Portrait
mai 2019

DoubleBOB en multiplicités

par Annabelle Dupret

Dans le livre La Crâne rouge de Nicole Claude et de DoubleBOB publié au FRMK en collaboration avec La « S » Grand Atelier dans la collection Knock Outsider! en 2012, s’offrait déjà au regard des images (de nature à la fois parcellaires et instantanées) de fragments de textes en lettres capitales (retranscriptions en apparence brutes de paroles de Nicole Claude) et de pièces dessinées en alternance par les deux artistes. En s’offrant successivement sur la feuille et en donnant à voir une simultanéité autant qu’une multiplicité de facettes d’un même sujet (les auteurs s’y confondant presque), c’est la nature même de l’image comme lieu symbolique qui y était exaltée. L’exploration se poursuit aujourd’hui avec le tout petit recueil de DoubleBOB Mes Locataires (FRMK, collection Florette, 2018), cette fois-ci réalisé en solo et continuant à investir l’image dans ses simultanéités (de lectures) et dans ses multiplicités (de sujets), reflet d’une articulation première et d’un siège narratif.

Portrait
avril 2019

Delmas x Clément Vuillier

par Gabriel Delmas

Clément Vuillier, plutôt discret et loin des protubérances punk de l’édition underground, propose, dans ses livres et illustrations, un dessin élégant et ordonné à côté de formes plus libres et expressives dans ses sculptures et ses fusains. De nos jours, L’artiste a intégré plus que jamais, le livre, le ‘zine, le médium bande dessinée comme un champ d’exploration possible de ses figures et figurations. Le mouvement qui se montre, un peu partout dans le monde, a compris, grâce à ses aînés, que l’art actuel était total, ni populaire, ni élitiste, ni maudit, ni commercial, mais au croisement des expériences et des cultures, d’où qu’elles viennent. Il faut surtout les articuler et en exposer le sens.

Portrait
mars 2019

Les éditions Artefact

par Maël Rannou

Le samedi 27 juin 2015, une grande réunion d’ex-Artefactiens a eu lieu à Soisy-sous-Montmorency. S’y trouvaient les membres fondateurs mais aussi des acteurs moins connus de cette aventure. Grâce à Jean-Pierre Mercier, nous avons pu poser un ensemble de questions débridées pour tenter d’obtenir un balayage assez exhaustif des différents aspects de cet éditeur atypique.

Portrait
février 2019

Thomas Gosselin

par Voitachewski

Thomas Gosselin a pris l’habitude d’apparaître là où on l’attend le moins. Il y a exactement dix ans, du9 l’avait interviewé une première fois, l’interrogeant alors sur des premiers livres qu’il avait lui-même scénarisés et dessinés : L’humanité moins un, Au recommencement, ou Les héros avancent masqués : autant de livres surprenants. Une décennie plus tard, Thomas Gosselin a ajouté a sa bibliographie quelques chefs d’œuvre, parmi lesquels Lutte des corps et chute des classes (avec François Henninger au dessin) ou encore Lettres d’amours infinies. Retour sur une année 2018 particulièrement riche.

Portrait
décembre 2018

Pré Carré, cinq ans de réflexion

par Voitachewski

du9 avait déjà consacré un entretien à l’équipe de Pré carré en mai 2014, à l’occasion de la parution du troisième numéro de la revue. Celle-ci a donc atteint cinq printemps, une réelle gageure, voire un exploit, pour une publication de ce genre. A la relecture de l’introduction de cet entretien, on serait presque tenté de faire un copier-coller: paysage critique dépeuplé, publication aussi exigeante qu’expérimentale, aussi riche que radicale, aussi incisive qu’intelligente. Pourtant (et naturellement) les choses ont évolué en cinq ans: la bande dessinée bénéficie d’une reconnaissance de plus en plus importante dans les milieux intellectuels bien-pensants et le marché de l’art. Le paysage, bien que toujours dépeuplé, a aussi évolué comme on le verra ci-après. Autant d’excuses pour un nouvel entretien fleuve avec L.L. de Mars.

