La Vie Secrète des Jeunes de Riad Sattouf
En français Publié chez L’Association
Chroniqué par Julien Bastide, Loleck en novembre 2007

« Mange ta soupe ou Riad Sattouf va venir faire ton portrait ! »

Telle est la menace qui pèse désormais sur la jeunesse de France (ou plutôt d’Ile de France, nous y reviendrons), depuis la parution de La Vie Secrète des Jeunes, recueil des chroniques que l’auteur de Pascal Brutal livre chaque semaine dans Charlie Hebdo.
Une réussite incontestable sur le plan formel : Sattouf est un caricaturiste de génie et l’auteur de ces lignes tremble lui aussi à l’idée de se voir un jour croqué par ce digne héritier de Daumier, dont la méthode consiste à amplifier les imperfections physiques de celles et ceux qui ont eu le malheur de croiser sa route. Avertissement aux lecteurs de du9 : évitez désormais le secteur de la Place de la République à Paris, sous peine de finir un jour laids à pleurer dans les pages de Charlie hebdo...
Autre talent de Sattouf : celui de retranscrire à la perfection les échanges verbaux auxquels il a assisté, car tout, dans ces chroniques, est certifié véridique, et les lecteurs qui en doutent ne doivent pas souvent sortir de chez eux ou habiter au fin fond de la Creuse... Il soumet ainsi la langue française à une torture quasi-intolérable, afin de lui faire épouser au plus près les nouveaux modes de communication issus de la culture « djeuns », ou pire, de montrer l’incapacité de certains purs produits de l’échec scolaire à s’exprimer autrement que par des borborygmes.

Sur le fond par contre, La Vie Secrète des Jeunes peut laisser un arrière goût amer. Passée la première réaction — un mélange de colère face à la bêtise humaine ainsi étalée page après page et d’hilarité, car l’auteur excelle à transcender cette bêtise avec humour — une impression désagréable saisit le lecteur qui n’aime pas être conforté dans ses préjugés. La jubilation ressentie face à ce recueil n’aurait-elle pas quelque chose de malsain ?
En effet, La Vie Secrète de Jeunes aurait dû s’intituler « la Vie secrète des racailles et des bourges parisiens », dans la mesure où ce sont ces deux catégories socio-économiques qui font majoritairement les frais de la plume sans pitié de Sattouf, ainsi renvoyées dos à dos. Ce qui n’est pas condamnable en soi, et même plutôt courageux, car la bonne conscience de gauche interdit en général de se moquer de la première catégorie, sous peine de se voir taxer de racisme. Sattouf fait ainsi en creux le portrait d’une capitale qui se vide de sa classe moyenne, dont il se fait le défenseur, frappant (fort) en haut et en bas de l’échelle sociale, pour le plus grand bonheur de ceux qui se situent au milieu, trouvant là un exutoire désopilant à leurs frustrations...
Il serait sans doute injuste de taxer l’auteur de démagogie, tant sa démarche semble sincère, mais on s’interroge sur la postérité de ces chroniques, peut-être condamnées à devenir totalement illisibles d’ici une vingtaine d’années, à l’instar de la production de Cabu des années 70, car trop ancrées dans l’air du temps. On signalera aussi que La Vie Secrète des Jeunes est à consommer à petite dose, et impose aux lecteurs de se confronter aussi au réel, sous peine de devenir prématurément des vieux cons.

[Julien Bastide]

Dans la vague des Carnets, des croquis de voyage, ou des esquisses des grands reporters, on a découvert que le dessinateur de bandes pouvait jouer à l’observateur objectif. Publiées dans Charlie Hebdo, les planches de La vie secrète des jeunes s’inscrivent dans cette tradition du reportage socio-politique décalé et ironique. Le dessinateur se fait naturaliste, botaniste, entomologiste ; il veut se donner le regard extérieur et neutre du savant en vadrouille, carnet à la main comme d’autres une loupe ou un filet à papillons. Il faut imaginer Riad Sattouf en Buffon, manches en dentelle et tricorne de travers, herborisant ses portraits de la jeunesse urbaine comme le comte classait ses collections personnelles dans son château de Montbard. Le parallèle n’est pas inventé : l’auteur lui-même renvoie dans son prologue à la Vie secrète des bêtes, collection de Hachette Jeunesse éditée dans les années 70-80, et il insiste beaucoup sur le caractère authentique et non modifié de ses observations.

