Vues Ephémères - Janvier 2008
Humeur de Xavier Guilbert en January 2008
La tentation du livre

«La surproduction, c’est les autres.» C’est un peu ce que l’on pourrait ironiser chaque fois qu’un éditeur vient se plaindre de l’escalade du nombre de sorties, année après année, sur le marché de la bande dessinée — sans mentionner son propre rôle dans la course à l’armement. Mais voyez-vous, il faut bien occuper la place, soutenir son chiffre d’affaire dans une économie où les ventes au titre diminuent, et enfin se jeter comme un seul homme sur la moindre opportunité en espérant qu’elle délivre son best-seller. Dans cette course en avant qui atteint des sommets, les grands éditeurs ne se posent plus la question de savoir si oui ou non, tel ou tel livre est nécessaire pour le lecteur. Il lui suffit d’être nécessaire dans leur «business plan», indispensable à leur «P&L», essentiel pour leur chiffre d’affaire.

L’an dernier, au Festival d’Angoulême, le Président Trondheim avait inauguré les «24 heures de la bande dessinée», décalque de la performance des «24-hour comics» américains, où des auteurs se lancent dans la création d’un récit de 24 pages en 24 heures. Une performance que l’on pouvait heure après heure sur le site correspondant, découvrant au fil du temps la progression des uns et des autres. L’aspect événementiel et spectaculaire passé, le résultat final était loin d’être inoubliable. Et pourtant, voilà que Lewis Trondheim (dans son rôle de directeur de collection chez Delcourt) publie Boule de Neige, recueil de neuf des participations jugées les meilleures. Et de conclure sa préface en précisant que l’objectif était «de laisser une trace plus durable, parce que internet, c’est très bien, mais les livres, c’est très mieux.» [1]

On peut bien imaginer le dilemme devant lequel se trouve aujourd’hui Lewis Trondheim: auteur prolifique et largement reconnu (au même titre que Joann Sfar), Trondheim est arrivé à un stade où tout ce qu’il produit est sinon de l’or, du moins l’assurance d’un certain succès. Quand on se met à publier vos carnets de croquis quasiment tels quels, et que le public en redemande, il reste de moins en moins d’idées que l’on peut juger indignes de connaître le sacre du livre.
Le problème devient plus aigu encore lorsque l’on porte aussi la casquette de directeur de collection chargé de faire fructifier cette dernière — surtout quand l’on entend évoquer qu’en dehors de deux noms (le sien et celui de Joann Sfar), les ventes ont plutôt du mal à décoller. Alors, on se retrouve à devoir racler les fonds de tiroir (parfois virtuels) et jouer les locomotives commerciales pour un Shampooing quelque peu à la traîne.
Ainsi, on notera la sortie récente (toujours chez Shampooing) du Nico Shark de Frantico. Composé au jour le jour, en prise/réaction directe aux déclarations et images du mois de Mai de l’année passée, les strips du web se retrouvent agrandis pour occuper les pages de ce petit livre cartonné et coloré, au prix pas si petit que ça (7.95€ quand même). A nouveau, ce qui pouvait être pertinent dans l’immédiateté du blog (dessiné ou pas) ne l’est plus dans le cadre du livre, et au-delà des éventuelles interrogations sur l’identité de l’auteur, c’est encore la même question qui se pose — avec plus d’acuité encore pour ce projet avorté, abandonné brusquement comme on lâcherait un jouet — était-il vraiment indispensable de le transposer du web à l’imprimé?

Je ne voudrais pas donner ici l’impression de chercher à intenter un procès en règle à Lewis Trondheim — après tout, il est loin d’être le seul à avoir choisi de publier en livre le contenu de «blogs BD». [2] Mais il faut reconnaître que sa formule («internet, c’est très bien, mais les livres, c’est très mieux») est maladroite, et qu’elle est symptomatique d’une certaine mentalité clamant sinon la supériorité, du moins la nécessité du livre.
Si d’une part, on peut s’interroger sur l’utilité de créer un énième livre là où le web suffirait, on peut également se demander dans quelle mesure cette perspective — cette ambition pourrait-on dire — de sauter le pas vers l’imprimé, ne muselle pas toute la créativité que l’outil Internet pourrait apporter. Ainsi, tous ces «blogs BD» s’organisent dans la forme policée d’une page, dans une organisation spatiale et narrative qui demeure identique à ce qui pourrait arriver dans le cadre du papier, prisonnier des formes canoniques du strip ou du gag-en-une-page.
Sans forcément tomber dans une hypertextualité complexe, [3] il est étonnant que, bien qu’affranchi du papier et de la page, les possibilités offertes par la cohabitation potentielle de différents médiums sur la même page (animation, sons, photos, textes ...), ou les variations de longueur (de la simple case au roman-fleuve) n’aient pas été plus explorées. Et étonnamment, on revient encore sur l’époustouflant When I am King du Suisse demian5 ... un travail qui date (au moins) de 2001. Presque sept ans (de réflexion?) plus tard, ce récit fait toujours figure de précurseur.

La situation se trouve ainsi bloquée: d’un côté, les auteurs désireux d’être repérés par un éditeur, afin de décrocher un contrat rémunérateur pour un livre [4]; de l’autre, les éditeurs souvent frileux, qui préfèrent capitaliser sur un récit existant et surtout, ayant fait ses preuves, que de se lancer dans l’inconnu d’une nouvelle création. Chacun s’accordant donc sur l’intérêt de produire du «prêt-à-publier», et de laisser de côter les expérimentations inutiles — et surtout gratuites.
Bien sûr, l’argent reste encore une fois le nerf de la guerre. Et il y a fort à parier que tant que l’on n’aura pas trouvé de «business model» intéressant et/ou novateur pour valoriser le travail des auteurs, [5] on restera sur l’idée que «les livres, c’est très mieux». Et tous les efforts des web-auteurs, tournés vers le Graal de la publication, ne feront que venir confirmer cette idée...

Les sorties de Janvier 2008
Ambre - Strates - Six pieds sous terre, Hors-Collection
Charles Berberian & Anna Rozen - Les gens - Alain Beaulet éditeur
Stephane Blanquet - La chair nue s’articule - Alain Beaulet éditeur
Daniel Casanave & Robert Cara - L’amérique - Six pieds sous terre
Marianne Dubuc - La mer - La Pastèque
Emily Flake - Elles ne vont pas se fumer... - Editions çà et là
Jean-Claude Forest - N’importe quoi de cheval - L’Association, Collection Eperluette
Jochen Gerner - Contre la bande dessinée - L’Association, Collection Eprouvette
Katsumata Susumu - Neige Rouge - Cornélius, Collection Pierre
Erik Kriek - Gutsman #10 - Oog & Blik
Francois Matton - Sous tes yeux - La 5ème Couche & P.O.L, Hors Collection
Baltazar Montanaro - Caresses déraillées - L’Oeuf
Nancy Peña - Les nouvelles aventures du chat botté t2: Le Basilic - Six pieds sous terre, Collection Lépidoptère
Leif Tande & PhlppGrrd - Danger public - La Pastèque
Pieter de Poortere - Dickie 3 - Les Requins Marteaux, Collection Inox
Gilles Rochier - Dunk chicken and blood - Editions Groinge
Christian Rosset - Avis d’orage en fin de journée - L’Association, Collection Eprouvette
Sakabashira Imiri - Nekokappa - IMHO
Aude Samama - L’intrusion - Rackham, Le signe noir
Mathieu Sapin - Salade de Fluits 2 - Les Requins Marteaux, Collection Ferraille Publication
Remy Simard - Boris t2 - La Pastèque
Philippe Squarzoni & Alexandre Watson - Les Mots de Louise - Les Requins Marteaux, Collection Rétine
Danny Steve - Je t’aime - Les Requins Marteaux, sans collection
Leif Tande - Le canard et le loup - La Pastèque
Tori Miki - Intermezzo 3 - IMHO

