Dorénavant a 30 ans

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Notes sur Hergé : Trois éléments déterminants (3)

III – La communication impossible

Pour deux raisons au moins, je ne mettrais pas ces notes au propre. La première, c’est le texte de Michel Serres, Rires / Les bijoux distraits de la cantatrice sauve, recueilli in L’Interférence, Hermès II, 1972. J’ai en effet entrepris la lecture de ce texte peu après avoir terminé le chapitre sur les correspondances chez Hergé, donc avant d’entamer ma réflexion sur la communication impossible. Après lecture du texte de Serres, une évidence s’impose : il n’y a rien à ajouter sur le propos, qui veut lire le chapitre trois sur la communication impossible n’a qu’à lire Les bijoux distraits de la cantatrice sauve. C’est une première raison.

La seconde est la suivante : mon propos était malgré tout de garder ce qui dans le texte de Serres fonctionnait à l’intérieur de ma démarche et de le compléter par quelques notes. Et puis, j’ai dû partir pour l’Allemagne pour un an début octobre, laissant ces Notes sur Hergé au chapitre 2. Je mets donc en guise de troisième chapitre mes notes et citations relevées lors de la lecture de l’article de Serres.

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Rires / Les bijoux distraits de la cantatrice sauve, recueilli in L’Interférence, Hermès II, 1972.

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« Notez-le au passage : l’oiseau se nome coco et les journalistes de Paris-Flash s’appellent entre eux mon coco. » L’oiseau, c’est le perroquet. Toujours cet amalgame entre le mal et l’oiseau.

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La non-communication, la correspondance-chute des théories, amènent au message non avenu : « La scène ici (p.19) est le modèle de tout le texte, et généralise l’image de l’escalier. Pourquoi faire l’effort d’écouter ou d’émettre du sens : tout message est non avenu. Il suffit de dire : Que s’est-il passé ? Que s’est-il passé ? (p.55). »

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Catachrèse : qui consiste à détourner un mot de son sens propre.

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« Le support de la catachrèse générale de la catastrophe ? Le texte prend figure de traité, car il y sont tous, et présentés soigneusement à l’émission et à la réception : cris d’animaux, son et musique, langage, plus l’ensemble des techniques de transport et de diffusion, les mass média, comme on dit. »
Esquisse du rapport qu’il y a entre l’extraordinaire défilé des moyens de transport (patins à roulettes, vélo, moto, auto, camion, bus, train, avion, parachute, fusée, soucoupe volante, etc.), de communication (lettre, colis, télex, tam-tam, radio, télévision, téléphone,, transmission de pense, etc.).
À noter pour le rôle de l’oiseau qu’une des rares utilisations de ce moyen de communication qu’est le pigeon voyageur (un oiseau !) l’a été contre Tintin dans le Lotus bleu. La communication impossible entre les êtres : comme si la mise en spectacle des moyens de communication était seulement là pour mettre en coulisse l’impossibilité de véritablement communiquer entre les êtres. Les personnages de Hergé ont des problèmes pour communiquer.

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Chaque personnage suit son propre développement sans se préoccuper du mouvement de son voisin. Quelquefois, pourtant, les personnages se parlent d’un territoire séparé à l’autre. C’est par exemple Carreidas dans Vol 714 qui salue Tournesol avec un chapeau alors qu’il n’en a pas sur la tête et qu’il croit en avoir un. Tournesol isolé dans son territoire voit un individu gesticulant de manière grotesque du bras droit. Tournesol ne comprend pas ce qu’il voit, ne risque pas d’entendre ce qui est dit (« Bonjour monsieur »). Résultat, cela finit en pugilat.

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La communication impossible : L’Affaire Tournesol, p.9. Le dialogue de sourds entre le brigadier, Haddock, Lampion et Tintin. Un exemple caractéristique de ce qu’est la communication entre les êtres chez Hergé.

