#TourDeMarché (5e saison)

de

(note : cette rubrique reproduit sous forme d’article à fin d’archivage des fils thématiques publiés au départ sur les rézosociaux)

Vendredi est de retour, c’est donc #TourDeMarché, et puisque la fin janvier approche, on va parler saisonnalité et (absence de) FIBD. C’est parti !
Je ne vais pas revenir sur les événements qui ont agité le petit monde de la bande dessinée tout au long de l’année 2025, et qui ont mené à l’annulation de l’édition 2026 du FIBD, remplacée par un « Grand Off » et des « Fêtes Interconnectées de la BD » un peu partout en France (pour plus ample information, je vous renvoie à legrandoff.com et girlxcott.org pour les programmes des deux manifestations et les principes qui les sous-tendent).

Pour revenir au FIBD qui n’aura pas lieu, en 2017, France Info s’interrogeait : « BD : y a-t-il un effet Goncourt sur les ventes des albums primés à Angoulême ? » et d’indiquer : « Si on a souvent comparé le Fauve d’or aux autres récompenses ultimes comme la Palme d’or à Cannes ou au prix Goncourt, on n’a qu’une idée assez vague de son impact en terme de ventes. » D’où ce précédent #TourDeMarché essayant d’apporter une réponse. Mais au-delà de la Sélection Officielle et du Palmarès, dont l’impact évolue entre la récompense symbolique et le coup de pouce commercial, il me semble que le FIBD a, de par sa nature de rendez-vous annuel et médiatique, une autre forme d’impact sur le marché.
Je sais bien que l’attrait du #TourDeMarché réside avant tout dans les graphiques colorés dont je parsème mes élucubrations, et celui-ci n’y échappera pas. Admirez plutôt :

Bon, quoi-t-est-ce ? me demandez-vous. Il s’agit là, selon GfK, de l’évolution du nombre de sorties hebdomadaires tout au long de l’année, pour la période 2010-2015, la bande saumon correspondant à la semaine du FIBD. En rouge, la médiane pour la période considérée, et en bleu, la situation à date pour l’édition-2026-qui-n’aura-pas-lieu (et qui est limitée par les chiffres actuellement disponibles). Vu les dates mouvantes de la manifestation, et le fait que certaines années comptent 52 semaines et d’autres 53, c’est la meilleure manière que j’ai trouvée de permettre de comparer les différentes années, au prix d’une période estivale écartelée aux deux extrêmes.
L’ensemble de la courbe présente une saisonnalité connue : un creux marqué en juillet-août, suivi d’une période très soutenue au moment de la rentrée, suivie par un nouveau creux très marqué durant le mois de décembre, la mise en rayons pour Noël étant alors entérinée. J’attire votre attention sur le mini-pic que l’on observe à l’abord du fameux week-end de fin janvier, qui montre une activité à nouveau soutenue avant une accalmie de quelques mois. signe d’un certain nombre de sorties programmées pour la fenêtre du FIBD.
Le même graphique réalisé pour chacun des quatre grands segments identifiés par GfK (MANGAS / COMICS / BD DE GENRES / BD JEUNESSE) révèle des dynamiques très différentes.

Soit en gros : la BD JEUNESSE se positionne avant tout pour Noël, MANGAS et COMICS sont sur une dynamique de flux continu typique d’un format périodique, et ce serait donc la BD DE GENRES (et donc de création) qui cherche à bénéficier de l’exposition du Festival. Cet impact peut paraître assez relatif quand on considère la tendance globale de ces courbes, surtout comparé au pic très marqué que connaissent les MANGAS à l’approche de Japan Expo. sauf qu’il s’agit là d’un phénomène d’une nature différente. Dans ce cas précis, on a justement un fonctionnement périodique qui se voit perturbé par l’événement, voyant les sorties prévues pour la période juillet-août ramassées sur la semaine de Japan Expo, occasionnant un creux très marqué par la suite. La particularité du pic de janvier (qui se retrouve aussi côté manga), c’est la rapidité de la reprise après la période des fêtes, qui ressemble (avec une intensité légèrement moindre) à ce que l’on peut observer au moment de la fameuse rentrée littéraire.

Du côté des courbes de saisonnalité du marché, on observe combien janvier se maintient à un bon niveau post-décembre, avant le creux marqué de février-mars. Reliquat des ventes de Noël ou impact des sorties programmées pour le FIBD ? Probablement un peu des deux.

Dossier de en janvier 2026

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