Grain de beauté

de

« En cette fin de siècle, la liberté d’être a gagné contre les habitudes et les conventions. J’ai aujourd’hui la trentaine, et j’ai pris le temps de vivre. Je n’ai pas voulu faire de choix définitif de peur de rater quelque chose ou de me tromper. J’avais besoin de temps et j’ai été tour à tour exigent et frivole. J’ai vécu, regardé le monde avec des yeux d’enfant. J’ai appris à succomber à la passion et à maîtriser mes sentiments. Je me suis laissé toucher par le romantisme et endurcir par mes échecs. Mais je garde en moi cet espoir. Celui de rencontrer enfin celle qui correspondra à mes attentes. Mais si je me trompais ? Si je l’avais déjà délaissée ? »

Jean-Philippe Peyraud joue avec nos souvenirs. Avec de courtes histoires dans Celles qu’on regrette, il suggère plus qu’il ne raconte. Dans les méandres de nos parcours, à la croisée de nos rencontres avec des êtres aimés jadis, il nous fais revivre des moments de gène et de doute. Pour cela, il utilise de courtes saynètes où ses personnages se rencontrent fortuitement après de longues absences. Avec intelligence et finesse, il ne détaille rien et laisse libre notre imagination. A nous de rentrer sur scène. Pour celui qui garde au fond de son coeur une petite flamme passionnelle, c’est là un douloureux plaisir.

Avec Grain de beauté, il va nous entraîner un peu plus loin. Les contours de l’amour sont ici un peu moins flous. Un homme et une femme se retrouvent, discutent et ne peuvent s’opposer à cette ancienne attraction originelle.
Et c’est sur les débris d’un amour en ruine que renait une amitié amoureuse. Sur de vieux souvenirs, Jean-Philippe Peyraud va poser un lit de questions. Nos deux amants trouveront-ils les réponses à celles-ci ? Et nous, resterons-nous complètement neutre lors de cette lecture ? Ou allons-nous faire travailler notre propre mémoire ?

Jean-Philippe Peyraud réussit avec ses derniers ouvrages (voir aussi Il pleut publié chez La Comédie Illustrée) à parler des amours avortées avec beaucoup d’agilité et de délicatesse. Loin de livrer les clés et les ficelles de ce sentiment, ils en trace les lignes directrices et nous invite à sa découverte.
Celles qu’on regrette et Grain de beauté sont deux sources de souvenirs à garder précieusement dans votre bibliothèque.

Chroniqué par en décembre 2000

Jean-Philippe Peyraud sur du9 :

Commentaires