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Chaque être vivant dans un espace séparé, mais tous ces espaces séparés étant réunis sur une même scène commune – à la manière des tableau du belge Paul Delvaux où les personnages évoluent de manière similaire sur la scène –, quand il y a communication entre deux individus situés chacun dans un territoire différent, elle ne peut qu’être approximative et narcissique. Le but de la communication devenant parler plus fort que l’acteur concurrent et, par extension, réciter son texte sans se préoccuper des répliques de l’autre. C’est par exemple le rapport de Haddock au marbrier et à la charcuterie Sanzot. La communication à partir de Tournesol, la Castafiore se trompant sur le nom : HJaddock. Exemple parfait de ces rapports de scène : dans les Bijoux, p.9, se présentant l’un à l’autre, la Castafiore prend Tournesol pour un sportif, et Tournesol, la Castafiore pour un peintre.

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Le défilé spectaculaire des moyens de communication chez Hergé est là donc pour mettre en coulisse la misère de la communication entre les individus. L’œuvre de Hergé est ainsi toute entière axée sur le langage. Ce rapport du spectacle et de la non-communication est en fait un reflet fidèle et parfaitement réaliste du monde moderne de cette fin du XXe siècle, où la propagande spectaculaire autour de la communication n’est là que pour mettre en coulisse ce fait essentiel qu’il n’y a pas de communication, mais des discours unilatéraux de spécialistes de la parole à des auditeurs-spectateurs. Là aussi, il y a un défilé des moyens de communication (vidéo, minitel, etc.)

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« Les gammes de Wagner emplissent le château. Les auditeurs supposent qu’il est au piano. En fait, un magnéto à transistor s’est substitué au pianiste : le répétiteur au lieu de la répétition ; personne à l’émission. À la réception, du bruit pur. En cours de message, Blanche a beau voir Igor debout, parler à distance de l’instrument, elle se persuade qu’il se livre aux arpèges qu’elle entend. La voix intercepte la vue et la brouille. La communication est nulle et non avenue : sans origine ni but, privée de tout contenu et de sens, bruit propre à gêner tout dialogue. Le message au contraire de ses fonctions, come l’absence de celui dont il doit témoigner la présence. Qui parle ? Personne. Le sujet à la source s’est évadé par l’échelle – et non par l’escalier – pour jouer au tiercé. »

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« Pour passer ses paris, Wagner téléphone : Sarah, Oriane, Séramis et collationne en répétant. D’où le lecteur conclut au code S.O.S., signal de détresse dans les romans d’aventure du moins : nouvelle catachrèse. »

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Les Bijoux, le message non avenu : Boulu promet mais ne tient pas, la Castafiore déclare mais ne tient pas (recevoir la presse).

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« Vous connaissez la route ou non ; votre véhicule est en bon[manque du texte]. Du maximum de communication possible résulte un minimum de réel. Notre monde est plein de ces inversions. »

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Rapport de Serres entre la communication de la parole et les moyens de communication du corps : « Les Dupondt contrepètent, bégaient, répètent et accumulent les pataquès : leur “deux-chevaux” s’écrase sur le camion de la télévision. Souvenez-vous du bel italien disert et de sa préférence en machine de sport. Wagner l’humble, l’effacé, l’accompagnateur silencieux part en vélo pour le village. Haddock, le plus démembré par la catachrèse promène son entorse, son plâtre et sa poupée dans une voiture d’infirme […]. Les tsiganes dans leur roulette ont entre eux un étrange parler. »
Rapport établi entre le langage et le déplacement. À chaque noubeau rapport de langage correspond un nouveau moyen de transport, proportionnel au langage tenu, rapide et clair pour l’italien disert, chaotique pour le bégayeur (voir le Spectre d’Ottocar : le bégayeur montrant la voiture de Tintin était dans une roulotte. Lien établi ainsi entre le défilé des moyens de communication ou de la parole et le défilement des moyens de déplacements.)

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« On tourne, Tournesol prend l’émission par la réception. Il intervient et par là intercepte. Interruption, ça ne tourne plus. Il s’est pris les pieds dans les fils : c’est un chemin qui barre l’autre. Les voies s’encombrent au carrfour. Notez qu’il est sourd, il ne comprend pas le malentendu. D’où sa colère : personne ne me dit jamais rien. »

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Dans Les Bijoux, un condensé des moyens de communication et de déplacement : roulottes, automobiles, camions, chaise roulante, navire (p.49), bicyclette, taxi, téléphone, lettres, télégrammes, appareil photo, magazine, quotidien, télévision, radio, magnétophone.