Versions Originales
Ryan Alexander-Tanner - Television #1 - Oh Yes Very Nice Comics
Peter Bagge - Apocalypse Nerd - Dark Horse
Spain Rodriguez & Paul Bhule - Che: A Graphic Biography - Verso Books
Elijah Brubaker - Reich #1 - Sparkplug Comics Books
Leah Hayes - Funeral Of The Heart - Fantagraphics Books
George Herriman - Krazy & Ignatz 1941-42: Ragout Of Raspberries - Fantagraphics Books
Tom Horacek - All We Ever Do Is Talk About Wood - Drawn & Quarterly
Bill Mauldin - Willie & Joe: The WWII Years - Fantagraphics Books
Tony Millionaire - Maakies With The Wrinkled Knees - Fantagraphics Books
Jesse Reklaw - Applicant - Microcosm
Cristy Road - Indestructible - Microcosm
Seth - Palooka-Ville #19 - Drawn & Quarterly
Karl Stevens - Whatever - Alternative Comics

Collectifs
Bile noire 10X10 - Atrabile, Bile noire Hors série
C’est Bon Anthology Vol 4 - C’est Bon Kultur
Rendez-vous #1 - Editions En Marge

Revues
Jade 716U - Six pieds sous terre, Collection Lépidoptère

2007: L’année de l’Interruption
Eh oui, on s’était bien habitué à ce que, chaque année, Gilles Ratier y aille de son substantif en «-tion» pour emballer son rapport sur le marché de la bande dessinée — allant même jusqu’à risquer le néologisme en 2005 avec une «mangalisation» qui ne manquait pas de bravitude.
Mais cette époque est désormais révolue, puisque l’édition 2007 se voit affublée d’un «vitalité et diversité» qui évoque plus le programme d’un plan quinquénal que les grandes qualifications précédentes. Pas de panique, cependant — puisque Gilles Ratier, facétieux s’il en est, recycle son lot de mots en «-tion» pour les différentes parties, allant de la Production à la Satisfaction en passant par l’Optimisation.
Sinon? Sinon, comme d’habitude, du9 vous donne rendez-vous dans quelques semaines pour une nouvelle édition de Numérologie comparée — attention, avec réflexion et sans compromission.

[1] D’une certaine manière, la publication des Petits Riens relève du même état d’esprit — d’un côté, ce titre en parfaite adéquation avec le contenu anecdotique, réalisé rapidement, et dont la mise en ligne sur Internet s’accompagne d’un effacement progressif, mémoires éphémères et sans grande importance; et de l’autre, la publication exhaustive des mêmes planches dans la collection Shampooing, qui transforme brusquement cet effacement jusqu’alors poétique en procédé à vocation commerciale — renforcé par la présence des couvertures des deux recueils en haut de page.
On notera néanmoins la disparition des rares photos qui s’immiscent parfois dans le fil des anecdotes, en particulier lors d’un voyage à La Réunion — ou l’irruption du profondément personnel dans une forme par ailleurs contrôlée, irruption soigneusement gommée pour la publication.

[2] Sur un sujet similaire, on pourra lire, par exemple, la chronique de Loleck sur l’expérience 40075km comics.

[3] Comme pour le Meanwhile de Jason Shiga ... mais qui est paradoxalement l’adaptation pour Internet d’un livre.

[4] Le tout nouveau prix «Révélation Blog» qui sera décerné à Angoulême à la fin du mois en est la preuve la plus criante. Les trois premiers se voyant offrir la possibilité de «publier leur projet». Alors que le FIBD se clame «ancré dans le réel pour intégrer le virtuel planétaire», il faut bien constater que, une fois de plus, le «blog BD» n’est envisagé que comme une étape intermédiaire avant d’arriver aux choses sérieuses — le livre.

[5] Comme c’est le cas outre-Atlantique, avec des systèmes basés sur un principe d’abonnement (comme pour le American Elf de James Kochalka) ou sur les produits dérivés (comme Jeph Jacques avec les t-shirts basés sur son Questionable Content), ou encore plus simplement sur les revenus provenant de la publicité. En attendant l’émergence d’approches similaires à celles que l’on peut déjà voir apparaître dans la musique avec Radiohead ou Nine Inch Nails — qui laissent le soin aux visiteurs de nommer leur prix.

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24 RÉACTIONS
#01
Vues Ephémères - Janvier 2008

A propos de ce que vous appelez le "prix du blog", juste pour remettre les choses dans leur contexte exact : la vraie récompense de la Révélation blog est d’être invité au festival d’Angoulême... L’édition n’est qu’une faculté offerte à l’auteur et dans deux labels qui ne proposent pas franchement, heu comment dites vous déjà ? Un contrat mirifique... (vu que c’est moi, entre autres, qui l’organise, je suis bien placé pour le savoir)

La question de savoir si la récompense pour un travail virtuel est forcément un livre est tout à fait justifiée. Effectivement, le travail internet n’est pas nécessairement lié à une éventuelle publication (ni n’a forcément de sens). En revanche la production internet est importante et, en tant que telle, la Révélation Blog a un sens.

Quand nous avons monté cette récompense, le problème du prix à offrir s’est posé.

Dans tout "concours" artistique, comme on ne peut pas récompenser l’oeuvre, on récompense plutôt son auteur, donc ici le blogueur. Le lot ou la récompense n’a pas forcément à voir avec ce qui est apprécié dans le concours.

Quand le prix d’une compétition sportive amateur, c’est disons, un voyage aux Seychelles, où est le rapport ? On offre juste quelque chose qui fait "rêver" les concurrents. Dans notre cas l’édition, qui, c’est un fait, fait toujours rêver le blogueur, faute d’autres structures de publications plus adaptée (et par culture aussi : nous sommes toujours dans la culture du livre à l’ère de l’informatique, hé oui).

La publication nous a donc paru, a priori une bonne motivation pour la plupart des blogueurs (d’autant plus qu’on est en moyen de la fournir, alors qu’un voyage aux Seychelles, ce n’est pas le cas).

Après le vrai prix c’est quand même de pouvoir être présents à Angoulême (et là être repéré par de plus gros éditeur avec des gros contrats juteux, c’est sale, bouh)

Mais ce genre de concours n’est pas révélateur d’une quelconque course à l’armement très récente Il me semble par ailleurs me rappeler de certain grand auteur repéré par un concours de Fluide Glacial qui récompensait le lauréat par la publication de ses dessins dans ses pages... rien de neuf en somme.

De fait, la course à l’armement est la même qu’avant : des éditeurs qui cherchent à éditer les meilleurs livres à vendre au plus de personne possible, simplement le public s’est élargit, les acteurs de l’édition aussi, les genres se sont diversifiés (indé, manga, comics), mais les librairies n’ont pas pu suivre en terme de surface... Donc c’est très visible.

Donc choquant.

C’est comme de découvrir que le Père Noël n’existe pas, ça fait chier... Bon la Bande-Dessinée, c’est un pti peu une industrie, avec un pti peu des gens un brin en concurrence, c’est pas si sympa qu’on le croyait... C’est toujours mieux avant.

