
Sattouf est le fils du couple Lauzier et Cabu. De ce dernier il poursuit les aventures du grand Duduche, devenue jeune adulte, plus si grand que ça et s’appelant Jérémie. Du premier il continue la vision ironique, caustique mais drôle de la comédie humaine immédiate et actuelle.
L’émancipation de Sattouf vient de la mise en situation de son double, artefact de dessin aux aventures faisant des livres. Là où Cabu se limite à être narrateur de carnets de voyages, Sattouf devient personnage de bande dessinée, intrépide reporter sans houppette — plutôt la coiffure de Charlot d’ailleurs — ayant vu New York pour Libé et l’interlope parisien pour Bang.
Là, l’intrépide Sattouf va visiter une collège parisien, un des « meilleur » et des plus chic. Dire que cela focalise les fantasmes sur l’argent, les ado prescripteurs de mode, etc., pour qu’Hachette puisse lancer une nouvelle collection copiant méchamment le façonnage des livres de Cornélius, tout en espérant le succès de Persépolis serait réducteur, mais pas tant que ça.
Bon, c’est un peu méchant car en même temps y’a du sincère dans ce livre. Car Riad Sattouf a été traumatisé par le collège !!! Heureusement ce n’était pas la bite au cirage, ni les tournantes. Mais quand même ça le réveille la nuit et lui fait des poches sous les yeux.
Pour exorciser, il a l’idée de faire un livre reportage, proposé à Hachette qui voulait justement lancer la collection « fouine illustrée ». [1]
Comme dans un vrai reportage télévisuel tout est « flouté » (« nom et physionomies transformées »), seuls les « happy few » se reconnaîtront. Les autres se diront « c’est pas une réédition ? » Car oui curieusement on a l’impression d’avoir déjà lu ce livre dans les autres albums de l’auteur.
En soi c’est pas banal, une vraie performance même. Mais peut être retrouvons-nous là, à l’échelle d’une œuvre, les mécanismes psychologiques propre à la bande dessinée et si bien signalés par Benoît Peeters, qui font croire à des millions de lecteurs de Tintin au Tibet qu’ils ont bien vu tomber le capitaine Haddock de l’escalier d’embarquement ?
Bon c’est encore un peu méchant car y’a de très bonnes pages dans ce livre. La plupart sont celles où l’auteur et son ironie de lui-même sont absentes, où le regard aiguisé par un noir et blanc efficace frise l’anthropologie, devient reportage, témoigne, dialogue et où le sujet de reportage est vraiment le sujet. Au-delà le tout est un peu prétexte, semblant même insincère par le contexte éditorial.
[1] P’tain les hasards dés fois, c’est fou.
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#01
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"pour qu’Hachette puisse lancer une nouvelle collection copiant méchamment le façonnage des livres de Cornélius, tout en espérant le succès de Persépolis serait réducteur, mais pas tant que ça."
Trop facile, monsieur B.
Soit le "méchant" éditeur a bien cette intention et dans ce cas quid de l’auteur ?
1 > Il ne voit rien de tout ça et le voilà soudain bien plus naïf que votre brosse ne le laisse voir.
2 > Il s’en fout (mais touche son chèque Hachette) et dans ce cas a une certaine complicité que votre brosse oublie.
Soit votre critique à l’égard d’Hachette n’a pas lieu d’être hormis une vague mode qu’il fait toujours bon ton de porter.
