Intermezzo de Tori Miki
En français Intermezzo, publié chez IMHO
En anglais Anywhere but here, publié chez Fantagraphics Books
Dans une langue exotique Tooku e ikitai, publié chez Kawade Shobô Shinsha
Chroniqué par Xavier Guilbert en septembre 2005

Tooku e ikitai pourrait se résumer en quelques mots : du Monty Python à la Japonaise. Au fil de ces recueils, Tori Miki aligne les gags nonsense-sques dans une grille immuable de 9 cases muettes. [1]
Généralement, l’auteur prend comme point de départ une idée abracabrante, mais s’applique ensuite à la développer avec une logique frappée au sceau du bon sens — versant alors dans un surréalisme où flotte toujours, sous-jascente, une certaine inquiétude.
D’autres strips s’attachent à détourner l’organisation de la page, les cases n’étant plus seulement séquentielles, mais constituant alors autant de « carreaux de fenêtre » s’ouvrant sur un espace unique — évoquant certaines des expérimentations OuBaPiennes.

Par contre, soyez prévenu : les gags de Tori Miki ne sont pas toujours intelligibles, et si certains « tombent sous le sens », une bonne partie d’entre eux restent abscons, ne laissant au lecteur qu’une vague indication du sens à y trouver (et ce, à ce qu’il paraît, même pour les lecteurs Japonais — donc pas de panique).
Qui plus est, Tori Miki fait fréquemment référence à des éléments de la culture japonaise (de la figure traditionnelle de Momotarô, l’enfant-pêche, à la fabrication du mochi, la pâte de riz, en passant par de multiple situations des bains publics), ce qui rajoute un obstacle supplémentaire à la compréhension du lecteur occidental.

Mais au-delà de ces spécificités culturelles, Tori Miki évoque au fil des pages des inquiétudes, des malaises, des interrogations viscéralement humaines. Des angoisses finalement bien résumées par le sous-titre [2] de Tooku e ikitai : « Anywhere but here ». On serait sans doute mieux ailleurs — n’importe où ailleurs, mais pas ici...

[1] Sur ce point, Tori Miki se démarque nettement de la structure traditionnelle du strip « à la Japonaise », le yon-koma manga : quatre cases se succédant verticalement, avec un chute souvent absurde comme conclusion.

[2] En anglais dans le texte, et repris comme titre de la traduction américaine.

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BRÈVES
D’ici de là-bas
25 janvier 2012
A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Neuf
4 décembre 2011
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
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Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.
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