Mais bien sûr, c’est une image d’Epinal. Le dessinateur est un embedded reporter, et il ne promène sur son siècle un regard si acide que parce qu’il est toujours un peu autobiographique. Cette autobiographie fonde le pacte de lecture du recueil de Sattouf : les jeunes, ce sont les sujets du livre, mais selon un principe de connivence infinie, les jeunes, ce sont aussi l’auteur et le lecteur, et les scènes de la vie secrète des jeunes sont des petits tableaux moraux, dans lesquels la subjectivité de l’auteur — et du lecteur — est sans cesse à l’œuvre.

De ce point de vue, c’est une réussite : un travail pas objectif du tout, puisqu’il faut composer les scènes pour qu’elles cadrent dans la page, mais une forme de témoignage terriblement efficace, puisque ce cadrage impose une grande acuité dans l’observation et la sélection des traits humains qu’on met en avant. Portrait-charge, ou document d’époque : la (fausse) neutralité devient une (vraie) démonstration de la misère humaine. Ce n’est plus le naturaliste, c’est le moraliste qui peint alors les traits de son époque, les grossit, les noircit, en souligne les ombres les plus sordides. Après Sattouf en Buffon, Sattouf en Pascal ?

Oui. Pascal dans la dureté des traits, dans la brutalité d’une peinture qui traque les petites difformités de l’âme et du corps pour les grossir. Sattouf fait avec les comportements la même chose qu’avec les boutons, les dents de travers et les fautes de syntaxe. Il zoome. Il théâtralise. Il se vautre dans la misère humaine avec de la jubilation, de l’acidité, et un zeste d’effroi, parce que ces « jeunes » ne constituent pas une génération mais une attitude collective (très vite, la cohésion générationnelle des « jeunes » que décrit Sattouf s’estompe, au profit d’une cohésion morale : c’est un ensemble de comportements convergents qui intéresse l’auteur, au-delà de l’âge réel des protagonistes, qui est secondaire). Le naturaliste se rêvait en observateur détaché : le moraliste, lui, sait qu’il est cerné par les cons, et le rire qu’il suscite chez son lecteur est toujours doublé d’une sourde inquiétude. Ecce homo, et c’est pas glamour.

Alors l’observateur s’investit : Sattouf devient son propre personnage, se représente en dédicace, dans la rue, chez lui, héros de certaines de ses propres histoires. Ce n’est pas seulement une façon de rentrer dans le champ de son propre objectif, pour glisser de la chronique de mœurs à l’autobiographie : c’est aussi une manière de se débattre avec la vérité, et il faut prendre cette idée très au sérieux. Les questions que pose La vie secrète des jeunes sont des questions théâtrales et grinçantes, qui concernent le type de vérité qu’il est possible d’atteindre sur la vie et les mœurs des individus avec lesquels nous cohabitons dans cette société. Le malaise diffus que Sattouf s’ingénie à produire, servi par la lisibilité toujours aussi remarquable de son trait, retrouve le goût étrange de la prophétie noire qu’illustre son Pascal Brutal dans Fluide Glacial.

Après le naturaliste et le moraliste, vient le prophète : Sattouf en Philippulus, sonnant le toscin des mœurs, et montrant sans masque une vraie rupture, plus profonde que toutes les proclamations médiatiques auxquelles on tâche de nous accoutumer ces temps-ci. Une rupture faite de télé à haute dose, de consommation de masse, de destruction du langage. Sattouf-le-prophète diagnostique la destruction de cette « common decency » dont parlait Orwell. C’est presque bizarre, finalement, pour une chronique de Charlie : on se dit, en lisant certaines de ces planches, que ç’aurait pu être scénarisé par un pamphlétaire de gauche, à la Michéa, comme de droite, à la Soral. C’est comme ça, et c’est le destin des moralistes que de devoir, par souci de la véracité de leurs portraits, ignorer les positions partisanes et idéologiques. De ce point de vue, en tout cas, Sattouf va plus loin et fait plus fort que les bandes « engagées » de Luz ou de Charb. Si c’est là l’ambition que Charlie Hebdo entend défendre pour le reportage dessiné, c’est une bonne nouvelle.

