Fraise et Chocolat de Aurélia Aurita
En français Publié chez Les Impressions Nouvelles
Chroniqué par Xavier Guilbert en avril 2006

Pour le lecteur un peu attentif, les pages de Japon recélaient deux histoires qui se faisaient étrangement écho, et laissaient supposer une liaison autre que professionnnelle entre deux des participants à l’expérience. La chose est désormais confirmée par la parution de Fraise et Chocolat, second ouvrage de la jeune Aurélia Aurita, [1] et qui détaille par le (me)nu sa relation passionnée et éminemment charnelle avec Frédéric Boilet.

Que les choses soient claires : Fraise et Chocolat parle avant tout et principalement de sexe, dans tous les endroits, dans toutes les positions, à toute heure et plusieurs fois par jour si possible. On va ainsi assister à un déballage enthousiaste et adolescent, emporté par le plaisir de la découverte, exalté par la passion d’une jeune femme amoureuse. Et d’énumérer, de comptabiliser, de cataloguer les orgasmes en tout genre, avant de recommencer. Un tel étalage aurait pu devenir fastidieux voire scabreux, s’il n’y avait ce dessin naïf et frais, qui par sa rondeur et sa simplicité fait passer l’ensemble avec légèreté, même pour les situations les plus extrêmes.
D’ailleurs, cette (relative) innocence du trait contraste particulièrement avec le langage utilisé, qui chante les plaisirs charnels sans périphrases ni mots détournés, choisissant plutôt d’explorer toutes les richesses (hum !) de la langue française : « maintenant tu baises, tu fourres, tu tringles, tu m’enfiles et tu ne jouis plus, tu décharges ». Le sens réel du titre de ce recueil est à l’avenant. [2]

L’impudisme de cette mise à nu qui couche sur le papier l’intimité des choses sexuelles dissimule une autre forme de pudeur : en dehors de cette évidente attirance physique, rien ou presque n’est révélé de ce qui pourrait faire leur relation — la rencontre est expédiée en quatre cases, et les rares discussions reproduites ici tournent rapidement autour de la chose.
Les véritables « confidences » sont rares dans ce livre — il y a bien la première fois où Aurélia dit « je t’aime », quelques inquiétudes passagères et une ou deux scènes qui laissent entrevoir une vraie complicité au-delà de la simple (ou plutôt extraordinaire) compatibilité physique : la préparation des « œufs Boilet » dont on ignorera le vrai secret, ou le plaisir gamin d’un Frédéric qui s’empiffre à deux mains des « meilleures chips du monde ».

Plus encore, ce qui frappe dans cet ouvrage, c’est sa gratuité. La bande dessinée indépendante s’autorise depuis longtemps à aborder les choses du sexe dans ses pages, [3] mais il est bien rare que ces incursions se fassent en dehors de toute ambition narrative. Avec Fraise et Chocolat, Aurélia Aurita ne raconte pas grand’chose et livre une œuvre crue et directe, avec une pointe d’humour mais sans véritable recul — dans une certaine mesure, une ode à la passion charnelle, simplement et seulement.
Relevant plus de l’exhibitionnisme que du dévoilement intime, léger dans ses préoccupations au point d’en devenir inutile, voici donc un ouvrage à classer au rayon des curiosités anecdotiques ... avant de l’oublier.

[1] Pseudonyme de toute évidence, aurelia aurita étant le nom latin d’un type de méduse.

[2] Le fait que cet ouvrage soit issu de la plume d’une femme lui vaudra sans doute pas mal d’indulgence — suffisamment inhabituel pour être noté, dans un genre généralement reservé aux hommes. Nul doute qu’un auteur masculin se serait vu qualifié de graveleux ou d’obscène pour le même exercice.

[3] De Crumb à Sfar en passant par Joe Matt et Ego Comme X, voire des projets d’anthologies thématiques comme Dirty Stories, True Porn 2.