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Pour résumer Hergé :
« À l’émission, mettez en présence un sourd et deux perroquets. Je parie qu’à la sortie vos obtiendrez un vieux loup et un rossignol. Que s’est-il passé, que s’est-il passé dans la boite à métamorphose ? Le dialogue de sourds avec les perruches est la source du message et un modèle possible de tout le circuit. Y a-t-il quiproquo ou malentendu ? Pas tellement, pas plus qu’à l’ordinaire. Ils parlent bien de la même chose, de Bianca : mais l’un d’une pie ou d’un rossignol, et l’autre d’une rose. L’autre d’un croisement, le premier d’un mariage. L’approximation n’est pas si mauvaise. On a vu pire avec Tournesol. »

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Une remarque sur Les Bijoux, en relation avec le rôle de l’oiseau chez Hergé : il y a deux oiseaux dans cet ouvrage, tout deux jouent un rôle négatif : le perroquet et la pie. Le troisième personnage négatif de l’histoire est la Castafiore, c’est-à-ire le rossignol milanais.

Notes sur Hergé : Trois éléments déterminants
I – Le hasard-rebondissement (Dorénavant n°3)
II – Les correspondances, notes sur le comique hergéen (Dorénavant n°4)
III – La communication impossible (Dorénavant n°5)
IV – Annexe : Le rôle de l’oiseau (en préparation).

Barthélémy schwartz

Anthologie Dorénavant de la bande dessinée (4)

Bagatelles douces (1937), Kandinski
Un conglomérat (1943), Kandinski
Felix Miro (1986), Pablo Echaurren
Matisse mouse (1987), Pablo Echarren
Sous le feu (1967), Pierre Alechinsky
To be with art is all we ask (1970), Gilbert & Georges
There were two young men (1971), Gilbert & Georges
The general jungle (1971), Gilbert & Georges
The bar (1972), Gilbert & Georges
Boite en valise (1938), Marcel Duchamp
La mariée mise à nue par ses célibataires mêmes (1916), Marcel Duchamp
The Eve of St. Agnès (s.d.), Harry Clarke

Rectification : le titre de l’œuvre n°7 (Dorénavant n°3) de Hugo Pratt est Quand le spleen argentin chaloupe au rythme du tango (1935) et non Tango à Buenos Aires pour Corto.

Dorénavant et la critique

(esquisse d’une situation de Dorénavant dans la bande dessinée)

Dorénavant pose un problème nouveau aux spécialistes du commentaire. Qu’ils se rassurent, nous allons le compliquer.

Le critique n’aime pas les objets insaisissables. Face à de tels objets qui fonctionnent comme pierre d’achoppement, il montre subitement les limites de ses commentaires et ce qu’il est essentiellement. Quand un critique ne comprend pas la démarche d’un groupe comme Dorénavant, de deux choses l’une : ou bien il ne la comprend pas effectivement, et il ne comprend pas davantage le mouvement de la bande dessinée moderne ; ou bien il a intérêt à ne pas la comprendre.

Deux démarches du critique face à un objet insaisissable : chercher à appréhender cet objet ou y renoncer. S’il cherche à comprendre cet objet pour en parler, il se met en jeu aussitôt devant tous : ou il comprend effectivement le mouvement de cet objet, et dans ce cas il peut alors en parler et on peut l’écouter avec respect ; ou bien il n’y parvient pas , et alors il montre à tous les limites du territoire qu’il est à même d’appréhender et l’espace réduit de sa compétence.

Deux démarches du critique qui renonce à comprendre son objet : en parler malgré tout, ou se taire sur son existence. Ou il en parle malgré tout et déforme volontairement la réalité de cet objet, ou il en parle avec honnêteté et la déforme involontairement.