[Loleck]

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8 RÉACTIONS
#01
Vie secrète des jeunes, La

Excellent commentaire de l’œuvre. Très pertinent et surtout très complet.

De plus, ce livre est vraiment bon, l’un des meilleurs de l’année selon moi. L’ambiguïté de son regard est ici intacte, et vous le notez parfaitement dans cette critique, très habile à séparer les divers courants qui habitent sa pensée.

Je suis juste en retrait sur votre comparaison avec Pascal Brutal. A AAAPOUM, en discutant avec mes camarades, on est tous plus ou moins tombé d’accord pour penser que Sattouf abandonne tristement cette ambiguïté à partir du second tome. C’est pour cela que ce dernier semble beaucoup moins bon. De la critique sociale , il est passé à la fascination pour le personnage. La dénonciation a totalement disparu et une forme d’admiration distante porte désormais son héros. Comme si le jeune membre du club des pédés fasciné par les durs de sa cours d’école ressortait du passé, comme le diable de sa boite, pour animer la main de R.S adulte. LOngue vie à DU9

par S. du aaablog le 2 novembre 2007 | Répondre à ce message
#02
Vie secrète des jeunes, La
J’en parlais hier soir en lisant son dernier opus dans charlie… Je disais il va peut-être se décider à en faire une bd et voilà ! Je suis contente ! !
par cécile le 16 novembre 2007 | Répondre à ce message
#03
Vie secrète des jeunes, La

Je suis en train de dévorer ce livre et je découvre une facette de Riad Sattouf que je ne connaissais pas : un très grande sensibilité. Autant certaines pages sont bien graveleuses, voire un peu grasses (ce qui n’est pas pour me déplaire !), autant certaines sont carrément touchantes, voire tristes, comme celles rapportant des scènes mère-enfant, où le mère mérite franchement une bonne paire de baffes.

Excellent également quant il raconte des scènes qu’il a lui-même vécues, on a peu l’impression d’être en caméra subjective ou d’être dans sa peau, le temps d’une planche.

Il fait montre également d’un très grand sens de l’observation, certaines planches rappellent « No Comment » d’Euronews, des scènes absolument consternantes, simplement rapportées, sans commentaire, sans jugement…

Bref, avec ce recueil, je (re)découvre Riad Sattouf, qui est pour moi passé au rang de très grand, longue vie à lui !

par Robert le 29 novembre 2007 | Répondre à ce message
#04
Vie Secrète des Jeunes, La

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec la lecture socio-positionnelle que vous proposez. Pas tout à fait d’accord parce qu’elle occulte une plus grande diversité de ces planches. Un des intérêts du travail de Sattouf, dans Retour au collège notamment comme dans cet ouvrage, est de faire des portraits de jeunes (ou moins jeunes) qui agissent, parfois jusqu’à la caricature, en décalage ou en opposition avec les portrait classiquement attachés à leur positionnement socio-économique.

Ces portraits décalés ne sont certainement pas la majorité mais ils ont une place importante dans la réflexion que porte Sattouf. Ils laissent planer sur certaines planches une incertitude qui est celle de l’observateur. Ce dernier ne peut se fier pour comprendre objectivement la scène qu’à un style vestimentaire, un phrasé et un ton (très bien rendu par Satouff), des réactions immédiate non contrôllées, l’apparition dans tel quartier et/où tel lieu de l’évènement etc.

Ils introduisent un questionnement sur les pratiques de mise en scène de soi et des autres, comme individus, sur le terrain de l’interaction située où l’immédiateté prîme sur la réflexivité. Ceci est très bien rendu par les planches où l’auteur présente des lecteurs qui n’y croit pas et qui, dans l’instant, assistent ou agissent eux-mêmes de telle manière qu’ils deviennent sujet et témoin dans une nouvelle planche.