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20 RÉACTIONS
#01
Fraise et Chocolat

En lisant cette critique, je retrouve le bon ton des guides de la bande dessinée chrétienne, qui donnent de bons points aux oeuvres dites d’éducation, et de mauvais à tout ce qui est un peu trop volage, à ne pas mettre entre toutes les mains. Je crois qu’il faut déplacer le débat. Tu "autorises" le sexe dans la bande dessinée indépendante, pour autant qu’il reste dans ses marges, et à condition qu’il y ait une ambition narrative. L’ambition narrative, ce n’est pas ce qu’il y a de plus important. Dans Désoeuvré, Trondheim ne raconte rien. Il réfléchit sur un sujet. Ici, la démarche est la même. Aurélia Aurita ne raconte pas une histoire, elle décortique une question de société, la sexualité sans tabous. L’approche est très descriptive, bien sûr, mais il faut parfois "montrer" les choses pour les comprendre. En même temps, elle donne une image très juste de ce que peut être une sexualité féminine assumée. C’est peut-être ça, au fond, qui dérange : les jeunes filles doivent continuer à regarder Candy Candy, et si elles se mettent à écrire, alors elles doivent écrire de romans à l’eau de rose.

XXIe siècle ou pas ?

par françois le 10 avril 2006 | Répondre à ce message
>01
Fraise et Chocolat

Je me demande bien où, cher lecteur, tu as pu lire dans ma chronique le fait que je veuille à tout prix cantonner les jeunes filles à la lecture de Candy Candy, ou encore mon approche digne des « guides de la bande dessinée chrétienne ». Je me suis relu, et franchement, il ne me semble pas avoir avancé quoi que ce soit de tel.[1]
Par contre, j’ai écrit (et je le maintiens) qu’Aurélia Aurita bénéficie sans doute de plus d’indulgence à propos de ce genre d’ouvrage, justement parce qu’elle est femme. Et que l’on tombe alors dans l’excès inverse, qui s’émerveille qu’une femme puisse parler de sexe.

Alors oui, je trouve l’objet original, mais très honnêtement, je me suis bien ennuyé à la lecture — je le répète, ennuyé, pas choqué, pas heurté dans de prétendues convictions catholiques bien-pensantes. C’est bien de mettre en scène sa sexualité débridée, mais encore faut-il avoir quelque chose à dire au-delà de « qu’est-ce que c’était bon, quand est-ce qu’on recommence ? ».[2]
Au passage, beaucoup des critiques positives que j’ai pu lire de Fraise et Chocolat n’avaient pas non plus grand’chose à dire à part reprendre le petit texte de la jaquette, et de nous ressortir les références à Anaïs Nin et Reiser. Mais je digresse.
Dire que « Aurélia Aurita [...] décortique une question de société, la sexualité sans tabous » me semble aller un peu loin. Qu’elle mette en scène sa sexualité sans tabous, j’en conviens — mais de là à la décortiquer ? Il aurait fallu pour cela qu’il y ait un véritable commentaire, un peu de recul peut-être.

Bref. J’espère que ces quelques lignes supplémentaires éclaircissent un peu plus ma position — pas coincé, pas choqué, mais pas convaincu non plus par l’intérêt de la chose.

[1] Raccourci sans doute plus représentatif des préoccupations du lecteur que de celles du rédacteur. Pour référence, cher lecteur, je te renvoie à cet article de Wired, qui précise que « those reading messages unconsciously interpret them based on their current mood, stereotypes and expectations ».
[2] Pour trouver un sujet de comparaison, Roberta Gregory parle de sexe (et très crûment) dans les aventures de Bitchy Bitch, mais au moins, elle a quelque chose à raconter, à dire.

par XaV le 10 avril 2006 | Répondre à ce message
>01
Fraise et Chocolat

J’ajouterai simplement, pour faire, bref, qu’il n’est pas indispensable d’avoir "des choses à dire", au sens où tu l’entends, pour aborder certains sujets. C’est là tout le conflit entre la raison (j’analyse) et les sentiments (j’exprime). Je comprends tout à fait qu’il faille intellectualiser dans la vie (et c’est ce que nous en sommes en train de faire, de façon plus ou moins divergente), mais l’intellectualisation peut :

a) faire dodo de temps en temps

b) trouver d’autres moyens d’expression

Je ne crois sincèrement pas que Fraise et Chocolat soit du grand n’importe quoi : la naïveté qu’il y a dans cet album est une naïveté consciente, qui est une autre façon de faire dans l’intellectuel.

