![]() |
||
| (c) Andreas / Extrait de "Retour" | ||
«La surproduction, c’est les autres.» C’est un peu ce que l’on pourrait ironiser chaque fois qu’un éditeur vient se plaindre de l’escalade du nombre de sorties, année après année, sur le marché de la bande dessinée — sans mentionner son propre rôle dans la course à l’armement. Mais voyez-vous, il faut bien occuper la place, soutenir son chiffre d’affaire dans une économie où les ventes au titre diminuent, et enfin se jeter comme un seul homme sur la moindre opportunité en espérant qu’elle délivre son best-seller. Dans cette course en avant qui atteint des sommets, les grands éditeurs ne se posent plus la question de savoir si oui ou non, tel ou tel livre est nécessaire pour le lecteur. Il lui suffit d’être nécessaire dans leur «business plan», indispensable à leur «P&L», essentiel pour leur chiffre d’affaire.
L’an dernier, au Festival d’Angoulême, le Président Trondheim avait inauguré les «24 heures de la bande dessinée», décalque de la performance des «24-hour comics» américains, où des auteurs se lancent dans la création d’un récit de 24 pages en 24 heures. Une performance que l’on pouvait heure après heure sur le site correspondant, découvrant au fil du temps la progression des uns et des autres. L’aspect événementiel et spectaculaire passé, le résultat final était loin d’être inoubliable. Et pourtant, voilà que Lewis Trondheim (dans son rôle de directeur de collection chez Delcourt) publie Boule de Neige, recueil de neuf des participations jugées les meilleures. Et de conclure sa préface en précisant que l’objectif était «de laisser une trace plus durable, parce que internet, c’est très bien, mais les livres, c’est très mieux.» [1]
On peut bien imaginer le dilemme devant lequel se trouve aujourd’hui Lewis Trondheim: auteur prolifique et largement reconnu (au même titre que Joann Sfar), Trondheim est arrivé à un stade où tout ce qu’il produit est sinon de l’or, du moins l’assurance d’un certain succès. Quand on se met à publier vos carnets de croquis quasiment tels quels, et que le public en redemande, il reste de moins en moins d’idées que l’on peut juger indignes de connaître le sacre du livre.
Le problème devient plus aigu encore lorsque l’on porte aussi la casquette de directeur de collection chargé de faire fructifier cette dernière — surtout quand l’on entend évoquer qu’en dehors de deux noms (le sien et celui de Joann Sfar), les ventes ont plutôt du mal à décoller. Alors, on se retrouve à devoir racler les fonds de tiroir (parfois virtuels) et jouer les locomotives commerciales pour un Shampooing quelque peu à la traîne.
Ainsi, on notera la sortie récente (toujours chez Shampooing) du Nico Shark de Frantico. Composé au jour le jour, en prise/réaction directe aux déclarations et images du mois de Mai de l’année passée, les strips du web se retrouvent agrandis pour occuper les pages de ce petit livre cartonné et coloré, au prix pas si petit que ça (7.95€ quand même). A nouveau, ce qui pouvait être pertinent dans l’immédiateté du blog (dessiné ou pas) ne l’est plus dans le cadre du livre, et au-delà des éventuelles interrogations sur l’identité de l’auteur, c’est encore la même question qui se pose — avec plus d’acuité encore pour ce projet avorté, abandonné brusquement comme on lâcherait un jouet — était-il vraiment indispensable de le transposer du web à l’imprimé?
Je ne voudrais pas donner ici l’impression de chercher à intenter un procès en règle à Lewis Trondheim — après tout, il est loin d’être le seul à avoir choisi de publier en livre le contenu de «blogs BD». [2] Mais il faut reconnaître que sa formule («internet, c’est très bien, mais les livres, c’est très mieux») est maladroite, et qu’elle est symptomatique d’une certaine mentalité clamant sinon la supériorité, du moins la nécessité du livre.
Si d’une part, on peut s’interroger sur l’utilité de créer un énième livre là où le web suffirait, on peut également se demander dans quelle mesure cette perspective — cette ambition pourrait-on dire — de sauter le pas vers l’imprimé, ne muselle pas toute la créativité que l’outil Internet pourrait apporter. Ainsi, tous ces «blogs BD» s’organisent dans la forme policée d’une page, dans une organisation spatiale et narrative qui demeure identique à ce qui pourrait arriver dans le cadre du papier, prisonnier des formes canoniques du strip ou du gag-en-une-page.
Sans forcément tomber dans une hypertextualité complexe, [3] il est étonnant que, bien qu’affranchi du papier et de la page, les possibilités offertes par la cohabitation potentielle de différents médiums sur la même page (animation, sons, photos, textes ...), ou les variations de longueur (de la simple case au roman-fleuve) n’aient pas été plus explorées. Et étonnamment, on revient encore sur l’époustouflant When I am King du Suisse demian5 ... un travail qui date (au moins) de 2001. Presque sept ans (de réflexion?) plus tard, ce récit fait toujours figure de précurseur.
