Les Olives Noires (t1)

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Un jeune Hébreu accompagne son père à Jérusalem à l’occasion de la fête de Pessach. Mais la ville sainte est sous mandat romain, et la cérémonie va rapidement se transformer en acte de résistance : le père est arrêté et le fils, accompagné de deux pauvres gaulois légionnaires, en fuite.
Sfar décide de s’attaquer au péplum hébraïque et c’est Hollywood qui est balayé ! Ici, pas de discours pesant sur la foi, pas de décorum pénible, ni manichéisme ni grandiloquence, Sfar adopte un ton résolument moderne, préférant toujours une forme réaliste, par exemple dans les dialogues, mais aussi dans les psychologies, à la préciosité prétendument historique d’habitude en usage.

Nul anachronisme dans ce lexique populaire usité par les Gaulois, puisque Sfar ne fait qu’adapter une langue vulgaire très vraisemblablement en usage à l’époque par des légionnaires.
Si ce premier tome semble orienter l’histoire vers une réflexion moderne sur la judaïté, il n’est pas nécessaire de s’intéresser à la religion pour lire Les Olives Noires, car le récit est riche et se développe, comme c’est une habitude désormais chez Sfar, grâce à une variété de thèmes tous universels : la relation d’un père et de son fils, la résistance à l’oppression, le rapport aux femmes, aux croyances, etc.
C’est donc une histoire très jubilatoire que l’on lit, avec toujours cette profondeur cachée, magnifiquement mise en scène par un Guibert, d’une sobriété lumineuse (dans les cadrages, dans le trait) qui nous renvoie directement à la ligne claire.

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Chroniqué par en juin 2001