En revanche, je suis d’accord avec votre ouverture et je me demande bien comment on va passer à une publication entièrement virtuelle et se débarasser enfin de ces encombrants livres qui pèsent si lourd et prennent tellement la poussière !

par Wandrille le 4 January 2008 | Répondre à ce message
>01
Vues Ephémères - Janvier 2008

Merci de ces éclaircissements pour ce qui est du prix «Révélation Blog», même si le site officiel du Festival d’Angoulême continue à faire valoir en premier lieu la possibilité d’être publié comme récompense, l’invitation au Festival semblant être un à-côté. (je cite, «Les trois candidats arrivés en tête de la compétition seront par ailleurs invités à Angoulême pour la durée du Festival»)

Et loin de moi l’idée de conspuer les lauréats s’ils se mettent en chasse d’un «contrat juteux»: il faut bien vivre, et je suis le premier à reconnaître que c’est cet impératif qui gouverne aujourd’hui les formes du «blog BD».

par Xavier Guilbert le 4 January 2008 | Répondre à ce message
#02
Vues Ephémères - Janvier 2008

Je suis tout à fait d’accord, toutes les Bd issues du web ne sont pas adaptables en papier. c’est une evidence, on pourrait discuter des heures sur ce qui mérite ou pas d’être publié (issus d’internet ou pas) et on aurait rien dit.

La majorités des auteurs de blogs ne pensent pas en terme de publication sur le web mais papier. ce sont des auteurs papier. Les blogs BD ne sont pas consideré par les auteurs comme un espace de création pourquoi ? Par effet de mode probablement en BD il y a toujours ça. Par facilité surtout. Faire un blog BD ça ne demande pas trop d’investissement pour des résultat impressionant et honorables pour les plus connus, un scanner, une connexion, un minimum de connaissance dans les formats d’images du web (gif, jpg, png)

Faire une bd sur internet ça demande un savoir que les dessinateurs et auteurs n’ont pas le plus souvent. Pour faire comme Demian 5 il faut connaitre le HTML c’est long à faire et faut maitriser totallement ce n’est pas facile et c’est admirable quand c’est bien fait.

Il faut avoir une formation que souvent les auteurs de BD qui n’a rien à voir avec le dessin et qu’ils sont ou seront obligé d’apprendre pour faire de a la création totalement independante et originale par rapport au papier.

Il faut insister là dessus c’est dommage de regretter un ouvrage papier et de ne pas mettre en avant le principal problème, non pas la médiocrité des auteurs.

Aujourd’hui on est à le mode des sites dynamiques (mises à jour facile) qui sont proches du modèle de la presse grâce aux flux RSS etc. ce site l’utilise c’est comme ça que j’ai lu cet article.Les auteurs de BD avec les blogs se servent de ça mais ne maitrisent pas cette technologie. Il faut connaitre pour faire un site en toute liberté le html (ça c’est la base) et si on veut faire un site dynamique en plus il faut connaitre le Php, le langage des bases de données c’est à dire le SQL, il faut maitriser la gestion graphique avec le CSS. Il faut reflechir au format de la page, est-ce qu’on scanne les dessins ? on fait des gif (animé ou pas) ou des jpg ? ou alors des png pour les images ? et à quelle taille ? à partir de quel format ? bien sur c’est le 72 dpi obligatoire. c’est pas joli de travailler directement dans ce format. Mais si on ne veut pas passer par le scannage a partir du papier on est obligé. Ou alors il faut faire du dessin vectoriel (comme demian 5 c’est bien pour un ou deux trucs mais c’est limité. il faut avoir une tablette graphique pour faire des couleurs.... ça demande des investissements et des reflexions qui ne sont pas classiques dans la BD; il faut des connaissances, de l’argent et du temps... ah oui il faut aussi savoir ce qu’est un serveur, et comment on envoie des trucs là dessus. J’oublie des choses probablement.

Rares sont les auteurs, les bons auteurs, bon scénaristes bon dessinateurs, qui ont les moyens d’avoir accès à tout ça. Il faut mettre en avant ces élements je pense pour comprendre mes difficultés des auteurs sinon on parle dans le vent, on fait des voeux pieux, je n’ai rien contre mais faut pas être naïf.

Il y a malgré tous des choses simples à faire, le strip la page, la périodicité c’est pas à jeter. Et il est possible de faire des choses à partir de ça, avec un minimum deconnaissance (mais qui demandent du temps et de la volonté malgré tout pour être integrées dans une démarche d’auteur).

Le problème c’est que les éditeurs n’investissent pas sur le web pour faire des interfaces bien pour des auteurs qui valent le coup (ils n’existent pas encore à part Demian 5 une exeption mondiale dans la BD) pourquoi ? parceque ce n’est pas le coeur du métier d’éditeur. Eux leur truc c’est le papier.

L’économie d’internet ils ne la maitrisent pas bien. Il faut fonctionner avec la publes annonceur. Ou alors le micropayement (comme demian 5 when i am the king c’est gratuit le reste c’est payant pas cher mais c’est pas encore une habitude pour la consomation de BD de payer pour lire sur un écran ces reflexions se font plus dans le champ du journalisme d’information)

ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des choses talentueuses graphiquement ou narrativement qui se font via internet avec des connaissances plus larges que ccelles que j’ai sité (le langage C, le javascript, etc etc.) et des sites qui servent de support mais on voit plus ça pour des productions comme le jeu vidéo ou le dessin animé qui donnent à ces gens les moyens de créer. Et les gens comme ça sont integrés à ces logiques. En France c’est à 1000 lieux de la bande dessinée légitime.

Et pourtant...

par Ale le 4 January 2008 | Répondre à ce message
>02
Vues Ephémères - Janvier 2008

Effectivement, l’argument technique pourrait rentrer en compte. Mais on pourrait également dire que «savoir dessiner» est un pré-requis (ou un obstacle, au choix) à la création de bande dessinée, et pourtant quelques auteurs ont réussi à se jouer de cette contrainte et/ou à la dépasser pour produire des choses nouvelles et étonnantes.
Je pense en particulier aux premiers Trondheim (Le Dormeur / Psychanalyse / Monolinguistes et Moins d’un quart de seconde pour vivre), à tout Ibn Al Rabin, au travail de Cizo, etc. Autant de talents qui ont su contourner et utiliser cette difficulté pour obtenir quelque chose d’intéressant.

Alors oui, tout le monde ne peut pas se lancer dans du HTML complexe ou du Flash élaboré. Mais ce sont là des contraintes formelles, que l’on peut choisir d’aborder — ou au contraire, essayer d’en voir les potentialités. Comme la possibilité de faire cohabiter divers mediums (illustrations, planches, textes, vidéos ... comme le fait Alan Moore en version papier dans le Black Dossier, par exemple); ou la possibilité de faire des renvois et de jouer sur une certaine hypertextualité; ou simplement de varier les longueurs des cases ou des segments ...

Et si jamais cela ne suffirait pas, oui, peut-être qu’il faudrait se lancer dans l’apprentissage d’un minimum de HTML. Ce qui n’est pas non plus complètement inaccessible — je suis moi-même complètement autodidacte en la matière.

Par contre, oui, je suis d’accord sur l’immmobilisme relatif des éditeurs, qui se contentent aujourd’hui du minimum pour leurs sites — qui sont le plus souvent réduits à un catalogue en ligne, avec au mieux un rien de pré-publication et quelques annonces. On cherche encore le «business model» qui marche ...

par Xavier Guilbert le 4 January 2008 | Répondre à ce message
>02
Vues Ephémères - Janvier 2008

Mais est-ce que les blogs ne sont pas déjà ça. L’hypertextualité Laurel le fait déjà, elle met des images, ça renvoie à des photos, ça renvois à des dessins. Les bloggeurs BD ont souvent des radioblogs, ils mettent des musiques qu’ils aiment dessus.

