#TourDeMarché (4e saison)
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(note : cette rubrique reproduit sous forme d’article à fin d’archivage des fils thématiques publiés au départ sur les rézosociaux)
A nouveau vendredi, et toujours un petit goût de rattrapage post-Angoulême dans le #TourDeMarché, puisque cette semaine, on va s’intéresser aux récompenses (autrement appelées « prix littéraires »). C’est parti !
En effet, il y a quinze jours, le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême a accouché d’un palmarès couronnant Luz et son Deux filles nues, l’année du dixième anniversaire de l’attentat contre Charlie Hebdo. Le Figaro précise par ailleurs que « Deux filles nues avait préalablement gagné le grand prix de la critique de l’ABCD 2025 et le prix Wolinski 2024 de la BD du Point. » Une sorte de consensus critique, alors ? Pas si vite. Les habitués de cette rubrique irrégulière savent que je me suis déjà penché sur le sujet (cf. ici et là), jamais deux sans trois, comme on dit.
Si le succès commercial se juge immanquablement à l’aune des chiffres de GfK, il est plus difficile d’estimer le succès d’estime que peuvent rencontrer certains ouvrages et qui prend diverses formes : retours critiques, couverture médiatique ou récompenses symboliques. Chaque angle d’attaque présente ses avantages comme ses inconvénients, qu’il s’agisse de la recherche d’exhaustivité, les disparités d’importance entre médias, ou simplement la forme d’unanimité que peut encourager la pression de l’actualité (« vous n’éclairez que la lumière », avait ainsi déclaré Jean-Louis Gauthey à l’intention des journalistes, lors de la troisième Université d’été de la bande dessinée qui s’était tenue en juillet 2008).
Pour ma part, j’ai choisi, il y a quelques années, de m’attacher à une liste de sept prix décernés annuellement, prix généralistes qui publient dans un premier temps une « sélection » de titres nommés au sein desquels est choisi le lauréat. Outre les Fauves du FIBD, ce sont donc le Grand Prix de la Critique ACBD, le prix Ouest-France Quai des Bulles, le Grand Prix RTL de la Bande Dessinée, le Prix de la BD Fnac-France Inter, le Prix des Libraires de Bande Dessinée et le prix Landerneau BD. Les sélections de ces titres ont des tailles variables, allant de la dizaine (RTL, Quai des Bulles, Landerneau, libraires) au double (Fnac-France Inter), Angoulême se situant hors catégorie avec plus d’une quarantaine d’ouvrages dans la Sélection Officielle. Côté historique, je suis remonté jusqu’en 2012, puisque c’est la première année pour laquelle est décerné le prix de la BD Fnac — sachant que les prix de l’ACBD, du FIBD et donc de la Fnac, sont annoncés l’année suivante, le prix 2013 couronnant alors la production 2012.
Ce qui m’intéresse, dans l’histoire, c’est de voir quels sont ces ouvrages qui vont réunir autour d’eux une forme de consensus, sans s’arrêter au seul prix (qui résulte du choix d’un jury), mais en prenant en compte l’éventail plus large de ces sélections. Cela se traduit par le graphique suivant, qui traque, année après année, le nombre de multi-nominés au sein de ces 7 différentes listes.
Globalement, il y a en moyenne une vingtaine de titres multi-nominés, et une dizaine de titres nommés trois fois ou plus. A noter qu’en douze années de suivi, seuls deux titres ont fait un carton plein : Il faut flinguer Ramirez t1 en 2018 et Peau d’Homme en 2020. Depuis 2012, une douzaine de titres ont raté le Grand Chelem à une nomination près, le dernier en date, en 2024, étant La Route de Larcenet — qui n’a pourtant récolté aucun prix, malgré son statut de grand favori implicite. Comme quoi.
Derrière avec 5 nominations, Ulysse & Cyrano est reparti avec trois prix (Libraires/RTL/Landerneau), devançant un trio de titres nommés 4 fois : Au-dedans (prix Fnac), Revoir Comanche (Fauve Polar) et Idéal (reparti bredouille). A noter que Ulysse & Cyrano et Idéal ne figuraient pas dans la sélection du FIBD, enlevant de facto le premier (pourtant multi-primé) de la liste des prétendants au Fauve d’Or. Même quand il y a consensus, celui-ci n’est pas forcément partagé par tous. Quant au Deux filles nues de Luz, il n’apparaît que dans trois listes sur sept (ACBD, FIBD et Libraires), mais repart couronné de deux prix (ACBD et Fauve d’Or, donc). Difficile d’y voir une course gagnée d’avance…
Par contre, cette articulation entre Ulysse & Cyrano d’un côté, et Deux filles nues de l’autre (qui concentrent à eux deux 5 des 7 prix auxquels je m’intéresse) reflète les différences qui peuvent exister au sein de ces récompenses. Grand public contre plus exigeant, pour faire vite. Rappelons que les prix Landerneau, Fnac-France Inter et Libraires sont des prix de libraires, alors que les prix RTL et ACBD sont des prix « de journalistes »… et que cela se retrouve dans les « affinités » que l’on peut observer entre les différentes sélections.
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l’autre bande dessinée


Super contenu ! Continuez votre bon travail!