La situation se trouve ainsi bloquée: d’un côté, les auteurs désireux d’être repérés par un éditeur, afin de décrocher un contrat rémunérateur pour un livre [4]; de l’autre, les éditeurs souvent frileux, qui préfèrent capitaliser sur un récit existant et surtout, ayant fait ses preuves, que de se lancer dans l’inconnu d’une nouvelle création. Chacun s’accordant donc sur l’intérêt de produire du «prêt-à-publier», et de laisser de côter les expérimentations inutiles — et surtout gratuites.
Bien sûr, l’argent reste encore une fois le nerf de la guerre. Et il y a fort à parier que tant que l’on n’aura pas trouvé de «business model» intéressant et/ou novateur pour valoriser le travail des auteurs, [5] on restera sur l’idée que «les livres, c’est très mieux». Et tous les efforts des web-auteurs, tournés vers le Graal de la publication, ne feront que venir confirmer cette idée...
Les sorties de Janvier 2008
Ambre - Strates - Six pieds sous terre, Hors-Collection
Charles Berberian & Anna Rozen - Les gens - Alain Beaulet éditeur
Stephane Blanquet - La chair nue s’articule - Alain Beaulet éditeur
Daniel Casanave & Robert Cara - L’amérique - Six pieds sous terre
Marianne Dubuc - La mer - La Pastèque
Emily Flake - Elles ne vont pas se fumer... - Editions çà et là
Jean-Claude Forest - N’importe quoi de cheval - L’Association, Collection Eperluette
Jochen Gerner - Contre la bande dessinée - L’Association, Collection Eprouvette
Katsumata Susumu - Neige Rouge - Cornélius, Collection Pierre
Erik Kriek - Gutsman #10 - Oog & Blik
Francois Matton - Sous tes yeux - La 5ème Couche & P.O.L, Hors Collection
Baltazar Montanaro - Caresses déraillées - L’Oeuf
Nancy Peña - Les nouvelles aventures du chat botté t2: Le Basilic - Six pieds sous terre, Collection Lépidoptère
Leif Tande & PhlppGrrd - Danger public - La Pastèque
Pieter de Poortere - Dickie 3 - Les Requins Marteaux, Collection Inox
Gilles Rochier - Dunk chicken and blood - Editions Groinge
Christian Rosset - Avis d’orage en fin de journée - L’Association, Collection Eprouvette
Sakabashira Imiri - Nekokappa - IMHO
Aude Samama - L’intrusion - Rackham, Le signe noir
Mathieu Sapin - Salade de Fluits 2 - Les Requins Marteaux, Collection Ferraille Publication
Remy Simard - Boris t2 - La Pastèque
Philippe Squarzoni & Alexandre Watson - Les Mots de Louise - Les Requins Marteaux, Collection Rétine
Danny Steve - Je t’aime - Les Requins Marteaux, sans collection
Leif Tande - Le canard et le loup - La Pastèque
Tori Miki - Intermezzo 3 - IMHO
Versions Originales
Ryan Alexander-Tanner - Television #1 - Oh Yes Very Nice Comics
Peter Bagge - Apocalypse Nerd - Dark Horse
Spain Rodriguez & Paul Bhule - Che: A Graphic Biography - Verso Books
Elijah Brubaker - Reich #1 - Sparkplug Comics Books
Leah Hayes - Funeral Of The Heart - Fantagraphics Books
George Herriman - Krazy & Ignatz 1941-42: Ragout Of Raspberries - Fantagraphics Books
Tom Horacek - All We Ever Do Is Talk About Wood - Drawn & Quarterly
Bill Mauldin - Willie & Joe: The WWII Years - Fantagraphics Books
Tony Millionaire - Maakies With The Wrinkled Knees - Fantagraphics Books
Jesse Reklaw - Applicant - Microcosm
Cristy Road - Indestructible - Microcosm
Seth - Palooka-Ville #19 - Drawn & Quarterly
Karl Stevens - Whatever - Alternative Comics
Collectifs
Bile noire 10X10 - Atrabile, Bile noire Hors série
C’est Bon Anthology Vol 4 - C’est Bon Kultur
Rendez-vous #1 - Editions En Marge
Revues
Jade 716U - Six pieds sous terre, Collection Lépidoptère
2007: L’année de l’Interruption
Eh oui, on s’était bien habitué à ce que, chaque année, Gilles Ratier y aille de son substantif en «-tion» pour emballer son rapport sur le marché de la bande dessinée — allant même jusqu’à risquer le néologisme en 2005 avec une «mangalisation» qui ne manquait pas de bravitude.
Mais cette époque est désormais révolue, puisque l’édition 2007 se voit affublée d’un «vitalité et diversité» qui évoque plus le programme d’un plan quinquénal que les grandes qualifications précédentes. Pas de panique, cependant — puisque Gilles Ratier, facétieux s’il en est, recycle son lot de mots en «-tion» pour les différentes parties, allant de la Production à la Satisfaction en passant par l’Optimisation.
Sinon? Sinon, comme d’habitude, du9 vous donne rendez-vous dans quelques semaines pour une nouvelle édition de Numérologie comparée — attention, avec réflexion et sans compromission.