Le critique qui déforme volontairement la réalité d’un objet a forcément intérêt à le faire, sans quoi le mieux serait qu’il n’en parle pas. Ou bien il le fait parce que son métier est de parler de tous les objets présentés en vitrine, quoiqu’il arrive, et il parlera de cet objet particulier n’importe comment mais malgré tout (car dans cette affaire, l’important est de parler quand vient son tour d’antenne) ; ou bien il le fait parce que cet objet peut devenir un futur objet de spectacle et occuper un espace lorsqu’il y en aura un de vacant.

Le critique qui parle indifféremment de n’importe quel objet parce que son métier est de parler de tous les objets quels qu’ils soient dès lors qu’ils sont sur la scène quand c’est son tour d’antenne, ce critique est déconsidéré par tous ses collègues, et dans le meilleur des cas par tous les lecteurs de critiques ; aussi, nous ne reviendrons pas sur son cas : ce critique est tout ce que nous venons d’en dire.

Le critique qui parle d’un objet en en faisant un objet de spectacle, a besoin d’un objet spectaculaire pour donner du piquant à son discours généralement insipide. Cet objet spectaculaire lui permet, à condition qu’un dosage subtil entre la demande et l’offre ait lieu, de satisfaire chez ses lecteurs un désir d’informations qu’il a évidemment fait naître. Pour cela, ce critique a déformé la réalité de cet objet pour lui faire jouer un rôle. Pour cela, il a dû partir de quelques traits généraux exacts propres à l’objet en question, à partir duquel il a brodé un tout autre tissu et présenté un tout autre objet. A défaut de comprendre ce qu’était réellement cet objet, il s’est intéressé au spectacle de l’objet et en a fait un objet de son spectacle de critique. Ce critique, lorsqu’il parle de cet objet, parle en fait d’un autre qu’il a inventé et qu’il manipule. Lorsqu’il est en manque de sensationnel ou de papier, il sort cet objet spectaculaire de sa boite à malice et fait sensation pendant une courte durée : la courte durée de sa crédibilité.

Le critique qui déforme la réalité d’un objet quand bien même il en parle avec honnêteté, le fait involontairement. C’est alors son statut de critique spécialisé qui lui interdit d’étendre l’espace de sa compétence de critique afin de comprendre cet objet situé sur des frontières lointaines. Ce critique connaît le manuel et les règles du jeu. Aucune pièce du jeu ne le surprend par son mouvement, et il connaît l’ensemble des coups prévisibles. Ce critique est un excellent spécialiste du commentaire, mais sa spécialité même lui interdit toute compréhension dès lors qu’une pièce inattendue entre dans le jeu et entend y participer. Dès lors, voilà le critique confronté à une pratique nouvelle du jeu, pour laquelle il n’a jamais été formé ni préparé. Faute de comprendre les nouvelles règles du jeu, il est contraint à imaginer le sens de chacune d’entre elles. Et c’est ainsi que parlant avec honnêteté d’un objet par tout à fait comme les autres, ce critique en déforme la réalité involontairement.

Le critique qui renonce à parler d’un objet et pour cela se tait sur son existence, montre en négatif qu’il connaît très bien la présence de cet objet sur la scène, bien qu’il feint de ne pas le voir. En fait, son silence n’est qu’un laps de temps gagné sur une échéance à venir : il lui faudra bien dire à tous, un jour, s’il sait ou non parler de cet objet nullement invisible. Son silence est aussi le signe que, le cas échéant, pour préserver sa notoriété de critique compétent, il est capable d’être une entrave réelle au mouvement général des idées dès lors que ses compétences sont justement mises à l’épreuve par l’apparition non prévue de cet objet dans le champ de sa spécialité.

