La Guerre d’Alan

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Dans la préface de son livre, Emmanuel Guibert raconte comment il a rencontré Alan Cope alors que celui-ci avait 69 ans et comment une grande amitié est née. Alan Cope aurait pu mourir sans que nous ne sachions jamais rien de lui, mais Guibert en avait décidé autrement avant même la disparition de son ami.
La guerre d’Alan est donc le récit en images de la vie d’Alan, la vie non pas d’un héros édifiant, mais d’un de ces milliers de héros anonymes qui furent envoyés sur les plages de Normandie pour libérer l’Europe.

Plutôt que de faire un remake du Jour le plus long, Guibert s’attache à décrire le quotidien d’un jeune GI, restant en cela sans doute très proche du récit oral que lui faisait Alan des années plus tard. Ce premier tome ne propose donc nulle action spectaculaire, évite soigneusement tout effet de pathos ou d’héroïsme d’Epinal pour se concentrer sur la simple humanité du personnage. Du reste, le lecteur suit ici l’entrainement en Amérique du soldat, et il faudra sans doute attendre le prochain tome pour découvrir avec le héros la réalité de la guerre.

Le projet de Guibert nous touche d’abord par sa simplicité, et on ne peut s’empécher de penser à Maus de Spiegelmann même si bien sûr le propos est, pour le moment, loin d’être aussi grave.
Le choix du noir et blanc, ainsi que le format de la collection Ciboulette (i.e. un demi-format A4) servent particulièrement le propos, et on peut espérer que le lecteur lambda de bandes dessinées passe outre la méfiance traditionnelle que lui inspire L’Association (un truc d’intellos mal dessiné, c’est bien connu) pour se lancer dans la lecture d’un ouvrage émouvant et précieux.

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Chroniqué par en novembre 2000