[1] D’une certaine manière, la publication des Petits Riens relève du même état d’esprit — d’un côté, ce titre en parfaite adéquation avec le contenu anecdotique, réalisé rapidement, et dont la mise en ligne sur Internet s’accompagne d’un effacement progressif, mémoires éphémères et sans grande importance; et de l’autre, la publication exhaustive des mêmes planches dans la collection Shampooing, qui transforme brusquement cet effacement jusqu’alors poétique en procédé à vocation commerciale — renforcé par la présence des couvertures des deux recueils en haut de page.
On notera néanmoins la disparition des rares photos qui s’immiscent parfois dans le fil des anecdotes, en particulier lors d’un voyage à La Réunion — ou l’irruption du profondément personnel dans une forme par ailleurs contrôlée, irruption soigneusement gommée pour la publication.
[2] Sur un sujet similaire, on pourra lire, par exemple, la chronique de Loleck sur l’expérience 40075km comics.
[3] Comme pour le Meanwhile de Jason Shiga ... mais qui est paradoxalement l’adaptation pour Internet d’un livre.
[4] Le tout nouveau prix «Révélation Blog» qui sera décerné à Angoulême à la fin du mois en est la preuve la plus criante. Les trois premiers se voyant offrir la possibilité de «publier leur projet». Alors que le FIBD se clame «ancré dans le réel pour intégrer le virtuel planétaire», il faut bien constater que, une fois de plus, le «blog BD» n’est envisagé que comme une étape intermédiaire avant d’arriver aux choses sérieuses — le livre.
[5] Comme c’est le cas outre-Atlantique, avec des systèmes basés sur un principe d’abonnement (comme pour le American Elf de James Kochalka) ou sur les produits dérivés (comme Jeph Jacques avec les t-shirts basés sur son Questionable Content), ou encore plus simplement sur les revenus provenant de la publicité. En attendant l’émergence d’approches similaires à celles que l’on peut déjà voir apparaître dans la musique avec Radiohead ou Nine Inch Nails — qui laissent le soin aux visiteurs de nommer leur prix.
|
#01
|
A propos de ce que vous appelez le "prix du blog", juste pour remettre les choses dans leur contexte exact : la vraie récompense de la Révélation blog est d’être invité au festival d’Angoulême... L’édition n’est qu’une faculté offerte à l’auteur et dans deux labels qui ne proposent pas franchement, heu comment dites vous déjà ? Un contrat mirifique... (vu que c’est moi, entre autres, qui l’organise, je suis bien placé pour le savoir) La question de savoir si la récompense pour un travail virtuel est forcément un livre est tout à fait justifiée. Effectivement, le travail internet n’est pas nécessairement lié à une éventuelle publication (ni n’a forcément de sens). En revanche la production internet est importante et, en tant que telle, la Révélation Blog a un sens. Quand nous avons monté cette récompense, le problème du prix à offrir s’est posé. Dans tout "concours" artistique, comme on ne peut pas récompenser l’oeuvre, on récompense plutôt son auteur, donc ici le blogueur. Le lot ou la récompense n’a pas forcément à voir avec ce qui est apprécié dans le concours. Quand le prix d’une compétition sportive amateur, c’est disons, un voyage aux Seychelles, où est le rapport ? On offre juste quelque chose qui fait "rêver" les concurrents. Dans notre cas l’édition, qui, c’est un fait, fait toujours rêver le blogueur, faute d’autres structures de publications plus adaptée (et par culture aussi : nous sommes toujours dans la culture du livre à l’ère de l’informatique, hé oui). La publication nous a donc paru, a priori une bonne motivation pour la plupart des blogueurs (d’autant plus qu’on est en moyen de la fournir, alors qu’un voyage aux Seychelles, ce n’est pas le cas). Après le vrai prix c’est quand même de pouvoir être présents à Angoulême (et là être repéré par de plus gros éditeur avec des gros contrats juteux, c’est sale, bouh) Mais ce genre de concours n’est pas révélateur d’une quelconque course à l’armement très récente Il me semble par ailleurs me rappeler de certain grand auteur repéré par un concours de Fluide Glacial qui récompensait le lauréat par la publication de ses dessins dans ses pages... rien de neuf en somme. De fait, la course à l’armement est la même qu’avant : des éditeurs qui cherchent à éditer les meilleurs livres à vendre au plus de personne possible, simplement le public s’est élargit, les acteurs de l’édition aussi, les genres se sont diversifiés (indé, manga, comics), mais les librairies n’ont pas pu suivre en terme de surface... Donc c’est très visible. Donc choquant. C’est comme de découvrir que le Père Noël n’existe pas, ça fait chier... Bon la Bande-Dessinée, c’est un pti peu une industrie, avec un pti peu des gens un brin en concurrence, c’est pas si sympa qu’on le croyait... C’est toujours mieux avant. En revanche, je suis d’accord avec votre ouverture et je me demande bien comment on va passer à une publication entièrement virtuelle et se débarasser enfin de ces encombrants livres qui pèsent si lourd et prennent tellement la poussière ! |
|
par Wandrille le 4 January 2008
| Répondre à ce message
| |
|
>01
|
Merci de ces éclaircissements pour ce qui est du prix «Révélation Blog», même si le site officiel du Festival d’Angoulême continue à faire valoir en premier lieu la possibilité d’être publié comme récompense, l’invitation au Festival semblant être un à-côté. (je cite, «Les trois candidats arrivés en tête de la compétition seront par ailleurs invités à Angoulême pour la durée du Festival») Et loin de moi l’idée de conspuer les lauréats s’ils se mettent en chasse d’un «contrat juteux»: il faut bien vivre, et je suis le premier à reconnaître que c’est cet impératif qui gouverne aujourd’hui les formes du «blog BD».
