
Ego comme X poursuit imperturbablement l’édition de ses œuvres autobiographiques qui ont fait sa reconnaissance depuis le Journal de Fabrice Neaud. On l’a souvent dit, le genre autobiographique, lorsqu’il devient systématique, peut parfois agacer, et ces dernières années ont connu une réelle prolifération de journaux intimes, de souvenirs d’enfance, de récits de voyage, comme si c’était là l’ultime horizon de la nouvelle bande dessinée d’auteur.
Alors, Le val des ânes, récit d’une enfance à la campagne, sera-t-il un énième récit autobiographique, que nous lirons d’un œil distrait, partagé entre le baillement sans surprise et l’irritation du déjà vu ?
Eh bien non, et c’est la grande qualité de Matthieu Blanchin, qui réussit le tour de force de captiver l’attention du lecteur avec des petites histoires d’enfance pourtant ni extraordinaires ni particulièrement poignantes. Blanchin raconte simplement quelques souvenirs de quand il était gamin, et qu’avec ses deux frères, ils allaient voler des pommes chez le voisin, ou jeter des pétards sur les dindons, ou partaient en colonie de vacance.
Mais le ton est toujours juste, sans attendrissement excessif, sans complaisance ou nostalgie déplacée. C’est même la relative cruauté des histoires qui fait mouche : cruauté envers un petit frère, éternel souffre-douleur , cruauté de petits garçons qui ont toute une campagne pour l’exercer. Alors bien sûr, on n’est pas obligé de se retrouver dans cette violence enfantine, mais elle ne nous est jamais vraiment complètement étrangère, et c’est finalement ce qui fait que nous adhérions complètement au pacte autobiographique, nous immergeant dans ces impressions d’enfance, si bien rendues par le dessin maladroit et vivant de Blanchin.
Figure emblématique du New Yorker (auquel il collabora pendant presque soixante ans), Saul Steinberg est un génie déterminant de l’illustration et du dessin. Evénement rarissime, la rétrospective itinérante Saul Steinberg : Illuminations prend résidence du 6 Mai au 27 Juillet dans les murs de la fondation Henri Cartier-Bresson, à Paris. L’occasion de (re)découvrir toute l’étendue d’un talent multiforme.
L’édition 2008 de Périscopages (« septièmes rencontres de la bande dessinée d’auteur et de l’édition indépendante ») se tiendra à Rennes du 16 Mai au 8 Juin 2008. Invités de marque au programme, Benoît Jacques, Nylso, Alice Lorenzi, le collectif Misma et Vincent Fortemps qui auront tous droit à une exposition et des rencontres — ces dernières s’inscrivant dans le cadre des deuxièmes assises de la bande dessinée indépendante, entre le 4 et 7 Juin.
Montrée à plusieurs reprises dans des festivals prestigieux, la superproduction des Requins Marteaux Entre 4 planches est désormais visible sur Internet. Un récit doublé d’une fable sociale, tour à tour poignant, haletant et inquiétant dans les coulisses de l’industrie de la bande dessinée, un monde décidément sans pitié. Quand le septième art rencontre le neuvième, ou l’inverse.