
Kochalka signe une jolie fable, tout de malentendus, de naturel contre artificiel, et d’un conflit hors d’âge dans un décor semblant originel.
Entre les cousins (hédonistes) de l’homme et les créations (laborieuses) de l’homme rien ne va plus. L’homme le grand absent (éliminé par la nature ou par l’artificiel ?), n’est plus là (ou n’est pas là) et c’est aussi bien (ou c’est aussi pire).
Les robots occupés à fabriquer des robots dans leur usine, polluent la rivière qui, ainsi défigurée, tue un singe soudainement englué comme une mouette bretonne. Alors les singes se vengent, puis les robots aussi, démontés par le démontage (mis en pièces) de leurs frères. Ce cercle vicieux va alors aller crescendo en se rétrécissant dans un face à face singe contre grand ordinateur central de l’usine des robots. Explosion, destruction totale, déluge salvateur et survie d’un singe mais soudainement plus petit, plus fragile malgré son sourire [1].
Cet album carré d’une centaine de pages, fait l’objet d’un façonnage et d’une mise en page soignés. Il est entièrement imprimé dans un vert participant et amplifiant ce combat dans une jungle intemporelle, entre jardin d’Eden et forêt amazonienne massacrée.
Ce traitement de la couleur (uniquement consacré au trait) et la quasi-absence de dialogues pourront vous évoquer l’album Cave in de Brian Ralph. Mais le style particulier de Kochalka écartera d’autres comparaisons. Monkey vs Robot n’atteint certes pas la profondeur émotionnelle d’albums précédents comme Kisser ou The horrible truth about comics, mais on aurait tort de les comparer. Le registre n’est pas le même et le ton de Kochalka évolue ici en conséquence pour notre plus grand bonheur.
Monkey vs Robot est une sorte de livre pour enfants pour adultes, et de ce fait invite au feuilletage et à la ballade relecture (en jungle). Cette tentative, à mon sens réussie, en fait toute sa valeur.
[1] Un sourire d’être vivant pour morale de la fable. Mais aussi un sourire à la fois victoire et témoignage de l’Histoire dans l’esprit du singe. Avec à la clef, une mémoire qui passera par un langage, pour la vie riche d’une expérience supplémentaire.
A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.