par Xavier Guilbert le 4 January 2008
| Répondre à ce message
|
|
#02
|
Je suis tout à fait d’accord, toutes les Bd issues du web ne sont pas adaptables en papier. c’est une evidence, on pourrait discuter des heures sur ce qui mérite ou pas d’être publié (issus d’internet ou pas) et on aurait rien dit. La majorités des auteurs de blogs ne pensent pas en terme de publication sur le web mais papier. ce sont des auteurs papier. Les blogs BD ne sont pas consideré par les auteurs comme un espace de création pourquoi ? Par effet de mode probablement en BD il y a toujours ça. Par facilité surtout. Faire un blog BD ça ne demande pas trop d’investissement pour des résultat impressionant et honorables pour les plus connus, un scanner, une connexion, un minimum de connaissance dans les formats d’images du web (gif, jpg, png) Faire une bd sur internet ça demande un savoir que les dessinateurs et auteurs n’ont pas le plus souvent. Pour faire comme Demian 5 il faut connaitre le HTML c’est long à faire et faut maitriser totallement ce n’est pas facile et c’est admirable quand c’est bien fait. Il faut avoir une formation que souvent les auteurs de BD qui n’a rien à voir avec le dessin et qu’ils sont ou seront obligé d’apprendre pour faire de a la création totalement independante et originale par rapport au papier. Il faut insister là dessus c’est dommage de regretter un ouvrage papier et de ne pas mettre en avant le principal problème, non pas la médiocrité des auteurs. Aujourd’hui on est à le mode des sites dynamiques (mises à jour facile) qui sont proches du modèle de la presse grâce aux flux RSS etc. ce site l’utilise c’est comme ça que j’ai lu cet article.Les auteurs de BD avec les blogs se servent de ça mais ne maitrisent pas cette technologie. Il faut connaitre pour faire un site en toute liberté le html (ça c’est la base) et si on veut faire un site dynamique en plus il faut connaitre le Php, le langage des bases de données c’est à dire le SQL, il faut maitriser la gestion graphique avec le CSS. Il faut reflechir au format de la page, est-ce qu’on scanne les dessins ? on fait des gif (animé ou pas) ou des jpg ? ou alors des png pour les images ? et à quelle taille ? à partir de quel format ? bien sur c’est le 72 dpi obligatoire. c’est pas joli de travailler directement dans ce format. Mais si on ne veut pas passer par le scannage a partir du papier on est obligé. Ou alors il faut faire du dessin vectoriel (comme demian 5 c’est bien pour un ou deux trucs mais c’est limité. il faut avoir une tablette graphique pour faire des couleurs.... ça demande des investissements et des reflexions qui ne sont pas classiques dans la BD; il faut des connaissances, de l’argent et du temps... ah oui il faut aussi savoir ce qu’est un serveur, et comment on envoie des trucs là dessus. J’oublie des choses probablement. Rares sont les auteurs, les bons auteurs, bon scénaristes bon dessinateurs, qui ont les moyens d’avoir accès à tout ça. Il faut mettre en avant ces élements je pense pour comprendre mes difficultés des auteurs sinon on parle dans le vent, on fait des voeux pieux, je n’ai rien contre mais faut pas être naïf. Il y a malgré tous des choses simples à faire, le strip la page, la périodicité c’est pas à jeter. Et il est possible de faire des choses à partir de ça, avec un minimum deconnaissance (mais qui demandent du temps et de la volonté malgré tout pour être integrées dans une démarche d’auteur). Le problème c’est que les éditeurs n’investissent pas sur le web pour faire des interfaces bien pour des auteurs qui valent le coup (ils n’existent pas encore à part Demian 5 une exeption mondiale dans la BD) pourquoi ? parceque ce n’est pas le coeur du métier d’éditeur. Eux leur truc c’est le papier. L’économie d’internet ils ne la maitrisent pas bien. Il faut fonctionner avec la publes annonceur. Ou alors le micropayement (comme demian 5 when i am the king c’est gratuit le reste c’est payant pas cher mais c’est pas encore une habitude pour la consomation de BD de payer pour lire sur un écran ces reflexions se font plus dans le champ du journalisme d’information) ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des choses talentueuses graphiquement ou narrativement qui se font via internet avec des connaissances plus larges que ccelles que j’ai sité (le langage C, le javascript, etc etc.) et des sites qui servent de support mais on voit plus ça pour des productions comme le jeu vidéo ou le dessin animé qui donnent à ces gens les moyens de créer. Et les gens comme ça sont integrés à ces logiques. En France c’est à 1000 lieux de la bande dessinée légitime. Et pourtant... |
|
par Ale le 4 January 2008
| Répondre à ce message
| |
|
>02
|
Effectivement, l’argument technique pourrait rentrer en compte. Mais on pourrait également dire que «savoir dessiner» est un pré-requis (ou un obstacle, au choix) à la création de bande dessinée, et pourtant quelques auteurs ont réussi à se jouer de cette contrainte et/ou à la dépasser pour produire des choses nouvelles et étonnantes.