Barthélémy Schwartz

Dorénavant et la critique en 1986

« Dorénavant : revue de critique des critiques. À la fois féroce et confuse. Quelque chose qui rappelle les beaux jours des situationnistes, c’est dire ! »
(La Voix du Nord, 25 mars 1986)

« Dorénavant n°1 est une qui, dans l’esprit de Controverse, cherche un nouveau langue pour la critique BD. C’est ennuyeux et sans intérêt, mais doit être lu histoire de rigoler un peu. 25 pages. »
(Henri Filippini, Circus, mars 1986)

« À CRITIQUE, CRITIQUE ET DEMI. (…) »
(Les Cahiers de la bande dessinée, n°68, avril 1986)

« Controverse (la publication de Bruno Lecigne) poursuit son chemin. Le numéro 1 de janvier contient réflexion, réponses et commentaires. Déjà se dessine l’amorce d’une réelle controverse qui n’est plus seulement alimentée par Bruno Lecigne lui-même. Sylvain Bouyer (critique aux Cahiers de la bande dessinée) répond à Franck à propos des avant-gardes dans l’histoire de l’art. Jeanne Pujol constate (en quatre cases dessinées) le fossé qui sépare le principe et les faits, s’agissant du statut d’artiste de l’auteur. On assiste même à un curieux va-et-vient : Désormais l’Inaugurale n°2 répond à Controverse n°3. Autrement dit, leurs animateurs respectifs (Barthélémy Schwartz et Bruno Lecigne) dissertent par publications interposées. Thème de la “polémique” : “Œuvres et marchandises”, Affaire à suivre… »
(Rodolphe & Bronson, Spot-BD, n°1, avril 1986)

« À PROPOS DE BALTHAZAR KAPLAN ET BARTHÉLÉMY SCHWARTZ, Bouvard et Pécuchet s’énervent. »
(Thierry Smolderen, Controverse, n°4, mai 1986)

« Revue Dorénavant n°1 ? Se présente comme une revue de critiques ET auteurs de BD et ce numéro a été uniquement envoyé aux spécialistes de l’information BD. Une critique de la critique sur un ton nouveau, une démarche difficile pour B. Schwartz. »
(Louis Cance, Hop !, n°38, mai 1986)

« Le fanzine de Bruno Lecigne fait des émules. Barthélémy Schwartz qui publie par ailleurs Dorénavant engage une controverse avec le susnommé Lecigne à propos d’un article commenté dans Controverse. Bref, la critique ultra-spécialisée se mord la queue et tourne en rond. Risible. »
(Philipe Morin, PLGPPUR, n°20, juin 1986)

« Bruno Lecigne a parfois été défini comme le critique de la critique de BD (même si, dans le n°3 de Controverse, il m’avertit que ce bulletin ne se limite pas à la critique bédéphilique. Ce qui est manifeste depuis le n°2 ou, par exemple, Franck citait le peintre danois Jorn citant Marx ! Il va falloir désormais compter avec le critique du critique de la critique, Barthélémy Schwartz. Dans le premier numéro de son fanzine Dorénavant, il conclut sa réflexion par ces fortes paroles : “Bruno Lecigne devrait lire Bruno Lecigne” Mais il y a aussi dans Dorénavant des textes d’un intérêt plus général, comme une étude de Balthazar Kaplan sur Little Nemo, ou de furieuses attaques des deux compères contre les “héritiers d’Hergé”. En voici un échantillon : “Floc’h qui raconte en 1985 des choses se passant dans les années cinquante de Hitchcock avec des pseudos scenarios à la Christie, s’il avait été Hergé en 1929, aurait dessinée, à la Benjamin Rabier, les aventures de Poil de carotte de Jules Renard.” Méchant, mais pas totalement injuste, non ? »
(Dominique Petitfaux, Le Collectionneur de bande dessinée, n°50, juin 1986)

« Il y avait Bruno Lecigne et l’équipe des Cahiers, voici Balthazar Kaplan et Barthélémy Schwartz qui sur des bases différentes parlent avec le même ennui de notre bonne vieille BD. Au sommaire de ce numéro : dorénavant et la bande dessinée, Dorénavant et la critique et les BD de Dorénavant. On aime ou on laisse tomber dès les premières lignes. 28 pages. »
(Circus, n°101, août 1986)