Vous dites à raison "Mais ce sont là des contraintes formelles, que l’on peut choisir d’aborder — ou au contraire, essayer d’en voir les potentialités. Comme la possibilité de faire cohabiter divers mediums"

Il faut lire les blogs, les plus connus par exemple et parfois les plus méprisés par les instances légitimentes de la bande dessinée d’avant garde ont beaucoup d’élements multimédias.

La stratégie multimédia n’a rien de nouveau et elle est très répendue sur internet. Mais on fait semblant de ne pas la voir j’ai l’impression même parmis les personnes qui défendent la bande dessinée sur internet mais qui regrette qu’elle n’utilise pas les moyens multimédias. Mais on remarque que ce n’est pas ça qui fait parlé. Le multimédia en bande dessinée c’est un gadget marketing plus que de l’art. Comme le black book dossier, c’est juste un livre bien foutus pour les fans comme souvent le sont les livres pour les fans. Il y a une distinction entre la bande dessinée et ce type de livre. Ce n’est pas la bande dessinée qui a inventé l’interraction entre le texte et l’image sur le support papier. Pour que la bande dessinée soit considerée en tant que telle (et qu’on en parle sur ce site par exemple) il faut qu’elle respecte des codes très précis. Que ce soit chez les auteurs avant gardistes ou chez les auteurs mainstreams dès qu’ils se revendiquent eux même auteur de bande dessinée. (et pas écrivain ou peintre, ou sculpteur, ou réalisateur ou programateur) c’est interressant juste de rappeler que les programateurs ceux qui maitrisent le langage informatique et qui créent de l’interraction entre l’utilisateur et la machine, cette personne est considérée juriquement comme un auteur. Artistiquement il ne le sera pas (en france pour l’instant) pourtant un programateur à une conscience politique. Par exemple il peut rendre son langage gratuit et modifiable par tout le monde pour que les logiciels qu’il fait puissent s’améliorer.

Il peut aussi avec la maitrise de ce langage faire des sites webs des créations graphiques. Et ces créations graphiques peuvent utiliser le langage spécifique au champ de la bande dessinée. Pas besoin d’être programateur pour faire de la bande dessinée sur internet, mais pour faire des choses bien, originales et inventives si. Internet en plus offre le moyen de ne pas avoir à passer par un éditeur. Le programateur peut s’auto-éditer facilement. C’est lui le créateur, l’artiste multimédia d’aujourd’hui (et pas de demain) et ceux depuis presque 50 ans. Bon au départ c’était des stratégies loin du champ civil, et encore plus du champ artisitique. Mais la question de l’interraction graphique entre l’homme et la machine s’est posée très tôt.

par Ale le 4 January 2008 | Répondre à ce message
#03
Vues Ephémères - Janvier 2008

L’expérimentation numérique liée à la bande-dessinée, comme toutes expérimentations numériques liées à des principes de narrations, étaient peut-être vouée à finir dans une impasse. Sans cynisme, toute survie d’un art repose sur un marché, sur un jeu d’offre et de demande, que cela se déroule en galerie, en librairie, et j’en passe. La narration numérique, qu’elle s’inspire ou non de la bd, n’a connu que des œuvres qui n’ont amené aucun systême viable. Des créations notables mais que personne n’a voulu suivre.

Depuis, tout ceci s’est uniformisé. Aujourd’hui, l’enjeu est l’auto-édition, littéralement, puisque des outils très accessibles dédiés à l’édition numérique sont apparus ces dernières années. Au dépend d’un appauvrissement des potentiels et des prises de risques. Non seulement personne n’est prêt aujourd’hui à mettre un centime dans une narration multimedia un peu ambitieuse, mais en plus l’envie des jeunes auteurs de blogs bd se destine soit à l’édition classique, soit au contraire "aux petits riens", le tout dans un festival de comics strips navrants et de petites histoires du quotidien sans intérêt. Au secours.

Le monde de la bande-dessinée est resté hermétique aux enjeux et aux potentiels du numérique. La petite phrase de Trondheim n’est que la face immergée de l’iceberg.

par Fred Boot le 5 January 2008 | Répondre à ce message
>03
Vues Ephémères - Janvier 2008

Emergée,ta face d’iceberg, s’il te plaît.

Il n’y a pas d’art sans marché ? Décidément, il y a des coups de pieds au cul de la face immergée de l’iceberg qui se perdent ...

nb: le pontifiage abscons farci de ruptures de construction ça fait quand même un peu analphabète qui se la pète, hein .

par glop-glop le 6 January 2008 | Répondre à ce message
>03
Vues Ephémères - Janvier 2008

Cher Pifou de service, je veillerai peut-être un jour à faire une étude en trois tomes sur papier bible avec de jolies propositions, des points-virgules et sans fautes de français à faire pâlir un ours polaire.

Concernant la nécessité d’un marché pour permettre la pérenité (pardon, que ce mot est pédant) à une œuvre ou à un courant, c’est assez naïf de penser que cela n’est pas un état de fait. Ce qui ne veut pas dire que la création attende la "demande" ou que le "marché" se montre bienveillant évidemment.

Sinon, on se connaît ? On se tutoie ? Non.

par Fred Boot le 6 January 2008 | Répondre à ce message
>03
Vues Ephémères - Janvier 2008

...

Oui je sais, deux "n" à "pérennité". (Décidemment)

par Fred Boot le 6 January 2008 | Répondre à ce message
Vues Ephémères - Janvier 2008
Oh, moi je tutoie tout le monde, c’est pas vexatoire ! Pour le reste, tu es gentil de me prêter une certaine naïveté, mais je maintiens que l’affirmation péremptoire qui m’a fait réagir est totalement idiote. Je dirais même que l’art est pour l’essentiel hors-marché et considérer qu’il ne puisse-t-y avoir d’art sans marché est proprement sidérant.
par glop-glop le 7 January 2008 | Répondre à ce message
>03
Vues Ephémères - Janvier 2008

Non, j’ai dit qu’il n’y a pas survie si un art n’est relégué par aucun marché (galeries, éditions, fiac, ...). Bien entendu, il reste l’art dit "subventionné", qui se réduit comme peau de chagrin. Pour le reste, merci de juger la hauteur d’une remarque en fonction de votre interlocuteur: pour moi, vous n’êtes qu’un canidé orange à tâche noire, j’ai de mon côté veillé à vous donner le nom sous lequel j’officie depuis 8 ans dans différents milieux de la création, à un humble niveau mais en veillant à varier les domaines, ceci vous permettra très facilement de juger de mon expérience et de comprendre en quoi mon propos n’a rien d’une élucubration d’analphabête.

Le dialogue et la discussion passent aussi par là. Ce n’est même pas une question de politesse, j’ai abandonné l’espoir de trouver ce genre de chose sur les espaces dits de "discussion" et même sur un site de qualité comme Du9, c’est juste une nécessité pour avancer dans un débat. Pour moi, la conversation est close, heu, "glop-glop".

par Fred Boot le 8 January 2008 | Répondre à ce message
>03
Vues Ephémères - Janvier 2008
Je suppose que par "relégué" tu entends "relayé". Passons ... Je suis ravi que tu aies un CV bien fourni, mais quel influence cela a-t-il sur l’ (in-)intelligence des propos que tu tiens ici ? Sans marché l’art ne peut pas survivre ? Et Lascaux, la vallée des merveilles, l’art sacré, la transmission orale des mythes et légendes, ça compte pour du beurre ? C’est une perversion singulière que de penser que les modes de transmission des expressions artistiques dépendent exclusivement de mécanismes de marché ... alors qu’ Internet permet justement désormais de diffuser à l’échelle planétaire des oeuvres ne ressortissant pas de la sphère marchande !
par glop-glop le 8 January 2008 | Répondre à ce message
>03
Vues Ephémères - Janvier 2008

Ah, enfin un début de discussion.

