
Joann Sfar continue la publication en petits fascicules de sa « vie de Pascin », ce peintre du début du siècle qui le fascine. Loin de vouloir faire un quelconque travail biographique pointilleux, Sfar préfère une oeuvre libre, qui passe par des chemins de traverse, se plaisant à vagabonder dans les champs du possible d’une vie d’artiste. Maîtrisant parfaitement son sujet, il peut se permettre toutes les libertés, préférant le vivant vraisemblable à une réalité historique momifiée.
Certes, le premier opus avait un peu déçu par son aspect succinct, mais les deux nouveaux tomes savent trouver un équilibre entre la brièveté du récit (une trentaine de pages) et la richesse narrative. Il ne se passe pas grand chose dans un Pascin et pourtant on en ressort rassasié.
Il faut dire que Sfar adopte une forme très libre, où la narration passe par des dessins au gros trait noir, d’un premier jet, alternant les dialogues et les commentaires manuscrits sous le dessin.
Que font Pascin et ses copains Chagall et Soutine ? Ils peignent bien sûr — le dessin est au centre de la réflexion — ils baisent avec leurs modèles, au bordel — décidément le lieu central de cette société — mais surtout ils causent.
Pascin est une oeuvre bavarde et c’est ce qui la rend si vivante. Il faudra relire tout ça d’une traite un jour, pour voir comment se construit avec une grande cohérence un des travaux les plus personnels du décidément très prolifique Joann Sfar.
A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.