De manière générale je suis d’accord avec l’idée que Satouff défend une classe moyenne contre des extrêmes, mais ce serait peut être en tant que style de vie et de relation, en tant qu’elle est une pratique des relations, qu’il la défend.

Enfin une lecture trop strictement socio-positionnelle vous fait passer à coté d’un autre type de jeune qui fait les frais de nombreuses pages : ces jeunes souvent habillés en treillis large et qui vont du "teufeurs" bourgeois aux jeunes couples de sdf avec leur chien.

Bref je trouve qu’à une intellegibilité socio-positionnelle (la différenciation économique sur un mode d’intelligibilité statistique) de ces planches il faut en ajouter une qui concerne l’interaction située et la technique, plus ou moins incorporée, de mise en scène de soi (et éventuellement son ratage), de réflexe et de réflexivité, sur l’espace public physique.

Satouff nous montre en situation au moment où nous controllons difficilement, voir pas du tout, les yeux qui regardent l’image de nous mêmes. Cette image est souvent inconciliable avec la manière dont nous nous représentons dès que nous nous arrachons à l’immédiateté de l’interaction pour nous concevoir comme des individus rationnels, réflexif et séparés du monde.

Sattouf montre l’action et l’interaction comme évènement physique descriptible objectivement. Sa subjectivité est évidémment toujours présente (mais aussi intelligible) mais en choisissant de tels scènes il s’efforce de présenter au lecteur un matériel qui n’appelle pas nécessairement (pas systématiquement plutôt) une intellegibilité qui substituerait à la variété des modes de compréhension des interactions, la compréhension de raisons d’agir économiquement différenciées.

Nos raisons d’agir (économiquement différenciées ou autres) semblent actuellement plus individualisées et elles sont difficilement connaissable, d’un point de vue strict, par l’observation de l’action immédiate. Les comportements ne sont pas strictement réductible à des positionnements socio-économique même si l’interaction (envisagé comme économie positionnelle des biens symboliques) en radicalise souvent la représentation. Avec sa démarche d’observation et la variété des situations décrites, Sattouf arrive à mettre en avant ces questionnements tout en exposant sa compréhension des pratiques sur le mode essentiel et incontournable de la différenciation économique, et tout en exposant, par ses choix, sa subjectivité (elle-même relative à un positionnement et une pratique de la rue).

par P le 23 décembre 2007 | Répondre à ce message
#05
Vie Secrète des Jeunes, La

Sattouf ne montre pas seulement tel racaille violente ou tel bourgeois cynique. Ils nous montre aussi tels racailles qui habitent peut être (mais peut être pas) dans le 6° arrondissement et qui s’écrase devant quelqu’un qui lui répond. Tel videur écrasé par le cynisme écoeurant d’un bourgeois qui se sent fort au milieu des siens. Tel racaille sermonné par sa mère sur le quai d’un métro etc.

Et on peut remarquer que les agissement de racailles sont observées dans des situations où il y a une granve variété de gens alors que les bourgeois en actions de cynisme et d’insulte le sont avant tout dans des milieux où il n’y a pas ou peu de risque de perdre le contrôle de sa représentation (au milieu du public de Rolland Garros, devant une boite branchée en situation de client tout puissant etc.).

Ce fait en dit long aussi sur les différentes manières dont on se représente au sein des situations quotidiennes. Sur la géométrie variable des frontières entre privé et public. Sur la manière dont nous nous représentons face aux autres, dont nous assumons une image et une intellegibilité sociale de notre personnage.

Penser la situation, le cadre de l’action, est intéressant car Sattouf n’a pas un accès symétrique aux situations dans lesquelles se trouvent quotidiennement les différents personnages qu’il observe. D’une part il observe dans les lieux qu’il fréquente, dans l’espace public et d’autre part il observe dans Paris, cette ville traversée par toute la banlieue. La lecture de chaque planche vaut d’être accompagné d’une réflexivité sur la situation, le cadre spécifique (café, ligne de métro n°, boite, rue, arrondissement, contexte de la vie politique du pays, etc.) au sein dusquel se passe l’évènement.