Chose que nos petits cerveaux alternatifs et élitistes (et le mien, comme le tien, sont de ceux-là) ont parfois tendance à oublier.

par françois le 10 avril 2006 | Répondre à ce message
>01
Fraise et Chocolat
Bof bof bof ... Un dessin minimaliste et archi simpliste pour une histoire ... hum ... un récit ... hm ... une succession de planchounettes nous livrant les très basiques expériences sexuelles d’une jeune femme émoustillée. Franchement, pas de quoi en faire un fromage.
par Un inconnu le 8 mai 2006 | Répondre à ce message
>01
Fraise et Chocolat

Même avis globalement. Sur le sexe, voire plutôt sa géniale page dans le Comix 2000 de l’Association* qui me l’a rendu sympathique et qu’avait confirmé sont livre suivant Angora. Là c’est sympathique mais dispensable pour ma bibliothèque. Avis pertinant XaV qui décidément provoque des remous à chaque fois :)

Syl *ah ben zut j’étais vraiment persuadé que c’était dans le Comix 2000, c’est une page "volcanique" :) Bon ça doit être dans une revue (PLG et cie)

par Syl le 10 mai 2006 | Répondre à ce message
Fraise et Chocolat

naïveté consciente ou exhibition puérile ?

autre façon de faire dans l’intellectuel ou vacuité qui ne doute de rien ?

par j.f le 23 mai 2006 | Répondre à ce message
#02
Fraise et Chocolat
à noter, Aurélia Aurita avait réalisé un pastiche vraiment bien vu des bandes dessinées de Frédéric Boilet dans le numéro 1 de la revue Comix Club.
par Jean-no le 6 mai 2006 | Répondre à ce message
#03
Fraise et Chocolat
Oui cet album est un tournant dans l’histoire de la bande-dessinée. Premier album qu’il n’est plus possible de critiquer avec un certain recul sans être targué de bien-pensance et de pauvreté de jugement. On confond allégrement la critique de l’œuvre et la critique de sa thématique. Parler de sexe de manière explicite, en utilisant une narration sobre, pourquoi pas. On peut en effet imaginer aujourd’hui qu’il est possible de parler de sexualité sans artifices hyper-codifiés ou connotés et hors des critères moraux habituels. Mais cela doit-il s’accompagner forcément d’une telle pauvreté ? Quelle émotion derrière ce dessin rondouillard qui se voudrait sensible et intimiste mais qui est d’une mollesse consternante ? Quels référents à part son petit ego ? Ce grand vide donne des reflexions réellement bas de plafond. J’ai l’impression de lire un auteur qui ne s’est jamais confronté sérieusement à la littérature, au cinéma, à la peinture et j’en passe : cette vacuité qui pourrait être interessante n’est que le reflet d’un narcissisme stérile, un manque de curiosité vers l’Autre et l’Art en général, un positionnement de midinette.
par David Moreau le 17 mai 2006 | Répondre à ce message
>03
Fraise et Chocolat
Ha enfin ! un peu de nuance...ce que tu dis est primordial sur l’impératif de différencier la critique d’une expression "artistique ", qui reste un point de vue et une façon subjective de dire, de ce que ce support véhicule, ou traite : ici la sexualité féminine (s’il en est une au singulier, comme s’il y avait "la" femme). faire remarquer que de s’enuyer à lire ce livre est une preuve de pudibonderie est un racourcit stérile qui fait cesser tout débat : est-ce la seule façon de démontrer que ce livre peut plaire ? Il n’est pas question de moraliser mais juste d’exprimer, si la pensée unique et bêtement binaire le veux bien, un avis sur cette expression là, celle de fraise et chocolat. J’aime la bande déssinée et il en existe suffisament de bonnes, belles, originales, récréatives seulement, exprimant avec personnalité, cynisme, poésie, crudité, charme, des choses banales, puissantes, ordinaires, incroyables, délirantes, fantasques, glauques.... rien ne me vient pour fraise et chocolat, pas l’éclat d’un dessin en passant... Etre vrai n’est pas être cru. présenter ou exprimer n’est pas montrer. la fraicheur n’est pas l’éxhibition infantile. Attendre autre chose est légitime et être une femme pour exprimer cela, même si c’est trop rare, n’est pas une qualité en soi ni un gage de quoi que ce soit : c’est une des rares critiques positive de ce livre qu’on puisse lire , est-ce qu’alors seul le message, ou supposé tel, compte ? qu’est-ce qui est dit dites moi ? et s’il n’est rien dit qu’est-ce qui reste ? il y a une façon de parler de ces choses qui nous rejoignent intimement mais aurélia aurita n’a pas ce talent : j’ai eue le malheur de lire fraise et chocolat après le "combat ordinaire" de Larcenet, je suis passée du plein au vide.
par cel le 23 mai 2006 | Répondre à ce message
>03
Fraise et Chocolat
Hmmm... au-delà de la vacuité de Fraise et Chocolat, ce qui m’a embêté là-dedans c’est le fait de découvrir en détail l’une des facettes d’un auteur que j’aime beaucoup, chose dont je me serais bien passée... On le sait que Boilet est un chaud lapin, mais le voir étalé sur plusieurs pages ça met un peu mal à l’aise. Et lui raconte tellement mieux ses histoires, d’amour comme de cul... Ma réaction première à la lecture de cet album fut : "Et alors ?"
par Rainmaker le 4 juin 2006 | Répondre à ce message
#04
Fraise et Chocolat

