Georges Caplan vous parle... de Julio Ballester
En français Publié chez Editions Paquet
Chroniqué par Loleck en avril 2008

Avec Georges Caplan vous parle..., Julio Ballester signe une variation stylée sur un thème littéraire : un poète aux identités multiples, un exilé bohème, est finalement assassiné au sommet de la reconnaissance, et ce meurtre qui ouvre brutalement le récit est l’occasion de plonger dans son passé pour feuilleter l’album nostalgique de ses années de vaches maigres et d’enthousiasme.
Plutôt qu’une biographie liénaire et continue, Ballester présente une succession de tableaux, pas toujours dans l’ordre, parfois anecdotiques, qui peignent à petites touches le portrait esthétisé de l’exilé espagnol dans le Paris années 50, romancier et fêtard, amateur de jazz et de foot, observateur de la rue et du métro.
Dans ses amours compliquées comme dans ses déambulations bohêmes, ce romancier est un personnage très romanesque, un héros désœuvré, mi-spectateur mi-acteur d’une vie dont on ne donne à voir que des fragments épars.

Visuellement, ces épisodes de la vie de Caplan sont traités en une ligne claire très nerveuse, très rock, à la Métal Hurlant : le trait fait penser à Luc Cornillon ou à Serge Clerc : le poète en exil et ses aventures amoureuses, son goût du jazz et ses expériences de barricades rappellent l’errance distanciée et le chic dépenaillé du dessinateur espion.
Comme les personnages de Clerc, Georges Caplan est à côté de l’histoire, à côté de sa propre histoire, dont il semble ironiquement nous dévoiler quelques facettes, méditations nocturnes sur le jazz traitées en vastes cases verticales, ou extraits de scènes coquines vieillottes dont il est à la fois le personnage et l’auteur.

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En effet, pour corser encore le mystère de son personnage fuyant et insaissable, Ballester s’amuse à multiplier les styles et les modèles au fil de ses scènes : des codes graphiques et narratifs différents sont successivement explorés pour construire chaque chapitre de ce récit fragmentaire d’une vie en double teinte.
Trames pop art, bichromie forcée, photos, coupures de presse, tous les formats s’empilent, dans des mises en page toujours changeantes, qui multiplient les citations formelles, parfois jusqu’au pastiche (par exemple, une promenade au bord de l’eau finit sur une case qui reproduit Manet).

Au-delà de la vie de Georges Caplan, au-delà de la mélancolie romanesque de son récit, Ballester cultive ainsi la nostalgie d’un univers de formes, collées sur la nostalgie du poète mort. Mort ? Jamais tout à fait : comme les dernières images en évoquent fugitivement l’idée, il a pu mimer sa disparition pour avoir la paix et retrouver, tel un improbable Boris Vian, ses costards copurchics et sa femme à la coupe garçonne.

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Splendor No More
12 juillet 2010
L’auteur d’American Splendor et l’une des figures emblématiques de l’autobiographie en bande dessinée, Harvey Pekar s’est éteint hier à 70 ans. Il laisse derrière lui son « grand œuvre », chronique personnelle illustrée tour à tour par R. Crumb, Spain Rodriguez ou encore Joe Sacco, entre autres noms remarquables. En 2003, il avait été incarné à l’écran par Paul Giamatti.
Coupés du Monde
12 juin 2010
Aux flâneurs de la capitale réfractaires aux sirènes du ballon rond, les jours qui viennent s’annoncent riches en horizons à explorer. Pour commencer, Thomas Ott s’expose du 11 juin au 17 juillet à la Galerie Martel (17 rue Martel dans le 10e). Ensuite, histoire de continuer à célébrer les XX ans de l’Association, Benoît Jacques prend la suite de Nine Antico et de Grégoire Carlé et « s’installe » du 15 juin au 17 juillet à Super-Héros (175 rue St Martin dans le 3e). Enfin, on pourra aller admirer le travail de Dominique Goblet & Nikita Fossoul et Aurélie William Levaux du 18 juin au 18 juillet au Monte-en-l’Air (71 rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare dans le 20e).
Ah oui, et puis sinon, il paraît qu’il y a aussi quelque chose au Palais de Chaillot jusqu’au 28 novembre... alors bonne(s) visite(s).
Joli mois de Mai
30 avril 2010
Avis aux amateurs : ce mois de mai promet d’en éblouir plus d’un.
Tout d’abord, du côté de nos voisins Suisses, on pourra aller goûter à l’édition 2010 du Festival Fumetto (à Lucerne, du 1er au 9 mai), qui propose un superbe plateau d’expositions consacrées à Jack Kirby, Emmanuel Guibert, François Avril, Thomas Ott, Chihoi, Nicolas Mahler, Brecht Evens, ou encore Nadia Ravicioni. L’ensemble du programme détaillé est disponible sur le site du Festival.
Et pour ceux qui seraient plutôt parisiens, ils pourront toujours tourner leurs regards du côté de la Galerie Martel, qui exposera du 5 mai au 5 juin des originaux de R. Crumb.
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