
J’ai un petit peu regardé ce qu’avait fait ce jeune auteur avant Plaisir de myope. C’est très moyen. Beaucoup de couleurs, un peu n’importe comment. Des personnages assez peu crédibles. Plutôt mal dessinés. Rien à voir avec la précision admirable d’un Jean Graton, ni avec la truculence bonhomme d’un Morris. Enfin, la bande dessinée a ses périodes un peu rock’n roll, à nous de nous y faire ...
Mais franchement, le dernier, là, je ne vois pas. Rien qui se tienne. Pas d’histoire suivie. Des décors à peine esquissés, qui changent tout le temps — et encore, quand il y a des décors ! Parce que la plupart du temps, rien ! Les personnages sont posés sur la page comme ça, même pas finis, un bout de bras, deux traits pour faire un visage, un vague costume, et hop !
Parlons-en, d’ailleurs, des personnages : jamais à la même taille, presque toujours esquissés plutôt que dessinés, on ne les reconnaît même pas d’une page à l’autre (alors que, tout de même, c’est le b-a ba ...). Il y a de tout ! Des vieux, des jeunes, des femmes, des enfants, des chiens, des rues de villes qui n’existent même pas, des voitures, des véhicules encore plus improbables ...

Et puis en plus, vraiment, je l’ai relu six fois : pas moyen de savoir de quoi ça peut bien vouloir parler. C’est bien simple : l’éditeur, là, ce Monsieur Cornélius, eh bien il aurait aussi vite fait d’éditer les carnets de croquis de son client, ça ne serait pas plus brouillon. Je vais vous dire : je crois bien que certaines pages ne sont même pas encrées !
C’est comme l’autre, là, ce Blouche, ou Blotche, dans la même collection. Des gribouillis, tout ça. Des marges. L’enfance de l’art.
PS : sérieusement, il faudrait dire aux gars de chez Cornélius que s’ils éditent ce genre de sketch-book uniquement pour rendre jaloux les gens qui ne savent pas dessiner, ben c’est gagné.
A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.