Oui, en effet, joli lapsus de ma part.

Il me fallait préciser que je parle d’un art qui, à la louche, concerne celui des pays industrialisés depuis que le mécènat principal n’est plus l’Eglise. C’est assez grossier dit comme ça, mais tous les courants modernes et contemporains en la matière ont été relayés (en effet, et pas "relégués") par des systêmes qui ont permis leurs diffusions, etc...

Imaginons les fauvistes faire des dessins à la craie sur un trottoir, je doute que l’impact eut été le même sur l’Histoire de l’Art.

La création de bd multimedia-numérique en la matière, c’est un peu ça pour l’instant. Du dessin à la craie, sans structure adaptée pour permettre une évolution plus ambitieuse. Sauf, qu’en prime, on est assez loin d’avoir des courants artistiques marquants.

Concernant le rapport à mon expérience personnelle, et professionnelle, j’ai eu l’occasion à la fois de travailler pour des projets industriels, institutionnels, voire même artistiques dans le sens contemporain du terme (même si cela ne se voit pas sur mon site). A chaque fois des enjeux et des buts différents, mais le développement de ces projets ne passent pas au travers du nerf de la guerre: sans structures, sans moyens, sans mécènes, ça stagne et ça tombe aux oubliettes. Numérique ou pas.

Vous ne vous imaginez pas à quel point je suis bien placé pour dire que c’est rageant et déplorable. Mais je ne vais pas faire de langue de bois sous prétexte qu’en France l’Art sent le caca dès qu’on se met à parler de marché, d’industrie, et j’en passe.

Sur ce, j’arrête cette digression.

par Fred Boot le 9 January 2008 | Répondre à ce message
#04
réponse

Xavier,

voilà ce qu’on appelle une attaque en règle ou je ne m’y connais pas.

Avec encore un petit fond de procès d’intention genre : être obliger de râcler les fonds de tiroirs pour alimenter la machine Shampooing. Plutôt détestable...

Sinon, beaucoup d’arguments sont tout à fait louables.

Je suis le fils d’un libraire, j’ai vécu toute ma jeunesse au milieu des livres et je voue donc un certain culte à cet objet. Et quand je dis que les livres c’est très mieux, par rapport à internet, c’est bien évidemment une boutade. Aucun support n’est mieux qu’un autre et je regrette d’avoir placer mon point de vue non objectif pour justifier un recueil des meilleures histoires des 24hdelabandedessinée.1

Oui. Pourquoi avoir fait ce recueil ? Pourquoi avoir fait celui de Frantico, de Vidberg, de Kek, Barte etc... ? Pourquoi faire tous ces recueils puisque l’objet papier est à l’évidence en dessous des qualités des mêmes histoires lues en ligne ? Et pourquoi les faire sachant que je vais me retrouver à en vendre peu (autour de 1500/2500 exemplaires, sauf le Vidberg 6000, merci) et donc être déficitaire ?

C’est simple :

Parce qu’on est dans une phase de transition. Il n’y a pas encore d’économie qui permette à un auteur de se consacrer pleinement à concevoir un blog. La parution sur support papier peut donc se voir comme une forme d’encouragement et de financement pour continuer le blog. Vous êtes content de trouver un nouveau post d’untel ou untel le matin. C’est gratuit. C’est normal. Mais vous pouvez acheter le recueil, c’est un coup de pouce du genre : merci, continuez.

A moins que vous préfériez les bannières de pub, ou les sites payants. Pas moi.

Le recueil papier est donc le moins mauvais système si l’on veut encourager la création sur internet, paradoxalement. Tout du moins pour l’instant.

Et en plus, l’auteur est très content d’avoir un recueil papier. Simplement parce que son travail devient concret, il l’a entre ses mains. Faire des pages sur tablettes, les mettre en ligne, avoir des lecteurs virtuels, au bout du compte, ça manque un peu de réalité. C’est bête, mais ça compte. Même Boulet qui ne voulait pas faire de recueil a changé d’avis, non pas pour une question d’argent, mais pour cette raison totalement matérielle (dans le sens matière palpable, hein...).

Je comprends également le principe de dire qu’on est en surproduction et donc pourquoi faire ces recueils qui prennent encore de la place ?

Je crois que c’est un faux problème.

Si un livre a pour public 500 personnes, on ne doit pas le faire ?

Prenons le recueil des 24hdelabandedessinée. Je savais qu’il y aurait peu de ventes. En plus, c’est un objet paradoxal puisque fait pour un évènement, dans un temps précis, avec une contrainte précise, sur un support précis. Lire "Boule de neige" comme Bodoï, Spirou magazine ou Bruel en bd est abscons. Ça demande un effort de la part du lecteur pour se remettre dans la condition d’écriture de l’auteur. Comme lorsqu’on lit n’importe quel travail sous contrainte Oubapienne. Et "Boule de neige", ne vous déplaise, est sans doute l’un des meilleurs collectifs de 2007. (oui, oui, je suis un peu chauvain, mais on peut faire un liste si vous voulez)

J’aurais sorti ce collectif sans qu’il y ait eu l’évènement les 24hdelabandedessinée avant, vous n’auriez pas eu le même regard, la même lecture. Pourtant, c’était le même livre.

Je trouve qu’il y a du snobisme dans votre attitude, et de la mauvaise foi.

Quand je faisais le Dormeur et Monolinguistes au début, les lecteurs et mes confrères m’ont encouragé à continuer sur cette voie. Seulement, j’ai tout de suite compris que c’était une voie de répétition. Et j’ai essayé autre chose alors que j’avais une voie toute tracée. J’aurais continué, on m’aurait reproché ensuite de faire toujours le même truc, vous le premier qui regrettez cette période.

Encore un mot sur Shampooing. Je n’ai aucune obligation de résultat vis-à-vis de Guy Delcourt. Ça aurait été le cas, je n’aurais pas créé ce label. Il était entendu que je fasse comme bon me semblait, que je serais sa "danseuse". Et que s’il finissait par y avoir de bonnes ventes, ce serait un bonus. Alors oui, je suis content quand le Vidberg et le Delisle fonctionnent. Et oui, je suis content quand je peux éditer des recueils et encourager des blogueurs.

Evidemment qu’il y a mille fois plus à creuser en matière de web-publication, que la bande desinée à aussi de belles heures devant elle sur ce nouveau support pourvu qu’on sorte de la sacro-sainte page préformatée, mais je crois surtout que vous me faites un vilain procès d’intention.

Prochainement dans Shampooing, il y aura encore des recueils de blog. Et ces recueils seront bien entendu moins forts que leur visionnage régulier sur écran.

Je vous prie par avance de m’en excuser.

par lewis trondheim le 6 January 2008 | Répondre à ce message
>04
réponse

Bonjour Monsieur Trondheim, je ne vous répond pas à la place de Xavier mais je peux vous dire cela : Pour avoir longtemps discuté avec Xavier sur ce sujet, ce qui m’amena à retirer tous arguments sur le blog des Petits riens dans ma chronique, cela n’est absolument pas une attaque en règle contre vous, mais contre le rapport qu’entretiennent blog et création, blog et académie, blog et édition papier.

Le problème est, vous êtes le seul à vous activer dans ce domaine. Ça vous passionne, au point que -je pense - les petits rien sont, plus qu’une recherche artistique, une recherche éditoriale. Comme si vous aviez déplacé votre appétit de recherche d’un domaine artistique à un autre, plus technique (entre autre ici le problème des archives). Je me trompe peut-être. Mais cet investissement massif de votre part, entre débats, conférences, édition, écriture, autour du blog, me laisse penser que ce sujet vous intéresse plus que de mesure, peut-être même en ce moment plus que l’écriture. Enfin bref, juste un sentiment, qui n’est pas vraiment le sujet.