Alors oui, tout le monde ne peut pas se lancer dans du HTML complexe ou du Flash élaboré. Mais ce sont là des contraintes formelles, que l’on peut choisir d’aborder — ou au contraire, essayer d’en voir les potentialités. Comme la possibilité de faire cohabiter divers mediums (illustrations, planches, textes, vidéos ... comme le fait Alan Moore en version papier dans le Black Dossier, par exemple); ou la possibilité de faire des renvois et de jouer sur une certaine hypertextualité; ou simplement de varier les longueurs des cases ou des segments ... Et si jamais cela ne suffirait pas, oui, peut-être qu’il faudrait se lancer dans l’apprentissage d’un minimum de HTML. Ce qui n’est pas non plus complètement inaccessible — je suis moi-même complètement autodidacte en la matière. Par contre, oui, je suis d’accord sur l’immmobilisme relatif des éditeurs, qui se contentent aujourd’hui du minimum pour leurs sites — qui sont le plus souvent réduits à un catalogue en ligne, avec au mieux un rien de pré-publication et quelques annonces. On cherche encore le «business model» qui marche ...
par Xavier Guilbert le 4 January 2008
| Répondre à ce message
|
|
#03
|
L’expérimentation numérique liée à la bande-dessinée, comme toutes expérimentations numériques liées à des principes de narrations, étaient peut-être vouée à finir dans une impasse. Sans cynisme, toute survie d’un art repose sur un marché, sur un jeu d’offre et de demande, que cela se déroule en galerie, en librairie, et j’en passe. La narration numérique, qu’elle s’inspire ou non de la bd, n’a connu que des œuvres qui n’ont amené aucun systême viable. Des créations notables mais que personne n’a voulu suivre. Depuis, tout ceci s’est uniformisé. Aujourd’hui, l’enjeu est l’auto-édition, littéralement, puisque des outils très accessibles dédiés à l’édition numérique sont apparus ces dernières années. Au dépend d’un appauvrissement des potentiels et des prises de risques. Non seulement personne n’est prêt aujourd’hui à mettre un centime dans une narration multimedia un peu ambitieuse, mais en plus l’envie des jeunes auteurs de blogs bd se destine soit à l’édition classique, soit au contraire "aux petits riens", le tout dans un festival de comics strips navrants et de petites histoires du quotidien sans intérêt. Au secours. Le monde de la bande-dessinée est resté hermétique aux enjeux et aux potentiels du numérique. La petite phrase de Trondheim n’est que la face immergée de l’iceberg. |
|
par Fred Boot le 5 January 2008
| Répondre à ce message
| |
|
>03
|
Emergée,ta face d’iceberg, s’il te plaît. Il n’y a pas d’art sans marché ? Décidément, il y a des coups de pieds au cul de la face immergée de l’iceberg qui se perdent ... nb: le pontifiage abscons farci de ruptures de construction ça fait quand même un peu analphabète qui se la pète, hein .
par glop-glop le 6 January 2008
| Répondre à ce message
|
|
#04
|
Xavier, voilà ce qu’on appelle une attaque en règle ou je ne m’y connais pas. Avec encore un petit fond de procès d’intention genre : être obliger de râcler les fonds de tiroirs pour alimenter la machine Shampooing. Plutôt détestable... Sinon, beaucoup d’arguments sont tout à fait louables. Je suis le fils d’un libraire, j’ai vécu toute ma jeunesse au milieu des livres et je voue donc un certain culte à cet objet. Et quand je dis que les livres c’est très mieux, par rapport à internet, c’est bien évidemment une boutade. Aucun support n’est mieux qu’un autre et je regrette d’avoir placer mon point de vue non objectif pour justifier un recueil des meilleures histoires des 24hdelabandedessinée.1 Oui. Pourquoi avoir fait ce recueil ? Pourquoi avoir fait celui de Frantico, de Vidberg, de Kek, Barte etc... ? Pourquoi faire tous ces recueils puisque l’objet papier est à l’évidence en dessous des qualités des mêmes histoires lues en ligne ? Et pourquoi les faire sachant que je vais me retrouver à en vendre peu (autour de 1500/2500 exemplaires, sauf le Vidberg 6000, merci) et donc être déficitaire ? C’est simple : Parce qu’on est dans une phase de transition. Il n’y a pas encore d’économie qui permette à un auteur de se consacrer pleinement à concevoir un blog. La parution sur support papier peut donc se voir comme une forme d’encouragement et de financement pour continuer le blog. Vous êtes content de trouver un nouveau post d’untel ou untel le matin. C’est gratuit. C’est normal. Mais vous pouvez acheter le recueil, c’est un coup de pouce du genre : merci, continuez. A moins que vous préfériez les bannières de pub, ou les sites payants. Pas moi. Le recueil papier est donc le moins mauvais système si l’on veut encourager la création sur internet, paradoxalement. Tout du moins pour l’instant. Et en plus, l’auteur est