Il est vrai que le côté "autobiographique cru" est très très poussé et qu’il peut mettre mal à l’aise. Je crois que ça aurait surtout de l’impact si on les connaîssait personnellement (par exemple la famille proche et leurs amis).

Mis à part cela, je ne pense que ce soit tout ce qui résume ce livre.

Il y’a une poésie du quotidien qui s’en dégage, qui ai dite simplement. Je ne vois pas en quoi le sexe doit être taboo et je ne vois pas ce qui a de si "choquant".

par vedranabeb le 12 juin 2006 | Répondre à ce message
#05
Fraise et Chocolat
Pourquoi j’ai aimé ce bouquin ? Il me montre une humaine, et pas un produit. Le thème principal n’est pas le cul, c’est la passion, la cristalisation de l’autre, sa mise sur piedestal. Je pense que ce livre ne touche que ceux qui ont vécu les asservissements des états passionnels. Moi j’ai chialé, parceque je connais l’épilogue ; relisez "un amour de Swann" (sans comparaison aucune avec les personnages).
par Un inconnu le 12 juin 2006 | Répondre à ce message
>05
Fraise et Chocolat
Je ne crois pas a la theorie de l’indulgence liee a l’appartenance de Mlle Aurita au sexe faible. Cela me parait aussi peu appropriee que d’affirmer qu’elle doit son succes a la mediatisation de son amant. Fraise et Chocolat m’a surpris. Cela a deja ete dit, je n’avais peut-etre pas envie de decouvrir cet aspect d’Aurelia Aurita. Toutefois,en parcourant le bouquin, je me suis rendu compte que la frontiere entre fiction et biographie etait peut etre trop tenue pour etre identifiee. Et cette ambiguite fait une partie de la saveur de ce livre. J’ai surtout ete frappe par la naivete dont elle fait preuve dans sa description du sexe comme une chose quasi mystique et sacree, indisociable du sentiment. Est-ce necessairement un point de vue feminin ? Je ne le pense pas. J’aurais sans doute prefere qu’un homme raconte, subtilement, ce qui est decrit dans le post precedent comme "un asservissement de l’etat passionnel". Autant j’arrive a considerer Fraise & Chocolat comme une premiere marche legere vers une reflexion plus poussee, autant je ne peux me resigner a le ranger dans la meme categorie que le brulot realise par Catherine Breillat, "Une Vraie Jeune fille", film sale, malade, gratuit, sur la soumission sexuelle totale d’un ado a la decouverte de son corps.
par Visiteur le 16 juin 2006 | Répondre à ce message
>05
Fraise et Chocolat
Tu veux dire que c’est plus raccoleur, plus soumis à une société phallocrate et donc, plus confortable, plus rassurant ? Tu as bien raison. Cependant, ou pour cette raison, et malgré ses maladresses techniques, "Une vraie jeune fille" est une oeuvre autrement plus importante que "fraise et chocolat".
par Régis Courge le 8 juillet 2006 | Répondre à ce message
#06
Fraise et Chocolat : plus de "chocolat" que de "fraise"

