Macanudo de Liniers
En français Macanudo, publié chez La Pastèque
Dans une langue exotique Macanudo, publié chez Ediciones de la Flor
Chroniqué par Loleck en juin 2009

Les strips qui composent ce recueil de Liniers ont été publiés entre 2002 et 2003 dans La Nación, puis réunis en recueil en 2004 en Argentine, par les Ediciones de la Flor, qui viennent de publier le sixième volume de la série (dont l’auteur a tenu à dessiner à la main les 5000 premières couvertures, quelque part entre marketing agressif, livre des records et graphomanie pure). Pendant ce temps, le premier volume est paru en français, en 2008, traduit par les Editions de la Pastèque. [1]

Entre les grands anciens comme Copí, les maîtres comme Quino (tous deux argentins comme lui), ou certains contemporains comme Waterston, on est facilement tenté de ramener Liniers aux modèles qu’il ne manque pas d’évoquer. Pourtant, Macanudo révèle un style propre, absurde et rêveur, un peu effaré devant l’existence, ultra lisible et pourtant vaguement inquiétant. Il faut dépasser l’impression de « déjà-vu » qui saisit le lecteur pendant les premières pages, et se laisser prendre au rythme particulier de ces saynètes souriantes et parfois grimaçantes.

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Friture chez les grenouilles

Dans ces strips se croisent des personnages improbables, petites filles, peluches, pingouins, robots, lutins, grenouilles : une faune à sa main, récurrente, qui permet à Liniers de camper en quelques cases une historieta décalée et poétique, et de créer un petit univers narratif dont on accepte très vite les codes, portés par le trait simplissime, évident, et pourtant très fouillé de Liniers. Peu à peu se construit un monde flottant, où l’on est pris au dépourvu en permanence, mais pourtant jamais vraiment trompé. Les strips de Liniers sont des haïkus, de petites pièces minutieuses et isolées, tantôt ironiques, tantôt douce-amères. Chacune pourrait se conclure sur une morale, qui en donnerait l’intention et le sens, et qui définirait le biais surprenant par lequel Liniers saisit le réel.

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Jeu sur les codes

Si l’on pense souvent à Mafalda, il y aussi du Gary Larson dans Macanudo : de l’absurde pur, presque surréaliste, poussant le jeu sur les formes et les attentes jusqu’à prendre pour objet les codes mêmes de la bande dessinée, sans jamais tomber dans l’expérimentation pure. Liniers est un classique, qui ne joue avec les formes que parce qu’il les maîtrise et les décline comme des gammes. C’est ce classicisme qui pourrait pousser le lecteur blasé à refermer trop vite Macanudo. Ce serait dommage. On s’y sent bien. On attend que les Québécois de La Pastèque poursuivent la traduction des recueils de Liniers.

[1] A noter : depuis, en février 2009, les éditions Didier Jeunesse ont publié un album pour enfants, Juste avant, il y avait un plafond (une histoire terrible), qui s’inscrit dans la même veine poétique que Macanudo.

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Splendor No More
12 juillet 2010
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Coupés du Monde
12 juin 2010
Aux flâneurs de la capitale réfractaires aux sirènes du ballon rond, les jours qui viennent s’annoncent riches en horizons à explorer. Pour commencer, Thomas Ott s’expose du 11 juin au 17 juillet à la Galerie Martel (17 rue Martel dans le 10e). Ensuite, histoire de continuer à célébrer les XX ans de l’Association, Benoît Jacques prend la suite de Nine Antico et de Grégoire Carlé et « s’installe » du 15 juin au 17 juillet à Super-Héros (175 rue St Martin dans le 3e). Enfin, on pourra aller admirer le travail de Dominique Goblet & Nikita Fossoul et Aurélie William Levaux du 18 juin au 18 juillet au Monte-en-l’Air (71 rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare dans le 20e).
Ah oui, et puis sinon, il paraît qu’il y a aussi quelque chose au Palais de Chaillot jusqu’au 28 novembre... alors bonne(s) visite(s).
Joli mois de Mai
30 avril 2010
Avis aux amateurs : ce mois de mai promet d’en éblouir plus d’un.
Tout d’abord, du côté de nos voisins Suisses, on pourra aller goûter à l’édition 2010 du Festival Fumetto (à Lucerne, du 1er au 9 mai), qui propose un superbe plateau d’expositions consacrées à Jack Kirby, Emmanuel Guibert, François Avril, Thomas Ott, Chihoi, Nicolas Mahler, Brecht Evens, ou encore Nadia Ravicioni. L’ensemble du programme détaillé est disponible sur le site du Festival.
Et pour ceux qui seraient plutôt parisiens, ils pourront toujours tourner leurs regards du côté de la Galerie Martel, qui exposera du 5 mai au 5 juin des originaux de R. Crumb.
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