
Les remarques de forme d’abord, il s’agit là d’un bel « objet » : couverture en papier épais, papier glacé a l’intérieur (on est loin de l’aspect cheap des vieux Hard Luck) et surtout reliure digne de Castorama (j’en dis pas plus).
Graphiquement le superbe dessin de Ambre évoque Vanoli par le non respect des perspectives et la caractère fouillé des dessins. Néanmoins Ambre a une patte personnelle facilement reconnaissable et même si ici le dessin est moins léché que dans le dernier Hard Luck, le travail de découpage et de mise en scène reste impressionnant d’originalité et d’efficacité.
L’histoire tient sur un ticket de métro (une balade en voiture vers un lieu étrange par un jour pluvieux) mais là n’est pas l’objet de cette oeuvre. Ce récit autobiographique est axé sur les ambiances et le ton est donné dès le début par une préface/introduction écrite de Lionel Tran au style nerveux et haché ... on sent la tension monter mais on ignore pourquoi (on le saura jamais d’ailleurs). Le voyage en voiture est une calamité (gène et silence) et le malaise augmente pour finir en une apothéose lugubre et irrationnelle sur l’étrange lieu (de pèlerinage ?).
Mais que se passe t-il ? Rien ! Sinon que les personnages agissent bizarrement et que le héros (Lionel Tran lui même) se paye un délire proche de l’angoisse. Mais non, il ne se passe décidément rien et l’étrange procession refait le chemin en sens inverse pour revenir à Lyon ! Ce récit est un vrai plaisir pour ceux qui aiment les ambiances étranges et torturées ... les autres trouveront l’exercice fade et vide.
Une question d’ordre pratique me taraude cependant : Ambre dessine, Lionel Tran raconte mais tous deux ont participé à l’expédition. La réalisation de cette BD basée uniquement sur les sensations a du demander une drôle de collaboration ... Ambre a t-il participé au scénario ? A -t-il seulement ressenti le même genre d’angoisse que Lionel Tran ou a-t’il juste trouvé cette soirée bizarre ? Autant de questions qui resteront sans réponse.
A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.