Mauvais lecteur de BD et detestateur de Manga j ai decouvert Fraise & Chocolat par le biais d un ami vivant comme moi au Japon.

Et j ai adore !

Cette jeune Aurelia Aurita a un vrai talent au dela de son impudeur, c est rare d avoir dans un recit cette"petite musique" qui fait qu elle existe si fort aupres du lecteur des les premieres pages. Les dessins me semblent assez naifs mais c est justement le decalage avec des postitions "hard" qui font la reussite du livre. Bref je suis sous le charme, la chute sur les chemises de Frederic est aussi magnifique. Je la trouve beaucoup plus "chocolat" que "fraise" : godemichets dans le cul, miroir pour se voir l anus (pour se voir la chatte il suffit de se pencher) sans compter que l aboutissement du "bonheur" et de l orgasme est bien place en "climax"page 106 le jour ou l heureux Frederic lui a foutru sa bite dans le grand colon. Autrefois, peu de filles etaient aussi "anales", il suffisait de leur effleurer la rondelle pour que les fesses se referment comme une coquille d huitre...la sexualite d Aurelia est bisexuelle, bien dans l air du temps...

Remarque personnelle : s il a fallu a Frederikc Boilet du 13 octobre 2004 au 9 janvier 2005 pour reussir a la sodomiser sans s en mettre plein partout sur le manche, il n y a pas de quoi se vanter avoir gagne l etape du Tour de France a Alpe d Huez. Faites lui savoir(a Aurelia bien sur) qu avec moi c eut ete fait et bien fait des le 15 octobre (le 19 au plus tgard)

Sinon il est interessant de noter qu elle le suce beaucoup et qu il a relativement peu d occasions de l enfiler comme il le voudrait (il l aime et il veut un enfant....de son cote on sent bien que tout pourrait etre si simple et qu il est pret a acheter un landeau et un fer a repasser pour ses chemises....sur ce plan la elle se refuse completement a lui dans le livre : sa bite dans le cul et son sperme dans la bouche, c est de la pure contraception !

Il faudrait qu il tienne jusqu a ce qu elle ait 30/31 ans pour avoir une chance de lui faire l amour par devant en cabriolet decapoté. Pour l instant, elle le suce, elle le pompe, elle l extasie, elle l exhangue...

Il aurait tort de se plaindre car on aimerait bien etre a sa place.

JCB

Post Scriptum : en surfant sur internet je me suis apercu qu AURELIA AURITA est un pseudo et renvoit a un type de meduse tropicale et predatrice "Moon Jelly Fish"(c est magnifique cette ambition affichee des son premier livre qu elle va nous manger tout cru les soirs de Pleine Lune !) L idee qu Aurelia s appelle peut etre Germaine me fait un peu debander...mais c est surtout que cela change aussi le rapport entre les personnages...On se croyait dans le grand jeu de la verite a la mode et du je deballe tout devant vous comme a la tele, mais ce n est qu un habile trompe l oeil. Aureia se met toute nue mais ne se devoile pas. Frederic Boilet qui se fait sucer en public sous son vrai nom et sous sa vraie profession en est un peu le dindon de la farce (ou a tout le moins il se retrouve fortement instrumentalise). Quand a se faire devorer par une belle plante aquatique et carnivore, il aurait du exiger de se faire appeler Gustave Plancton dans le livre.

