
Blutch était adolescent quand la bande dessinée est devenue adulte, et adulte quand la bande dessinée est devenue adolescente (voir franchement infantile).
Indépendant de tout ça il fait de la bande dessinée indépendante. Son grand talent est sa liberté (la nôtre aussi).
Aujourd’hui il raconte des épisodes de son enfance. Il la raconte face aux CinéTéVémythes, mais aussi et surtout face aux ennéamythes.
Ces mêmes mythes crées pour l’enfance, pour qu’elle sorte de son sort étymologique de celui qui ne parle pas.
Pédagogique ! Oui ! oui ! Depuis Töpffer la bande dessinée est une paire de béquilles au langage parlé/écrit. Elles se cassent la gueule dans le coin où on les a laissées quand on en n’a plus besoin, quand on marche sans.
Comme ça énerve, on les fout à la cave, cachot dont on ne parle pas (oubliettes), d’où on ne parle plus (soi-disant).
La bande dessinée c’est pour ceux qui ne parlent pas et ceux qui ne savent pas parler (prisonniers), ce qui est forcément de leur faute (puritanisme).
D’autres les gardent (les gardes ?) et les utilisent, mais toujours boiteux ils ne parlent pas ils radotent !
Tandis que Blutch lui, les utilise et va plus vite, bien plus vite que les champions (dopés) du langage écrit. Il glisse (danse) avec, et il montre le langage de l’enfance : les fâmes, les pédettes, le temps des rirzéchants, etc.
Langage approximatif des enfants, mais par cette paire de béquilles bande dessinée qu’il transforme en pinceaux, il nous précise l’approximation des souvenirs. Chut ! Ne parle plus, rigole et approche ! Vois (rappelle toi) !
Telle est l’approche de Blutch, plutôt indien que cow-boy, car il y a de la ruse de sioux dans cette autobiographie réjouissante en langage de ceux qui ne parlent pas sur un Blutch qui ne savait pas parler. Tout ça pour ceux qui marchent (encore) debout (avec ou sans béquilles).
A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.