Ce que je veux dire, c’est si vous essuyer les plâtres d’une critique contre ce mouvement éditorial, c’est parce que vous êtes le seul, l’unique professionnel reconnu, à vous investir dedans. Alors certes, il y a beaucoup de choses sur lesquels nous (en tous cas vous et moi, et probablement Xavier, il y répondra peut-être) sommes en total désaccord. Le rôle du livre, de son utilité, plus encore en période de surproduction, de la nécessite du concret dans une société industrielle mourante, de l’envers pervers qu’une publication papier produit sur la production numérique...etc. Là est le debat, mais rien n’est dirigé spécifiquement contre vous.

Avec encore un petit fond de procès d’intention genre : être obliger de râcler les fonds de tiroirs pour alimenter la machine Shampooing. Plutôt détestable...

De même si l’expression "fond de tiroir" est un peu venimeuse, il faut quand même dire que l’existence d’un livre de Niko Shark est plus que déstabilisante. Même si tout ce que l’on fait n’est jamais parfait, qu’il y a des haut et des bas, la publication d’un projet qui donne l’air d’avoir été avorté... dans une collection où parmi les meilleurs ventes figurent les vôtres, on finit vraiment par se dire, et je crois qu’autour de moi ces gens sont nombreux (professionnels ou non) que vous publiez afin d’essuyer les pertes financières des fenêtres éditoriales que vous ouvrez aux jeunes auteurs. Un genre de mécène en sorte ( donc pas du tout détestable, au contraire, juste regrettable pour certains de vos lecteurs). C’est un point de vue ou un sentiment de spectateur, peut-être faux. Mais si la critique de la réception vaut ce qu’elle vaut, elle n’en demeure pas moins intéressante lorsqu’il s’agit de dresser un certain état des lieux, je pense. Cela amplifie, au yeux d’un certain public intéressé, cette idée que vous avez une vision du blog et que vous mettez en marche tout un processus pour le faire réussir, en montrant l’exemple par l’écriture des petits riens, en travaillant pour ouvrir des possibilités financières aux jeunes auteurs, en débattant pour faire avancer au plus vite le schmilblick.

Enfin voilà, vous essuyez les plâtres, mais presque plus comme le martyr de service, le chercheur balbutiant, pas comme le profiteur ou le médiocre. S’il y avait eu plusieurs acteurs professionnel avec votre envergure et votre engagement dans ce phénomène, cela aurait pu vous paraître moins personnel. Désole de vous avoir mis en cause deux fois en deux semaines, qui aime bien châtie bien, j’imagine.

Bonne année à vous même ainsi qu’aux lecteurs de Du9

par Jeanine Floréani le 6 January 2008 | Répondre à ce message
>04
réponse

Juste encore un point.

Je voudrais faire du pognon avec les blogs, j’éditerai celui de Laurel (qui est le plus lu), j’aurai fait celui de Maliki et quelques autres.

De plus, je voudrais faire du pognon avec Shampooing, je m’y prendrais autrement.

Et je n’ai pas à publier forcément mes livres dans Shampooing pour financer ceux de jeunes auteurs.

Je fais Shampooing pour que des choses que j’apprécie soient publiées, pour que des auteurs soient encouragées. Et moins d’un tiers des livres de la collection viennent des blogs.

Il se passe quelque chose d’étonnant et de remarquable avec internet et la bande dessinée. Les auteurs touchent directement leurs lecteurs, sans l’intermédiaire de l’éditeur. Il me semble que cette direction ne peut que s’amplifier. Les éditeurs devraient être un peu plus attentifs sur cette évolution. Elle n’est peut-être pas aussi fondamentale que celle des éditeurs indépendants début 1990, mais qui sait... Il y a tout de même là enfin un renouveau qu’on n’avait pas vu depuis 18 ans. Et bien sûr, il y a encore beaucoup à faire pour lui donner toute son autonomie par rapport au livre, sa légitimité et ses lettres de noblesse.

Et si je donne l’air de m’immerger dans le monde des blogs, ce n’est bien qu’une impression. J’ai tout de même d’autres priorités.

Je suis vraiment très favorable à tous les débats que vous voulez autour de mon travail personnel ou éditorial, mais je trouve assez décourageant ces attitudes rentre-dedans et ces procès d’intention excusées par un qui aime-bien-châtie-bien. Châtiez bien, mais restez honnêtes et mesurés. Dans cet article, il transparait clairement que je suis un profiteur, co-responsable de la surproduction actuelle, que je prépare des business-plans et je ne sais plus quoi. C’est vraiment pas sympa et pas honnête.

Oui, il n’est pas forcément utile de publier des ouvrages venus de blogs car ce n’est pas la même lecture, la même intensité etc... Mais je le fais quand même parce que je n’ai pas encore trouvé mieux pour légitimer, promouvoir et soutenir ces auteurs.

Là-dessus, je pense qu’on peut être d’accord. Et l’enfer est pavé de bonnes intentions.

( Si vous voulez parler d’un secteur de la bande dessinée qui est plutôt regrettable, symptomatique d’un manque d’imagination ainsi vecteur et conséquence de la surproduction, c’est celui des adaptations )

Donnons-nous rendez-vous à Angoulême le vendredi à 14h au théâtre, il y aura justement un débat autour d’internet et la bande dessinée. Apportez-moi vos solutions, vos interrogations, vos indignations...

par lewis trondheim le 6 January 2008 | Répondre à ce message
réponse

Lewis,
Tout d’abord, merci d’avoir pris le temps pour ces deux longues réponses. Je vais essayer de répondre à mon tour, même si visiblement certains arguments me seront d’emblée refusés.

Déjà, pour ce qui est de «l’attaque en règle». L’idée de cette humeur (car, ce n’est qu’après tout qu’un édito) a surgi vers la fin Novembre, alors que nous discutions avec Jeanine des Petits Riens. L’article était plus ou moins terminé lorsque vous avez répondu à la chronique de Jeanine, ce qui m’a poussé à faire quelques ajustements de dernière minute.
Cependant, dans l’histoire, le premier paragraphe (qui semblait former une bonne introduction au départ) est demeuré en l’état, et sans forcément avoir beaucoup de rapport avec la suite. Parfois, on manque de recul quand on passe trop de temps sur quelque chose.
Ainsi, l’idée de vénalité ou de profiteur qui en ressort n’était pas mon intention, et je m’en excuse. Et lorsque j’évoque le rôle de «locomotive» plus bas, c’est plus dans l’optique de jouer les sauveurs de collection (proche du mécénat évoqué par Jeanine) que comme volonté de «faire du pognon». Encore une fois, désolé de cette mésentente.

Pour ce qui est du «qui aime bien châtie bien»... oui, j’allais invoquer cela. Je rejoins Jeanine dans sa réflexion comme quoi, après avoir expérimenté et trituré le récit en bande dessinée, vous faites preuve d’une volonté de dynamiter le système de publication — que ce soit en tant qu’auteur (sur le rapport à la série, que ce soit avec Lapinot ou le tentaculaire Donjon), ou désormais en tant que directeur de collection.
Au passage, je ne suis pas un «passéiste» qui se plaindrait de ce que c’était mieux avant. Les Carottes ou Le Dormeur continuent de me passionner, mais tout autant que A.L.I.E.E.N. ou l’édifice Donjon (sur lequel je me suis fendu d’un article enthousiaste). Mais il est vrai que tout cela ne fait que renforcer l’attente ou les exigences que l’on peut avoir vis-à-vis d’un auteur.