par JCB le 29 juillet 2006 | Répondre à ce message
>06
Fraise et Chocolat : plus de "chocolat" que de "fraise"
Aurelia s’appelle Chenda Khun. Voir son portrait dans Libé 24/08/2006.
par Un inconnu le 25 août 2006 | Répondre à ce message
>06
Fraise et Chocolat : plus de "chocolat" que de "fraise"
Voici le lien complet, où il s’agit plus d’un portrait de mot que d’une image photographique.
par Autre inconnu le 25 août 2006 | Répondre à ce message
#07
Purée-knacki

Bon, j’arrive après les (d)ébats, c’est comme ça. je trouve l’article de Xavier Guilbert très bien (et oui, je fayote), et même trop indulgent...

Pour ma part, ma bourse (hum..) ne me permet pas d’acheter toutes les bds qui sortent, et heureusement, je n’ai pas acheté "Fraise et chocolat". En tant que femme qui aime la bédé, je jette toujours un coup d’oeil aux bédés issues de l’imagination de mes consoeurs (discrimination positive qui me déçoit souvent)... un bédé de femme qui parle de fesse, ça semblait intéressant. Je me suis contentée de la lire debout, pour finalement, ne pas la finir et surtout être terriblement déçue.

Je vais pas m’étaler, mais déjà j’ai beaucoup ri en voyant la représentation des anus ... pour une bd qui se veut libérée, c’est un peu leger de le représenter juste sous la forme de croix. Et les poils, c’est tabou ? (j’arrête ici, mais on pourrait développer ...) je préfère les scène de fesses d’Edika, qui ont l’avantage de me faire rire, au moins, et de me détendre (et sont plus réelles ???? ).

Quand elle est sortie, cette bd etait tout de meme bien mise en évidence, alors qu’elle est vraiment vide. Si c’est juste l’aspect subversif qui motivait ce choix, je ne comprends pas non plus, parceque ce n’est meme pas provocateur... je veux dire par là qu’elle ne soulève aucun débat, aucune question....

En tout cas, j’attends avec impatience "choux fleur et merguez" , la suite de fraise et chocolat, qui nous racontera la difficulté pour un coupe d’être confronté au douloureux problème des hémorroides. Mes pauvres lapins.

Je remercie la personne qui a cité un des films de Catherine Breillat. je suis tout à fait d’accord là dessus.

Et pour finir, la dernière bédé que j’ai lu avec des fesses, des seins, et un zizi qui durcit, c’était "ripple" de Cooper (je ne sais plus s’il a été cité), que j’ai trouvé incomparablement plus intéressant que "fraise et chocolat"... et pour le coup, je l’ai relue avec plaisir, tandis que "F&C", je ne pense pas que je la finirais un jour....

J’aurais bien fait un rapprochement avec la surpub qu’il y a autour de Christine Angot... mais comme j’en ai pas lu, j’aurais l’air sotte, donc je vous épargne ça.