très content d’avoir un recueil papier. Simplement parce que son travail devient concret, il l’a entre ses mains. Faire des pages sur tablettes, les mettre en ligne, avoir des lecteurs virtuels, au bout du compte, ça manque un peu de réalité. C’est bête, mais ça compte. Même Boulet qui ne voulait pas faire de recueil a changé d’avis, non pas pour une question d’argent, mais pour cette raison totalement matérielle (dans le sens matière palpable, hein...). Je comprends également le principe de dire qu’on est en surproduction et donc pourquoi faire ces recueils qui prennent encore de la place ? Je crois que c’est un faux problème. Si un livre a pour public 500 personnes, on ne doit pas le faire ? Prenons le recueil des 24hdelabandedessinée. Je savais qu’il y aurait peu de ventes. En plus, c’est un objet paradoxal puisque fait pour un évènement, dans un temps précis, avec une contrainte précise, sur un support précis. Lire "Boule de neige" comme Bodoï, Spirou magazine ou Bruel en bd est abscons. Ça demande un effort de la part du lecteur pour se remettre dans la condition d’écriture de l’auteur. Comme lorsqu’on lit n’importe quel travail sous contrainte Oubapienne. Et "Boule de neige", ne vous déplaise, est sans doute l’un des meilleurs collectifs de 2007. (oui, oui, je suis un peu chauvain, mais on peut faire un liste si vous voulez) J’aurais sorti ce collectif sans qu’il y ait eu l’évènement les 24hdelabandedessinée avant, vous n’auriez pas eu le même regard, la même lecture. Pourtant, c’était le même livre. Je trouve qu’il y a du snobisme dans votre attitude, et de la mauvaise foi. Quand je faisais le Dormeur et Monolinguistes au début, les lecteurs et mes confrères m’ont encouragé à continuer sur cette voie. Seulement, j’ai tout de suite compris que c’était une voie de répétition. Et j’ai essayé autre chose alors que j’avais une voie toute tracée. J’aurais continué, on m’aurait reproché ensuite de faire toujours le même truc, vous le premier qui regrettez cette période. Encore un mot sur Shampooing. Je n’ai aucune obligation de résultat vis-à-vis de Guy Delcourt. Ça aurait été le cas, je n’aurais pas créé ce label. Il était entendu que je fasse comme bon me semblait, que je serais sa "danseuse". Et que s’il finissait par y avoir de bonnes ventes, ce serait un bonus. Alors oui, je suis content quand le Vidberg et le Delisle fonctionnent. Et oui, je suis content quand je peux éditer des recueils et encourager des blogueurs. Evidemment qu’il y a mille fois plus à creuser en matière de web-publication, que la bande desinée à aussi de belles heures devant elle sur ce nouveau support pourvu qu’on sorte de la sacro-sainte page préformatée, mais je crois surtout que vous me faites un vilain procès d’intention. Prochainement dans Shampooing, il y aura encore des recueils de blog. Et ces recueils seront bien entendu moins forts que leur visionnage régulier sur écran. Je vous prie par avance de m’en excuser. |
|
par lewis trondheim le 6 January 2008
| Répondre à ce message
| |
|
>04
|
Bonjour Monsieur Trondheim, je ne vous répond pas à la place de Xavier mais je peux vous dire cela : Pour avoir longtemps discuté avec Xavier sur ce sujet, ce qui m’amena à retirer tous arguments sur le blog des Petits riens dans ma chronique, cela n’est absolument pas une attaque en règle contre vous, mais contre le rapport qu’entretiennent blog et création, blog et académie, blog et édition papier. Le problème est, vous êtes le seul à vous activer dans ce domaine. Ça vous passionne, au point que -je pense - les petits rien sont, plus qu’une recherche artistique, une recherche éditoriale. Comme si vous aviez déplacé votre appétit de recherche d’un domaine artistique à un autre, plus technique (entre autre ici le problème des archives). Je me trompe peut-être. Mais cet investissement massif de votre part, entre débats, conférences, édition, écriture, autour du blog, me laisse penser que ce sujet vous intéresse plus que de mesure, peut-être même en ce moment plus que l’écriture. Enfin bref, juste un sentiment, qui n’est pas vraiment le sujet. Ce que je veux dire, c’est si vous essuyer les plâtres d’une critique contre ce mouvement éditorial, c’est parce que vous êtes le seul, l’unique professionnel reconnu, à vous investir dedans. Alors certes, il y a beaucoup de choses sur lesquels nous (en tous cas vous et moi, et probablement Xavier, il y répondra peut-être) sommes en total désaccord. Le rôle du livre, de son utilité, plus encore en période de surproduction, de la nécessite du concret dans une société industrielle mourante, de l’envers pervers qu’une publication papier produit sur la production numérique...etc. Là est le debat, mais rien n’est dirigé spécifiquement contre vous.