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par 6P. le 14 septembre 2005
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#02
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Je trouve "retour au collège" bien différent des autres Sattouf, plus tendre, quelque part, l’auteur commence à faire la paix avec son adolescence, il peut la regarder avec plus de distance. Alors ce livre, me semble-t-il, n’était pas inutile et rattrape "no sex in new york" qui était vraiment
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par John Owl le 3 octobre 2005
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#03
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par # le 16 octobre 2005
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#04
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Pourquoi est-on aussi déçu par la lecture de ce prometteur Retour au collège ? La désagréable impression de ne lire qu’une longue préface à un projet avorté par les faits ? Cette BD du réel ne fait que 90 pages, dont 20 avant de rentrer au coeur du sujet, la classe de collège. Les élèves n’ont pas le temps d’exister, on ne les voit que dans leur squelette de personnage potentiellement passionnant... Aussitôt qu’on se familiarise avec eux, l’album est déjà fini et l’avatar de l’auteur s’enfuit en courant, en soufflant et transpirant à grosses gouttes, comme soulagé, mais le résultat de son travail est surtout frustrant... Il manque au moins 100 pages à son livre...
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par Depil le 17 octobre 2005
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#05
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Il est vrai que j’ ai passé un bon moment devant cette BD ou je n’ ai eu guère le temps de m’ ennuyer mais j’ ai toujours ce sentiment amer qu’ on déposséde les personnages d’ une part d’ eux. On ne les voit que lors d’ anecdotes sélectionné par l’ auteur, certes marrant mais les conversations relevées sont souvent les plus extrémes.
On ne voit que leurs discussions vaseuses et autres.. Cela n’ est pas justifiable...
La BD est trop courte.
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par Vanveji le 22 décembre 2005
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>05
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Oui, malheureusement, apres avoir lu cette BD, c’est ce sentiment qui predomine. Pourquoi, a chaque fois que Sattouf introduit un personnage, il le lache aussitot pour se tourner un peu au hasard vers un autre personnage. Des pages intercalees semblent manquer. Riad a l’air de partir un peu dans tous les sens sans vraiment reussir a attraper de fil logique. A chaque fois qu’on voudrait explorer un personnage, on s’en ecarte aussitot et reste une impression de superficialite. C’est dommage car le projet partait d’une bonne idee. Autrement le dessin est tres bon mais je le repete : trop, vraiment trop court. Comme si Riad avait ete presse par le temps ou impatient de sortir ce livre.
par Benjamin le 16 juin 2006
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Alors que la rentrée approche, un petit coup de rattrapage sur les différents prix décernés outre-Atlantique par nos amis américains, où l’on découvre des catégories aussi originales qu’excitantes — il faut avouer qu’entre “Best Biographical, Historical or Journalistic Presentation”, “Best U.S. Edition of International Material — Asia” ou encore “Best Previously Published Graphic Album”, on ne sait que choisir. Voici donc les résultats des Eisners (décernés le 23 juillet), les lauréats des Harveys (annoncés le 29 août), et les nominations des Ignatz (à venir pour le 11 septembre). En résumé : Asterios Polyp, The Walking Dead et CHEW ont gagné plein de babioles, et la sélection des Ignatz est (comme souvent) de haut vol. Voilà pour le cru 2010 — l’année prochaine, ça recommence.
L’auteur d’American Splendor et l’une des figures emblématiques de l’autobiographie en bande dessinée, Harvey Pekar s’est éteint hier à 70 ans. Il laisse derrière lui son « grand œuvre », chronique personnelle illustrée tour à tour par R. Crumb, Spain Rodriguez ou encore Joe Sacco, entre autres noms remarquables. En 2003, il avait été incarné à l’écran par Paul Giamatti.
Aux flâneurs de la capitale réfractaires aux sirènes du ballon rond, les jours qui viennent s’annoncent riches en horizons à explorer. Pour commencer, Thomas Ott s’expose du 11 juin au 17 juillet à la Galerie Martel (17 rue Martel dans le 10e). Ensuite, histoire de continuer à célébrer les XX ans de l’Association, Benoît Jacques prend la suite de Nine Antico et de Grégoire Carlé et « s’installe » du 15 juin au 17 juillet à Super-Héros (175 rue St Martin dans le 3e). Enfin, on pourra aller admirer le travail de Dominique Goblet & Nikita Fossoul et Aurélie William Levaux du 18 juin au 18 juillet au Monte-en-l’Air (71 rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare dans le 20e).