« Ba-Ba. Le monde de la critique est actuellement électrochoqué par les coups d’aiguillon des critiques de la critique, les fameux duettistes Balthazar Kaplan et Barthélémy Schwartz, à l’origine de la fameuse angoisse dépressive ouvrardienne. Ils frappent Encore, en fait j’exagère, ils se contentent de glisser sous les paillasson leurs Feuille de réflexion Désor­mais et Dorénavant, ce qui bien sûr nous amène à Maintenant qu’Arthur Cravan colportait devant le Salon des Indépendants en 1914. Ce côté provocateur les rend sympa­thiques, et leur postulat palissade – la BD est Influencée par le commerce – ne peut qu’être approuvé. Cependant, quand ils poussent la polémique jusqu’à proposer, dans leur préface au numéro 2 de Dorénavant, « de séparer les revues qui AGISSENT dans le mouvement de la bande Dessinée », on peut sourire à cet essai normatif. Des noms ? Des duels ? Nous ne sommes pas Apollinaire et Marie Lauren­cin ! Ils sont aussi dessinateurs et viennent d’orga­niser une expo de leurs œuvres. Renseigne­ments : B. Schwartz, 14 rue de Normandie, 75003 Paris. Ou téléphone chez B. Kaplan (47.89.59.60). »
(Le Collectionneur de BD, n°51, septembre 1986)

« Ensuite, pour les théoriciens de la BD, et plutôt que les insipides et nombrilistes Cahiers de la BD dénoncés pour leur partialité par la plupart des éditeurs, il existe désormais Dorénavant, un trimestriel de 30 feuillets qui questionne les structures mêmes de la narration graphique mais du point de vue du créateur. C’est assez proche je crois, dans l’es­prit du moins, de l’excellent Taka deTinta réalisé a Barcelone. Dès son premier numéro, Dorénavant a réussi a distiller la zizanie entre au moins 6 à 8 critiques professionnels de BD, c’est dire. (Dorénavant, Schwartz et Kaplan, 14 rue de Normandie, 75003 Paris) »
(News from France / BDsup international, octobre 1986)

« Ce fanzine énerve, exaspère et en­nuie de nombreuses personnes de la rédaction de PLG. Restent que les dessins de Barthélémy Schwartz publiés dans ce numéro ont quelque chose de je-ne-sais-quoi. (Pas de prix, 14 rue de Normandie, 75003 Paris).
(PLG, n°21, novembre 1986)

« Dorénavant n°3 est paru. Un sommaire toujours en béton pour ceux qui cherchent à compliquer à plaisir le contenu de nos chères BS : la réponse des divers magazines et fanzines aux questionnaires de Dorénavant vaut le détour… 14 rue de Normandie, 75003 Paris. »
(Circus, novembre 1986)

« Avons vu le n°3 de la revue Dorénavant, 32 pages de “décortication” de la BD par B. Kaplan et B. Schwartz qui poussent l’étude d’une planche jusqu’à l’extrême limite, fouillant les cases pour en réaliser un traité physiologique… Une “Étude sur Hergé” est incluse dans ce n°, au-delà de la critique BD, Schwartz et Kaplan “psychanalysent” l’homme et son œuvre (ce qui reste assez rébarbatif et n’engage que leur “moi” profond…) On trouvera aussi les réponses à un questionnaire adressé aux Zines de BD (dont Hop !, Dynamick, Bedestock, Rubrica, et l’AB  !) Mais combien vaut donc Dorénavant  ? ? ? Nous le saurons peut-être en écrivant au : 14 rue de Normandie, 75003 Paris. »
(L’Annonce Bouquins, n°20, novembre 1986)

« Gratifiant aussi, parfois, par son comique involontaire, Dorénavant de Schwartz et Kaplan est maintenant en vente en librairie. »
(Le Collectionneur de BD, n°52, décembre 1986)

« Désormais l’Inaugurale test un nouveau organe de réflexion sur la BD envoyé gratuitement aux «“happy few” qui se font assassiner à l’intérieur. Dessinateurs et théoriciens, Barthélémy Schwartz et Balthazar Kaplan récidiveront peu après avec Dorénavant. »
(L’Année de la bande dessinée 86-87, décembre 1986)

Dossier de & en janvier 2016

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