représenté. Pour La nouvelle pornographie, c’est plus le titre du livre qui permet de décoder les images, hyper codifées. En celà je pensait qu’elles étaient plutôt crypto-pictographique comme vous dites. Bleu aussi, sur ce point on est d’accord. Par contre pour fafé, je ne vois vraiment pas en quoi ses personnages sont cryto... Ils me semblent bien plus figuratifs que les taches de couleur de Trondheim... Mais ça doit être parce que nous n’avons pas la même définition de "pictogramme". Laquelle est la bonne ?

Tout à fait d’accord sur ce que vous dites sur le courant américain en revanche. La différenciation que vous faites est juste. Mais la bande dessinée n’est pas la peinture et la sculpture. Je m’appuie sur ce que dit BigBen, ces courants « tentent de rendre sensible les procédés, les formes, bref le langage qu’elle utilise, c’est à dire ce qu’une autre bande dessinée tente justement de cacher, ou de rendre invisible. ». C’est la démarche essentielle je pense, avec celle d’éviter tout effet illusionniste et autres virtuosités qui masqueraient le propos. On peut très bien être dans le picto et répondre à cette volontée. Dans la peinture et la sculpture, il est intéressant de rester dans le non figuratif, pour parler de la matière, du support, de l’espace... Dans la bande dessinée il est aussi intéressant de parler de la séquentialité, de l’articulation texte-image, de la mise en page, par exemple, mais aussi la codification picturale qui est devenu avec le temps un des éléments constitutif de la bande dessinée (à la base c’était plus pour des illustration dans des journaux), même s’il n’est pas essentiel (on peu faire de la bande dessinée photo-réaliste et donc non codifiée graphiquement)

par Loïc Massaïa le 19 octobre 2009 | Répondre à ce message
#03
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim
C’est toujours amusant ces batailles de termes et de définitions...Dans le Comix Club n°3, et dans "Encore un effort" à propos de son livre "Petit trait", Baladi s’interroge sur le terme bande dessinée abstraite, et lui préfère finalement le terme "bande dessinée concrète" : "la bande dessinée abstraite utilise des formes non figuratives. Dans la bande dessinée concrète, les formes sont prises pour ce qu’elles sont, un trait est un trait". On pourrait dire aussi : un point c’est tout. Parce que c’est bien dit. Ce qui est sûr, et qui pourrait peut-être réconcilier les tenants des différents termes, c’est que, abstraite, minimaliste, ou concrète, ou encore crypto- picto (ou icono-micro) ce type de bande dessinée tente de rendre sensible les procédés, les formes, bref le langage qu’elle utilise, c’est à dire ce qu’une autre bande dessinée tente justement de cacher, ou de rendre invisible. C’est le même effort qu’on trouve en littérature dans la poésie. Oui, tiens, on pourrait parler de poétique aussi.
par Big Ben le 19 octobre 2009 | Répondre à ce message
>03
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

Alors d’accord mais Baladi ça n’est justement pas la même démarche, son "petit trait" n’est pas pictographique, il ne renvoie qu’à lui-même. Mais bon son travail reste très expressif, alors "minimal" ça ne va pas non plus. "Concret", si ça lui plaît comme ça...

Poétique c’est pas mal, sachant que le poétique c’est la révélation de la structure formelle du langage, certes, mais aussi l’éclatement du signifiant, de la fonctionnalité du langage. Je crois que c’est René Char qui a écrit, "chaque mot érigé en nom propre", ou quelque chose comme ça.

par Docteur C le 19 octobre 2009 | Répondre à ce message
>03
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim
Oui, et il a aussi écrit "Que vaut dentelle de la tour ?" dans "Le martinet", (La fontaine narrative, Fureur et mystère), une phrase sur laquelle je m’interroge depuis quelques années déjà.
par Big Ben le 19 octobre 2009 | Répondre à ce message
#04
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim
Ce qui est à retenir dans cette interview, c’est que Lewis ne dit pas grand chose ou presque rien. Il est évasif. Par contre, les commentaires sont bavards et riches en informations...
par Un inconnu le 20 octobre 2009 | Répondre à ce message
>04
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim
Oui. Il y a même quelque chose que j’ai coupé en intro. Je le remercier d’avoir accepter cette interview, vue qu’il n’en donne plus que quand il est "obligé". Il m’a répondu, le bougre, que s’il avait dit oui, au début c’était parce qu’il espérait pour donner des réponses minimalistes. Ce qu’il n’a pas fait, mais parfois on est pas loin. Ceci explique celà.
par Loic Massaïa le 20 octobre 2009 | Répondre à ce message
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim
Tout ça est vivant, mais confus et trop rapide. On ne va pas corriger les copies sur l’histoire de l’art plus ou moins récente. Déjà Ad Reinhardt et Carl André ne sont pas de la même génération (le premier a surtout rayonné dans les années 50, le second une décennie après - jusqu’à nos jours). Trondheim, c’est vraiment une autre démache : oui, il est plutôt concret qu’abstrait, chaque signe suit un dessein précis, parfois pour quelque chose, parfois pour presque rien. L’usage du mot "minimaliste" en bande dessinée est devenu une commodité de plus. Instinctif, intellectuel... on l’est tous plus ou moins simultanément. Pas la peine de creuser des tranchées. C’est plus complexe qu’on ne le croit. Au fond, un essai sur le minimalisme devrait, être aussi un essai sur la complexité ou, au moins, un essai complexe sur l’illusoire simplicité...
par Christian Rosset le 20 octobre 2009 | Répondre à ce message
>04
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

L’usage du mot "minimaliste" en bande dessinée est devenu une commodité de plus. Instinctif, intellectuel... on l’est tous plus ou moins simultanément. Pas la peine de creuser des tranchées. C’est plus complexe qu’on ne le croit.

Les commodités, on en a toujours besoin, même quand on est pas d’envie pressante... Non plus sérieusement, Voilà peut être la meilleure réflexion de tout ce fatras.

par Loïc Massaïa le 20 octobre 2009 | Répondre à ce message
>04
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim

"Et pourtant CA existe."

Thanks L.Trondheim

par jhaouar le 22 octobre 2009 | Répondre à ce message
>04
Entretien Minimaliste : Lewis Trondheim
Lewis Trondheim a raison de dire que le dessin minimaliste est une solution pour les mauvais dessinateurs ou les fainéants : moi-même, si je devais faire une BD, il est clair que j’essaierai de faire du minimal, de l’indé ou du style blog plutôt que du Giraud, du Bilal ou du Franquin. Ceci dit, il a créé la surprise. Car avec le dormeur et le Psychanalyse, il donnait en effet l’impression d’avoir du mal à dessiner, alors que son humour s’imposait de lui-même. Ce que je trouve étonnant, c’est la façon dont il est arrivé à améliorer son style. Ses Lapinot, Donjon et cie sont tout de même remarquablement dessinés, et très bien écrits de surcroit. Là, il me faudrait des années de labeur pour arriver à ce résultat, donc je lui tire mon chapeau, et n’essaierait pas de le concurrencer à ce niveau. Je vais déjà essayer de trouver une idée de strip désopilant pour le concours de Zoo, on verra ensuite. Cordialement.
par François Pincemi le 26 octobre 2009 | Répondre à ce message
BRÈVES
D’ici de là-bas
25 janvier 2012
A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Neuf
4 décembre 2011
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Tirer un trait/Tisser des liens
4 novembre 2011
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.
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