De même si l’expression "fond de tiroir" est un peu venimeuse, il faut quand même dire que l’existence d’un livre de Niko Shark est plus que déstabilisante. Même si tout ce que l’on fait n’est jamais parfait, qu’il y a des haut et des bas, la publication d’un projet qui donne l’air d’avoir été avorté... dans une collection où parmi les meilleurs ventes figurent les vôtres, on finit vraiment par se dire, et je crois qu’autour de moi ces gens sont nombreux (professionnels ou non) que vous publiez afin d’essuyer les pertes financières des fenêtres éditoriales que vous ouvrez aux jeunes auteurs. Un genre de mécène en sorte ( donc pas du tout détestable, au contraire, juste regrettable pour certains de vos lecteurs). C’est un point de vue ou un sentiment de spectateur, peut-être faux. Mais si la critique de la réception vaut ce qu’elle vaut, elle n’en demeure pas moins intéressante lorsqu’il s’agit de dresser un certain état des lieux, je pense. Cela amplifie, au yeux d’un certain public intéressé, cette idée que vous avez une vision du blog et que vous mettez en marche tout un processus pour le faire réussir, en montrant l’exemple par l’écriture des petits riens, en travaillant pour ouvrir des possibilités financières aux jeunes auteurs, en débattant pour faire avancer au plus vite le schmilblick. Enfin voilà, vous essuyez les plâtres, mais presque plus comme le martyr de service, le chercheur balbutiant, pas comme le profiteur ou le médiocre. S’il y avait eu plusieurs acteurs professionnel avec votre envergure et votre engagement dans ce phénomène, cela aurait pu vous paraître moins personnel. Désole de vous avoir mis en cause deux fois en deux semaines, qui aime bien châtie bien, j’imagine. Bonne année à vous même ainsi qu’aux lecteurs de Du9
par Jeanine Floréani le 6 January 2008
| Répondre à ce message
Lewis,
Déjà, pour ce qui est de «l’attaque en règle». L’idée de cette humeur (car, ce n’est qu’après tout qu’un édito) a surgi vers la fin Novembre, alors que nous discutions avec Jeanine des Petits Riens. L’article était plus ou moins terminé lorsque vous avez répondu à la chronique de Jeanine, ce qui m’a poussé à faire quelques ajustements de dernière minute.
Pour ce qui est du «qui aime bien châtie bien»... oui, j’allais invoquer cela. Je rejoins Jeanine dans sa réflexion comme quoi, après avoir expérimenté et trituré le récit en bande dessinée, vous faites preuve d’une volonté de dynamiter le système de publication — que ce soit en tant qu’auteur (sur le rapport à la série, que ce soit avec Lapinot ou le tentaculaire Donjon), ou désormais en tant que directeur de collection.
Pour revenir sur le sujet des blogs BD. Tout d’abord, le rendez-vous est pris pour Angoulême — même si je dois dire que, comme j’essaie de l’exprimer dans cette humeur (visiblement pas aussi limpide que je l’aurais souhaité), j’ai principalement des interrogations, et les rares intuitions que je pourrais avoir viennent de notre expérience avec du9, avec des problématiques et une économie bien différente. Sinon, il est vrai que le livre qui me fait le plus réagir, c’est le Nico Shark. Vous dites: «Si un livre a pour public 500 personnes, on ne doit pas le faire ?». C’est là que nous ne sommes pas d’accord. Ce n’est pas une question de public, c’est une question d’intérêt, d’importance. Et quand, de manière avouée (cf. cet entretien), le Nico Shark est un projet avorté, un essai non concluant, on peut se demander quel est l’intérêt de l’éditer, au-delà même des questionnements sur le changement de médium.
Par contre, je vous rejoins complètement quand vous dites que c’est au niveau des blogs que se dessine la prochaine génération d’auteurs. Mon questionnement (idéaliste peut-être, absolutiste sans doute — c’est également le jeu d’un tel édito, de prendre une pose un rien provocatrice) porte plus sur la relation que cela semble mettre en place entre les auteurs et les éditeurs, et les implications qu’elle a sur la forme des oeuvres qui en résultent, que ce soit dans leur version Internet ou dans leur version papier. Et cela vous dépasse, c’est un questionnement global.
Je ne sais pas si j’ai répondu à tous les points que vous avez soulevé — je tiens à répéter qu’il ne s’agissait pas d’une attaque en règle, mais plus le résultat conjugé de deux éléments: votre boutade, et la publication du Nico Shark. Mauvais timing et maladresse dans l’écriture ont fait le reste.
Cordialement,
par Xavier Guilbert le 7 January 2008
| Répondre à ce message
|
|
#05
|
Notons que les blogs de bande dessinée sont des bandes dessinées périodiques. Un "format" quasi fondateur de la bande dessinée : Little Nemo, Krazy Kat, The Peanuts, Gaston Lagaffe, etc. sont des bandes périodiques jouant aussi de leur support "volatil" qu’était la presse. Comme « les petits riens » ce sont des histoires d’une planche, d’une demi planche ou d’un strip de quatre cases maximum.
Je crois que lire Little Nemo ou Gaston Lagaffe, pose, ou peut poser, des problèmes de la même nature que ceux liés, par exemple, à la lecture des « Les petits riens » sur papier.
