
Ego comme X poursuit imperturbablement l’édition de ses œuvres autobiographiques qui ont fait sa reconnaissance depuis le Journal de Fabrice Neaud. On l’a souvent dit, le genre autobiographique, lorsqu’il devient systématique, peut parfois agacer, et ces dernières années ont connu une réelle prolifération de journaux intimes, de souvenirs d’enfance, de récits de voyage, comme si c’était là l’ultime horizon de la nouvelle bande dessinée d’auteur.
Alors, Le val des ânes, récit d’une enfance à la campagne, sera-t-il un énième récit autobiographique, que nous lirons d’un œil distrait, partagé entre le baillement sans surprise et l’irritation du déjà vu ?
Eh bien non, et c’est la grande qualité de Matthieu Blanchin, qui réussit le tour de force de captiver l’attention du lecteur avec des petites histoires d’enfance pourtant ni extraordinaires ni particulièrement poignantes. Blanchin raconte simplement quelques souvenirs de quand il était gamin, et qu’avec ses deux frères, ils allaient voler des pommes chez le voisin, ou jeter des pétards sur les dindons, ou partaient en colonie de vacance.
Mais le ton est toujours juste, sans attendrissement excessif, sans complaisance ou nostalgie déplacée. C’est même la relative cruauté des histoires qui fait mouche : cruauté envers un petit frère, éternel souffre-douleur , cruauté de petits garçons qui ont toute une campagne pour l’exercer. Alors bien sûr, on n’est pas obligé de se retrouver dans cette violence enfantine, mais elle ne nous est jamais vraiment complètement étrangère, et c’est finalement ce qui fait que nous adhérions complètement au pacte autobiographique, nous immergeant dans ces impressions d’enfance, si bien rendues par le dessin maladroit et vivant de Blanchin.
A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.