Portrait
novembre 2018

Jeremy Perrodeau

par Thomas Flagel

Thomas Flagel : Les lecteurs de Crépuscule (paru chez 2024 à l’automne 2017) vont prendre un malin plaisir à découvrir Isles, un […]

Portrait
octobre 2018

Emil Ferris

par Marius Chapuis

Cet entretien avec Emil Ferris dans le cadre de sa venue au Festival America, à Vincennes, était destiné à nourrir un portrait pour Libération. Les codes de l’exercice expliquant pourquoi, les questions portent davantage sur l’auteure que sur son ouvrage Moi, ce que je préfère c’est les monstres, qui avait déjà fait l’objet d’un article quelques mois plus tôt, à l’occasion de la prépublication des premières pages du livre dans le journal. L’exercice du portrait exige aussi de questionner les orientations politiques de l’interrogée, ce qui donne à la fin de l’entretien sa coloration particulière. Le caractère personnel de la rencontre est un échange, l’auteure nous posant à son tour des questions personnelles qu’il aurait été malvenu d’éviter. Dans la mesure du possible, ces passages ont été coupés, tout comme les déclarations faites par l’auteure sur le ton de la confidence. 

Portrait
septembre 2018

Lisa Mandel

par Mathieu Péquignot

Depuis la parution en 2006 de Libre comme un poney sauvage, carnet de son voyage en Argentine, Lisa Mandel est un peu devenue une vétéran de la bande dessinée du réel. Peut-être moins connue qu’Etienne Davodeau ou Mathieu Sapin, elle fait pourtant partie de ces bourlingueurs de la bande dessinée qui montent en première ligne, toujours avec un œil militant mais sans se départir d’une légèreté, dans le trait comme dans le ton, qui est sa marque de fabrique.

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juin 2018

Tracy Chahwan

par Mathieu Péquignot

À 25 ans, la libanaise Tracy Chahwan vient de publier son premier album de bande dessinée, intitulé Beirut, Bloody Beirut, aux éditions Marabulles. Il raconte l’histoire de deux jeunes femmes qui ne se connaissent pas, mais qui décident, à la sortie de l’aéroport de Beyrouth, de partager un taxi pour rentrer chez elles. Sauf qu’au gré des détours de Karim, le taximan, elles se retrouvent finalement à errer toute une nuit dans la capitale libanaise. De la banlieue sud tenue par le Hezbollah aux quartiers chrétiens de l’Est, elles croisent la route d’une galerie de personnages, tous plus fous les uns que les autres.

Portrait
juin 2018

Delmas x Poincelet

par Gabriel Delmas

Frédéric Poincelet est un dessinateur atypique. Acteur et observateur attentif des productions underground imprimées du milieu parisien, son œuvre s’y déploie depuis les années 80 et principalement dans des graphzines et bandes dessinées indépendantes. Il se passionne aujourd’hui pour la lithographie. Exclusivement dessinateur ou presque, il porte son regard attentif sur le dessin dans son champ le plus vaste, et évolue vers une harmonie de plus en plus classique.

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mai 2018

« Dedans le livre » : entretien avec Arbitraire

par Benoît Crucifix

Presque par définition, l’arbitraire perturbe et introduit du hasard, du chaos, mais aussi une certaine liberté dans ce qu’il touche. Entre éditeur sauvage et professionnel, entre le fanzine photocopié et le dos carré-collé, Arbitraire assume une identité protéiforme, qui permet justement au collectif lyonnais de faire coexister différentes manières de faire et de voir. Sans imposer une ligne unique, et tout en modestie, Arbitraire travaille cependant à une politique éditoriale en actes qui tient autant de son organisation que des livres publiés et du temps donné à ceux-ci pour exister.

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mai 2018

Aurélie William Levaux – Écritures

par Annabelle Dupret

Dans les dessins et les écritures d’Aurélie William Levaux, plusieurs vitesses se télescopent souvent, pour s’enchevêtrer inextricablement sur le papier. Si le trivial peut s’y introduire par toutes les voies, il peut aussi, par exemple, y être entouré de décors et d’environnements aux faux-airs mythiques. On connaissait ses broderies et ses réalisations sur tissu (de longue haleine), où une végétation troublante y proliférait en conférant à l’ensemble, à la fois une présence allégorique intemporelle et une nature brute. Mais aujourd’hui, répondant à de nouvelles nécessités de l’auteure, la vitesse de réalisation de ses dessins et de ses textes a fait voler en fumée tous ces archétypes visuels passés. De part et d’autre, un rejaillissement est à l’œuvre où, sous un jour nouveau, l’écriture punk de l’artiste livre sur le papier des couleurs instinctuelles dont les accords et les discordances teintent (une fois de plus selon moi) une nature hiératique indomptable.