En dehors du fait que nous apprécions le web - son potentiel, sa nouveauté -, pourquoi remarque-t-on ce problème quand il s’agit d’aller du blog vers le livre ? Serait-ce parce que nous n’avons pas véritablement connu une bande dessinée de presse mais seulement en albums ?
|
|
par Machintrucbidule le 6 January 2008
| Répondre à ce message
| |
|
>05
|
Ma réflexion ne fera pas avancer le schmilblick, mais les recueils de comics-strips ou d’histoires en épisodes sont surtout interessants parce qu’ils ne sont plus trouvables autrement. La chose étrange, à mes yeux, est de publier sur papier un contenu accessible sur son support d’origine, dans son contexte particulier (rendez-vous quotidien, commentaires des lecteurs, interface, etc). Il y a plein de choses interessantes dans ce qu’a dit Lewis Trondheim. Par exemple, concernant la raison qui a poussé Boulet à adapter son blog sur papier: en gros, l’envie d’avoir quelque chose de "palpable". Même si je me suis fait rentrer dans le lard précédemment par un détecteur de coquilles à ce sujet, la pérennité de l’œuvre liée à sa mise sur le marché est au centre du débat. Quels moyens donner à cela ? Ne doit-on pas redéfinir le sens que l’on donne à cette pérennité ? En effet, en créant des bédés utilisant au maximum le potentiel du web, on prend le risque de voir ce contenu devenir caduque quelques mois plus tard à cause des évolutions informatiques. Les applications Director sont lues difficilement aujourd’hui, les premières versions Action Script de Flash sont en passe d’être abandonnées, les navigateurs évoluent créant parfois des surprises avec des pages web créées dans le passé, etc... Laisser de côté (peut-être) la survie à moyen ou long terme d’une œuvre et ne plus avoir de matière "palpable", ça fait beaucoup à accepter pour un domaine comme celui de la bédé qui s’accroche historiquement à des valeurs complêtement différentes et qui n’a jamais sérieusement plongé son nez dans les nouvelles technologies. Il n’y a de toute façon aucune obligation pour la bédé à se tourner vers les nouvelles technologies. De fait, il n’y a pas de "solutions" puisqu’il n’y a pas fondamentalement de problème.
par Fred Boot le 7 January 2008
| Répondre à ce message
|
|
#06
|
Ce genre d’échange est plutot enrichissant pour l’amateur (mais passionné) de base (que je suis...). C’est un plaisir d’avoir des critiques de qualités (parfois passionnées et un peu subjectives) et de voir des auteurs y répondent, à qui on ne laisse souvent pas trop de place pour s’exprimer sur leur travail J’avoue que dans les dernières chroniques consacrées à Lewis j’y retrouvais des propos qui correspondaient à mon impression personnelle: c’est normal je suis du même coté du livre que les chroniqueurs du9. Je remercie donc Lewis et Manu Larcenet de nous donner le point de vue du créateur, de faire balancé mon avis et ceci de manière constructive (d’autant plus que vous êtes des gens en qui j’ai quelque peu confiance en votre amour pour la BD, vous êtes pas l’équipe marketing quoi!!). Pour revenir à Lewis, je crois que nous avons du mal à accepter qu’il est changé de boulot... Bon, c’était un peu de la lèche, mais je voulais le dire... allez, Long vie à du9 et aux échanges créateurs-chroniqueurs! Jm |
|
par Jm le 7 January 2008
| Répondre à ce message
| |
|
#07
|
Cet article est plutôt pertinent ou en tout cas intéressant, mais je ne pense pas que les vrais problèmes soient abordés. Concernant la ""blogosphère"", si quasi personne n’ose s’affranchir des formats, ce n’est pas à mon avis de la faute de l’émergence de publication de blogs en papier, mais tout simplement de la mentalité générale des bloggers BD qui ne se différencie pas au fond de celle du skyblogger lambda:
Bref, tout cela est assez complexe, sur qui donc jeter la faute? Personne il me semble... Reste que les blogs BD formatés envahissent tout (il s’en crée environ 5 par semaine en france je dirai) au détriment de blogs "singuliers" ou expérimentaux, novateurs qui n’ont pas de visibilité face au seul format "blog BD" légitime. Que faire? Parlez des blogs ou sites intéressants tout simplement, tentez d’évitez de sombrer dans le microcosme, et se foutre de la reconnaissance! Ils en existe quand même pas mal: ceux de Leo yamz, le blog de dolph, le blog américain "Blotcomics" ( blog de BD abstraites), et niveau "nouvelle technologies", la BD en flash "bulle32" ou le site "enfin libre"... Je rejoins enfin Ale sur les difficultés techniques de mélanger les différents médias, j’avais moi même tenter deux trois choses en Flash il y a un longtemps en mesure de BD interactive et je n’ai pas poursuivi dans cette voie car il faut reconnaitre que c’est quand même très complexe et qu’il y a 70% de technique et 30% de "création", même si le résultat peut en valoir la peine. Longue continuation à du9 en tout cas, qui lui, mériterait de devenir un mag papier! :) |
|
par pirikk le 9 January 2008
| Répondre à ce message
| |
|
>07
|
par Yannick le 9 January 2008
| Répondre à ce message
|
A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.