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| (c) Frédéric Poincelet / Extrait de "Mon Bel Amour" | ||

Jusqu’ici, Frédéric Poincelet était resté un minutieux de l’intime un peu en marge des autres auteurs publiés chez Ego comme X, sans doute du fait d’une production rare — après tout, sa biblio officielle égrenne à peine sept ouvrages [1] et une poignée de pages entre 1998 et 2002. Et depuis ? Depuis, plus rien. Autant dire que l’arrivée de cet épais volume était une surprise — et qui plus est, une bonne.
Qu’on le dise tout de suite, Mon bel amour n’est pas une œuvre facile qui se livre au premier venu. Difficile de parler de ce récit qui s’offre puis se refuse, de ces situations simples et isolées dont on sent confusément qu’elles forment l’histoire d’une relation — ou de plusieurs. Alors, on s’accroche, on replonge, on relit, on retourne vérifier qui est avec qui en examinant les portraits qui figurent tout au début, huits portraits que l’on suppose être quatre couples, quatre couples qui se trouvent et se déchirent.
Et petit à petit, les seize chapitres — comme autant de scènes de silence fragile, moments de vulnérabilité ou d’incompréhension saisis avec la justesse d’une caméra, accompagnés de dialogues ciselés — ces seize chapitres finissent, comme un puzzle, par construire une histoire, des histoires, dont l’assemblage est laissé au soin du lecteur.
Pas la peine de s’attarder sur le choix de Frédéric Poincelet de rythmer cet ouvrage de citations empruntées au Journal de Gide — c’est sans doute ici la seule véritable affectation de ce livre, qui n’a pas besoin de cette auguste référence pour faire état d’une profonde sensibilité.
On a pu reprocher à Frédéric Poincelet de se montrer maniéré dans son graphisme — ici, on trouve un dessin d’un trait précieux et fragile, à la fois juste tout en étant subtilement erroné, précis dans les détails et libre dans les grandes lignes, laissant échapper des maladresses (volontaires ?) d’où surgissent des proportions approximatives. [2]
Ce qui frappe, c’est également cette approche presque entomologiste, un peu froide et détachée, en décalage avec les émotions représentées. Les regards dépourvus de pupilles sont étonnamment vides, les attitudes disséquées dans leurs plus petits gestes, les scènes sexuelles crues et presque violentes dans leur représentation des corps — des corps sans visages, comme s’ils ne présentaient aucun intérêt. Au point que l’on peut être parfois tenté de détourner le regard, lorsque cette exploration de l’intime frise le voyeurisme.
Et si les situations décrites ici sont finalement assez communes, [3] simplement humaines et réelles — amour qui débute ou qui s’achève, et quelques variations sur thème — tout tient dans cette narration, succinte et gracieuse au diapason du dessin, qui illumine le tout et en fait une œuvre précieuse à plus d’un sens.
[1] Une relecture, cinq numéros de son Périodique et Essai de Sentimentalisme avec Loïc Nehou, tous chez Ego comme X.
[2] On pourra seulement lui reprocher de ne pas toujours permettre d’identifier précisément les visages — petit défaut dans une histoire qui ne repose que sur les interactions entre ses personnages.
[3] « Communes » dans le sens de « partagées », trouvant des échos dans l’expérience personnelle du lecteur.
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#01
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Il s’agit là du plus bel album qu’il m’est été donné de lire cette année. Frédéric Poincelet est non seulement un graphiste de talent, mais aussi un véritable auteur, exigeant et précis. Allié au sérieux et à la qualité d’Ego comme X, difficile de passer à côté de cet ouvrage. Cela paraît obséqieux, mais chapeau bas. Vraiment. |
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par Fred Boot le 24 septembre 2006
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A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.