Et ses portraits entraîne aussi une réflexion sur la manière (consciente ou inconsciente, réussi ou non) de tenir son personnage, de se représenter, de se légitimer (souvent par la violence verbale qu’elle soit insulte de racaille ou sûreté arrogante de bourgeois) et à dominer ou s’effacer, au sein d’un espace où tout le monde peut voir tout le monde et où l’action n’a que rarement le temps de la réflexion.

par P le 23 décembre 2007 | Répondre à ce message
#06
Vie Secrète des Jeunes, La
C’est un peu dommage aussi de ne pas intégrer les planches qui s’appuie sur une observation des enfants. Elle change de nombreuses bande dessinée qui reconstruisent le comportements des enfants avec un regard d’adulte.
par P le 23 décembre 2007 | Répondre à ce message
#07
Vie Secrète des Jeunes, La
Je ne lis jamais de bédé mais celle-ci m’a plu par son caractère sociologique. Sattouf a vraiment l’art de capter des petites scènes de la vie quotidienne qui en disent parfois long sur l’état de notre société. J’ai été frappé en particulier par les anecdotes qui impliquent les "jeunes de banlieue" : langage ordurier, insultes gratuites, agressions physiques... On a presque du mal à y croire quand on ne vit pas tout cela au quotidien.
par toinus le 28 décembre 2007 | Répondre à ce message
>07
Vie Secrète des Jeunes, La
En même temps tout le monde est prêt à croire Sattouf, de l’alsacien spectateur de TF1 aux banlieusards eux-mêmes. Cela veut juste dire que son point de vue est assez consensuel, colle au cliché, tout en étant bien raconté (on souscrit à ce qui est bien raconté, ce qui structuré, pas à ce qui est vrai). Est-ce qu’il est sociologiquement juste pour autant ? Quel est le degré de reconstruction du réel, voire d’invention ? Quoi qu’il en soit, ce "Strip-Tease" en bd reste léger et distrayant, donc assez agréable.
par Jean-No le 28 décembre 2007 | Répondre à ce message
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3 juillet 2009
Juste à temps pour l’été, ego comme x vient de lancer la nouvelle version de son site. Pas mal de lecture en perspective, puisque plus qu’un simple catalogue en ligne, l’éditeur propose une sélection de textes et d’entretiens de ses auteurs, et met à disposition de l’internaute curieux un certain nombre d’ouvrages — titres épuisés, livres hors commerce ou plus simplement récits que leur auteur souhaite rendre accessible au plus grand nombre. Belle initiative.
X-Factor
3 juillet 2009
Le mois de Juillet commence, et c’est avec un sens de l’à-propos remarquable que la Xeric Grant dévoile sa promotion « Spring 2009 ». Les heureux lauréats sont donc :
- Joe Boruchow, pour Stuffed Animals : A Story in Paper Cutouts ;
- Adam Bourret, pour I’m Crazy ;
- Timothy Godek, pour  ! ;
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Talents à suivre.
C’est leur choix
2 juillet 2009
Juste avant les vacances, l’ACBD vient de frapper deux fois. Tout d’abord, avec sa liste de 20 indispensables pour les grandes vacances — car « Le 21 juin, c’est l’été : lisez des BD ! »). Miracle des dates de sélection, on retrouve en lice pour le prix 2009 des titres sortis en 2008 et déjà présents dans la Sélection Officielle d’Angoulême — dont le Pinocchio de Winshluss, dont on soupçonne fortement qu’il doit uniquement sa place au prix reçu en Janvier dernier.
Ensuite, l’ACBD profite de Japan Expo pour annoncer son prix « Asie » décerné au Undercurrent de Toyoda Tetsuya, ainsi consacrée meilleure publication d’origine asiatique des douze derniers mois, avec une liste de lecture d’une quinzaine de titres complémentaires.
Peu importe qu’il manque dans ces sélections certains livres incontournables — comme l’anthologie Bitterkomix ou L’Enfer de Tatsumi, pour n’en citer que deux. Les 74 membres actifs ont voté, weeeee ! Morale de l’histoire : « Pas de SP, pas nominé » ?
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