Pour revenir sur le sujet des blogs BD. Tout d’abord, le rendez-vous est pris pour Angoulême — même si je dois dire que, comme j’essaie de l’exprimer dans cette humeur (visiblement pas aussi limpide que je l’aurais souhaité), j’ai principalement des interrogations, et les rares intuitions que je pourrais avoir viennent de notre expérience avec du9, avec des problématiques et une économie bien différente.

Sinon, il est vrai que le livre qui me fait le plus réagir, c’est le Nico Shark. Vous dites: «Si un livre a pour public 500 personnes, on ne doit pas le faire ?». C’est là que nous ne sommes pas d’accord. Ce n’est pas une question de public, c’est une question d’intérêt, d’importance. Et quand, de manière avouée (cf. cet entretien), le Nico Shark est un projet avorté, un essai non concluant, on peut se demander quel est l’intérêt de l’éditer, au-delà même des questionnements sur le changement de médium.
J’irai même plus loin, dans le sens où les blogs de Frantico ne sont désormais plus disponibles en ligne. Est-ce par exigence commerciale, de ne pas vouloir la version «gratuite» concurrencer le livre? (je note néanmoins que les blogs de Vidberg ou de Kek sont toujours en ligne — donc c’est un véritable questionnement de ma part)

Par contre, je vous rejoins complètement quand vous dites que c’est au niveau des blogs que se dessine la prochaine génération d’auteurs. Mon questionnement (idéaliste peut-être, absolutiste sans doute — c’est également le jeu d’un tel édito, de prendre une pose un rien provocatrice) porte plus sur la relation que cela semble mettre en place entre les auteurs et les éditeurs, et les implications qu’elle a sur la forme des oeuvres qui en résultent, que ce soit dans leur version Internet ou dans leur version papier. Et cela vous dépasse, c’est un questionnement global.
Je suis bien conscient du problème que représente la rémunération, je trouve simplement dommage que les éditeurs ne fassent pas preuve de plus d’entreprise à ce sujet. Même si le résultat des projets Internet de L’Employé du Moi ne m’emballent pas, ils essaient néanmoins de mettre quelque chose en place. En comparaison, la page consacrée à Shampooing sur le site Delcourt est ... disons qu’il pourrait y avoir mieux pour apporter cette légitimité.

Je ne sais pas si j’ai répondu à tous les points que vous avez soulevé — je tiens à répéter qu’il ne s’agissait pas d’une attaque en règle, mais plus le résultat conjugé de deux éléments: votre boutade, et la publication du Nico Shark. Mauvais timing et maladresse dans l’écriture ont fait le reste.
Avec cette rubrique mensuelle (qui, au passage, s’est déjà intéressée à la vague des adaptations), j’essaie d’apporter le regard d’un observateur extérieur, avec toute la subjectivité que cela implique — et du9 a toujours revendiqué cette approche. C’est, comme le titre l’indique, une «vue éphémère», l’expression d’impressions et d’intuitions, parce que la bande dessinée nous passionne et nous importe.

Cordialement,

par Xavier Guilbert le 7 January 2008 | Répondre à ce message
>04
réponse

Xavier,

un dernier message de la part du directeur de collection de Frantico.

Ses blogs étaient faits pour être suivis au jour le jour.

Quelle diférence y a-t-il entre tout lire d’un coup 6 mois plus tard sur internet et tout lire 6 mois plus tard en recueil papier ? Sans doute quelques nuances minimes, mais à par les commentaires, pas grand chose. Alors pourquoi n’aurait-il pas le droit de tout effacer ?

Et un message de la part de Frantico lui-même qui m’écrivait :

"Blog avorté ou pas, je m’en fiche. Le principal était d’avoir essayé. D’ailleurs, je ne m’interdis nullement de faire des piqûres de rappel si l’actualité l’exige, enfin, plutôt mon indignation, en reprenant ce blog sur un ou deux mois de temps en temps. Mais pour l’instant, je suis sur un gros truc, toujours pour un blog, d’ailleurs si tu es intéressé pour le publier après, voici les premières pages (...)."

par lewis trondheim le 7 January 2008 | Répondre à ce message
#05
Vues Ephémères - Janvier 2008
Notons que les blogs de bande dessinée sont des bandes dessinées périodiques. Un "format" quasi fondateur de la bande dessinée : Little Nemo, Krazy Kat, The Peanuts, Gaston Lagaffe, etc. sont des bandes périodiques jouant aussi de leur support "volatil" qu’était la presse. Comme « les petits riens » ce sont des histoires d’une planche, d’une demi planche ou d’un strip de quatre cases maximum. Je crois que lire Little Nemo ou Gaston Lagaffe, pose, ou peut poser, des problèmes de la même nature que ceux liés, par exemple, à la lecture des « Les petits riens » sur papier. En dehors du fait que nous apprécions le web - son potentiel, sa nouveauté -, pourquoi remarque-t-on ce problème quand il s’agit d’aller du blog vers le livre ? Serait-ce parce que nous n’avons pas véritablement connu une bande dessinée de presse mais seulement en albums ?
par Machintrucbidule le 6 January 2008 | Répondre à ce message
>05
Vues Ephémères - Janvier 2008

Ma réflexion ne fera pas avancer le schmilblick, mais les recueils de comics-strips ou d’histoires en épisodes sont surtout interessants parce qu’ils ne sont plus trouvables autrement. La chose étrange, à mes yeux, est de publier sur papier un contenu accessible sur son support d’origine, dans son contexte particulier (rendez-vous quotidien, commentaires des lecteurs, interface, etc).

Il y a plein de choses interessantes dans ce qu’a dit Lewis Trondheim. Par exemple, concernant la raison qui a poussé Boulet à adapter son blog sur papier: en gros, l’envie d’avoir quelque chose de "palpable". Même si je me suis fait rentrer dans le lard précédemment par un détecteur de coquilles à ce sujet, la pérennité de l’œuvre liée à sa mise sur le marché est au centre du débat. Quels moyens donner à cela ? Ne doit-on pas redéfinir le sens que l’on donne à cette pérennité ?

En effet, en créant des bédés utilisant au maximum le potentiel du web, on prend le risque de voir ce contenu devenir caduque quelques mois plus tard à cause des évolutions informatiques. Les applications Director sont lues difficilement aujourd’hui, les premières versions Action Script de Flash sont en passe d’être abandonnées, les navigateurs évoluent créant parfois des surprises avec des pages web créées dans le passé, etc...

Laisser de côté (peut-être) la survie à moyen ou long terme d’une œuvre et ne plus avoir de matière "palpable", ça fait beaucoup à accepter pour un domaine comme celui de la bédé qui s’accroche historiquement à des valeurs complêtement différentes et qui n’a jamais sérieusement plongé son nez dans les nouvelles technologies.

Il n’y a de toute façon aucune obligation pour la bédé à se tourner vers les nouvelles technologies. De fait, il n’y a pas de "solutions" puisqu’il n’y a pas fondamentalement de problème.

par Fred Boot le 7 January 2008 | Répondre à ce message
#06
Vues Ephémères - Janvier 2008

Ce genre d’échange est plutot enrichissant pour l’amateur (mais passionné) de base (que je suis...).

