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| (c) Nishioka Keishi / Extrait de "Kokoro no Kanashimi" | ||

« La tristesse du coeur » — tout un programme pour ce recueil des Nishioka Keishi (littéralement, frère-sœur), décliné au fil d’une douzaine de petites histoires étranges, soutenues par une narration particulière.
Au premier abord, l’ensemble pourrait paraître enfantin, du dessin fragile avec ses perspectives « à plat » et l’application prêtée aux motifs, à une narration faite de phrases simples, d’émotions énoncées sans éclat. Ici, les personnages font figure d’amnésiques, depuis cet homme qui découvre que sa femme a un serpent dans la bouche, à cette petite fille qui se réveille un matin devenue un fantôme, à cet autre homme encore qui rentre chez lui et découvre cinq enfants qui sont peut-être les siens.
Il y a bien une interrogation, une quête de sens, mais sans véritable motivation, c’est plus le « shô ga nai » qui domine (le « mektoub » Japonais), une acceptation apathique et résignée. Chacune de ces petites histoires est menée à sa conclusion le plus souvent cryptique, tenant plus du Koan que de la leçon de choses, mais laissant toujours planer un malaise mal défini.
Il en tient peut-être de ces personnages sans identité autre qu’un « moi » à peine esquissé, aux allures de pantins longilines, qui flottent plus qu’ils n’évoluent dans un environnement qui leur est étranger. Silences d’incommunicabilité, recherche du bonheur mais apathie ambiante, incertitude généralisée, non-implication dans les choses — pour ces personnages qui ne savent pas vivre, l’ombre de leur mortalité reste souvent la seule réalité, indéniable et inéluctable.
Vous l’aurez compris, Kokoro no Kanashimi est inclassable — à la fois étonnant, dérangeant et cristallin. Une œuvre à part, qui donne envie d’en découvrir plus.
A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.