par Paulette le 24 avril 2007 | Répondre à ce message
>07
Purée-knacki
Paulette, je suis entièrement d’accord avec toi, mais vas au bout de ce livre pour cette scène quasi finale dans un café /resto où le couple parle enfin. Aurita a un dessin qui n’ose pas montrer, qui suggère peu, qui est d’une fausse exhibition comme on le dit de la fausse pudeur. Dans cette scène, la présence soudaine de vocabulaire amène le temps de quelques bulles ce qui manque tout au long du livre ou peut-être ce qu’il aurait pu être si... Cela me fait penser à un entretien d’Esparbec sur France Culture, il y a quelques temps, ou l’écrivain expliquait que seul les mots peuvent être à la hauteur de la complexité de ce sujet qu’est l’acte sexuel et de toutes les émotions qui l’accompagnent. Le principal défaut de ce livre est de manquer mots et de vocabulaire. C’est pour ça, inversement, que le Pascin de Sfar est tellement réussi.
par Poulpo le 25 avril 2007 | Répondre à ce message
#08
Fraise et Chocolat
Pour ma part, je ne crois pas qu’Aurélia Aurita ait jamais prétendu appartenir au monde de "l’Art" (comme l’écrit si bien un faux platonicien qui croit que mettre des majuscules aux concepts les rend intouchables) avec Fraise et Chocolat. Sans message, sans but affiché, sans précision forcée dans le dessin, cette BD est décomplexée, mais aussi décomplexante. S’il vous faut, pour vous intéresser à une bande dessinée qui parle gratuitement de sexe, des positions autrement plus torrides et des questions fondamentalement philosophiques, tant mieux pour vous (ou tant pis) ; je n’ai pas été mécontente de trouver Fraise et chocolat sur mon parcours. Aurélia Aurita a au moins ce mérite d’avoir su combiner une certaine pudeur (puisque, hors du lit, on ne sait pas grand-chose d’elle) et un certain exhibitionnisme franc et effronté. Ceci ne semble pas être à la portée de tout le monde, et si le fait qu’Aurélia Aurita soit une femme a un impact sur l’appréciation du livre, c’est peut-être que Johann Sfar, dans sa préface, n’a pas tort : d’habitude, lorsque des femmes nous parlent de sexe, ce sont des "punk pourrites qui parlent de leurs chaussettes sales" (je cite). "Fraise et chocolat" est drôle parce que gai et naïf, cru sans excès. Aurélia Aurita a rencontré l’autre (l’Autre ? hinhin, à celui qui le rencontre je souhaite bien du courage) : son autre, c’est Frédéric ; le résultat de cette rencontre est un vrai bohneur qui repose, comme souvent semble-t-il, sur une véritable compatibilité sexuelle. Si Fraise et chocolat vous semble vide, c’est peut-être qu’il ne pense pas avec sa tête, mais... autrement. D’où l’intérêt d’un dessin qui ne s’embarrasse pas de détails et qui, à défaut d’être précis, est suggestif. Pour terminer, je rappellerai simplement qu’Hokusai disait "à 110 ans, je tracerai une ligne, et ce sera la vie".
par Nomad’s soul le 5 janvier 2008 | Répondre à ce message
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20 juin 2008
Les Harvey Awards sont de retour. C’est de saison, et alors que les résultats des Eisners sont attendus pour fin Juillet (pour la San Diego Comic-Con), et que les Ignatz débarqueront en Octobre (durant la SPX), la liste des nominés pour le cru 2008 des Harveys vient de tomber. Comme toujours, on trouvera pas moins de 21 catégories allant des très détaillées (le « best graphic album, previously published » côtoyant le « best domestic reprint project », attention ça n’a rien à voir) aux fourre-tout (comme cette « best biographical, historical or journalistic presentation », on ne va pas chipoter). Les lauréats seront annoncés le 27 Septembre prochain, durant la Baltimore Comic-Con. On en frémit d’impatience...
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Le Samedi 14 Juin prochain, quatorze auteurs belges seront à la librairie La Bulle d’Or (124 boulevard Anspach, B-1000 Bruxelles) pour une rencontre et des dédicaces, à l’occasion de la parution chez l’employé du Moi de CRRISP !, un collectif d’histoires d’horreur issues du projet GrandPapier.org, et du Little White Jack de Max de Radiguès. Des planches originales des deux ouvrages seront également exposées du 14 au 30 Juin 2008. Liste complète des auteurs invités sur Xeroxed.be.
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Dans le cadre du festival Stripdagen de Haarlem qui se tiendra les 7 et 8 Juin prochains, l’exposition massive Alternative Chaos présente 91 auteurs issus de la Belgique francophone — défricheurs, découvreurs, explorateurs de la bande dessinée contemporaine. D’Ando à Vandermeulen en passant par Fortemps, Goblet, Löwenthal, Pinelli ou encore Van Hasselt, tout ce beau monde se retrouvera à la Galerie 37 (Groot Heiligland 37, 2011 EP Haarlem) du 6 au 22 Juin 2008, avec vernissage le 5 Juin. Pour plus d’information, consulter la programmation complète.
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