C’est un plaisir d’avoir des critiques de qualités (parfois passionnées et un peu subjectives) et de voir des auteurs y répondent, à qui on ne laisse souvent pas trop de place pour s’exprimer sur leur travail

J’avoue que dans les dernières chroniques consacrées à Lewis j’y retrouvais des propos qui correspondaient à mon impression personnelle: c’est normal je suis du même coté du livre que les chroniqueurs du9. Je remercie donc Lewis et Manu Larcenet de nous donner le point de vue du créateur, de faire balancé mon avis et ceci de manière constructive (d’autant plus que vous êtes des gens en qui j’ai quelque peu confiance en votre amour pour la BD, vous êtes pas l’équipe marketing quoi!!).

Pour revenir à Lewis, je crois que nous avons du mal à accepter qu’il est changé de boulot...

Bon, c’était un peu de la lèche, mais je voulais le dire...

allez, Long vie à du9 et aux échanges créateurs-chroniqueurs!

Jm

par Jm le 7 January 2008 | Répondre à ce message
#07
Vues Ephémères - Janvier 2008

Cet article est plutôt pertinent ou en tout cas intéressant, mais je ne pense pas que les vrais problèmes soient abordés.

Concernant la ""blogosphère"", si quasi personne n’ose s’affranchir des formats, ce n’est pas à mon avis de la faute de l’émergence de publication de blogs en papier, mais tout simplement de la mentalité générale des bloggers BD qui ne se différencie pas au fond de celle du skyblogger lambda:

- Un besoin de faire partager sa vie, je ne comprendrai jamais ça mais c’est un fait. "J’ai une vie joyeuse, triste, pathétique ou totalement dingue et veux trouver des copains qui vivent les mêmes choses que moi, comme ça je me sentirai moins seul." C’est probablement la raison pour laquelle l’autobio BD intelligente et ""analyste"" sur le web est presque toujours proscrite; le blogger préfère exposer des faits, avec un second degré plus ou moins branché, une prétention plus ou moins assumée voire des autos flagellations n’ayant souvent pour objectif que des tonnes de commentaires rassurants et faussement affectifs. Quand une personnne refuse d’avoir du recul sur son experience, réfléchir sur sa vie, il préfère l’exposer au monde entier de la manière la plus brute et artificielle pour sombrer dans un cercle de complaisance virtuelle. La complaisance sur le net c’est rapide, facile d’accès, et ça maintient le moral, pourquoi s’en priver! Dans tout cela la "bédé" ne devient qu’un moyen, pourquoi s’en soucier alors et tenter de basculer des codes?

- Le rejet d’une démarche expérimentale, des "expérimentations inutiles — et surtout gratuites. " comme vous le soulignez si bien. Cela est très ancré dans les esprits, je me suis d’ailleurs entendu dire récemment "non mais tu vois c’est bien d’expérimenter à part mais sur ton blog il faut mettre des choses finies". L’expérimentation est totalement méprisée en tant que possibilité d’aboutissement. Pourtant pour moi l’expérimentation représente cela, l’envie d’aller toujours plus loin, plus en profondeur, de réfléchir toujours plus souvent à tout, de tout remettre en question sans y échapper soi même, de chercher sans cesse sans avoir la prétention de trouver des réponses, etc...

- Le besoin de reconnaissance: là ou le skyblogger se contente de se faire carresser par sa bande d’amis, le blogger BD est d’une ambition plus noble, celui ci veut se faire masturber par le monde entier. Là la BD devient un moyen à la hauteur de cette ambition, le blogger va tenter plus ou moins maladroitement de "bien dessiner", de dessiner des choses complexes, dans tout les angles. "Un dessinateur doit pouvoir tout dessiner. Un bateau, une vielle à roue, des valises. Par dessus tout, il doit savoir dessiner une porsche " (je ne citerai pas le nom) Là où cette phrase pouvait être marrante, avec des apparences "1000e degré", elle donna lieu à un jeu qui devint d’un certain aspect bel et bien sérieux. Suivant cette consigne plusieurs bloggers se mirent à dessiner eux aussi leur porshe, parceque "nous on est pas des lopettes". Dans ce besoin de reconnaissance de "l’animal social frustré" peut être effectivement pris en compte le rêve d’être un jour publié, et c’est là que le "formatage" s’impose surement.

- Découle donc de ce besoin de reconnaissance l’envie de s’inscrire dans un petit monde, d’être "linké" partout, d’avoir plein de visites en se la ramenant dans les commentaires des blogs les plus connus, dans les divers annuaires spécialisés, festivals, concours, forums, etc... Sans généraliser absolument, on observe quand même que le blogger BD moyen se sent plus ou moins solitaire, plus ou moins isolé de la société, pour ne pas dire "frustré" (et ceci n’est après tout pas propre à la blogosphère). Je vais faire de la psychologie bidon mais il me semble qu’il s’en suit un désir d’avoir sa place quelque part, de participer à un petit microcosme (microcosme qui pour le coup est tolament restreint et du coup fermé à ce qui s’éloigne de la définition actuelle de "blogosphère". (c’est à dire "Blogs bédés autobios complaisants", et j’aurai tendance à croire de plus en plus à cette caricature)) J’expliquerai comme ça également les BD en réponses à tel post de tel blogger, les privates jokes nombreux au sein d’un blog etc: "On m’a quelque part rejeté du monde réel, donc dans mon joli monde de la blogosphère personne n’aura accès à la compréhension de mon blog sans faire également partie de ce monde". Logique et cercle vicieux de l’exclusion?? Mais je sais que cette analyse n’explique probablement qu’une partie des blogs BD actuels, je n’ai pas la prétention d’englober tout les bloggers dans l’étiquette "frustrés"!

Bref, tout cela est assez complexe, sur qui donc jeter la faute? Personne il me semble... Reste que les blogs BD formatés envahissent tout (il s’en crée environ 5 par semaine en france je dirai) au détriment de blogs "singuliers" ou expérimentaux, novateurs qui n’ont pas de visibilité face au seul format "blog BD" légitime.

Que faire? Parlez des blogs ou sites intéressants tout simplement, tentez d’évitez de sombrer dans le microcosme, et se foutre de la reconnaissance! Ils en existe quand même pas mal: ceux de Leo yamz, le blog de dolph, le blog américain "Blotcomics" ( blog de BD abstraites), et niveau "nouvelle technologies", la BD en flash "bulle32" ou le site "enfin libre"... Je rejoins enfin Ale sur les difficultés techniques de mélanger les différents médias, j’avais moi même tenter deux trois choses en Flash il y a un longtemps en mesure de BD interactive et je n’ai pas poursuivi dans cette voie car il faut reconnaitre que c’est quand même très complexe et qu’il y a 70% de technique et 30% de "création", même si le résultat peut en valoir la peine.

Longue continuation à du9 en tout cas, qui lui, mériterait de devenir un mag papier! :)

par pirikk le 9 January 2008 | Répondre à ce message
>07
Vues Ephémères - Janvier 2008
Mais du9 était un mag papier :)
par Yannick le 9 January 2008 | Répondre à ce message
>07
Vues Ephémères - Janvier 2008

Pour ma part, rien ne vaut le support papier.

Ca permet de lire peinard dans un bon canapé, dans son lit, ou de le prêter aux copains...ça ne fait pas double emploi avec le blog, ce sont 2 medias différents, avec chacun leurs avantages et leurs inconvénients. De plus, tout le monde n’a pas encore Internet, et de plus en plus de choses ne sont plus disponibles que par Internet ; donc, sus à la dictature numérique!!

Et un grand merci à Lewis, ou plutôt à Frantico, je n’avais pas rit comme ça depuis longtemps, s’il pouvait remettre ça de temps en temps, j’en serais ravi.

par Robert le 10 January 2008 | Répondre à ce message
BRÈVES
D’ici de là-bas
25 janvier 2012
A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Neuf
4 décembre 2011
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Tirer un trait/Tisser des liens
4 novembre 2011
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.
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