du9 a vingt ans

de

(ou « vingt ans d’éphémère »)

Et donc, du9 a vingt ans. Cela peut vous sembler étrange, mais ces vingt ans nous ont pris par surprise. Il y avait bien eu, pour les quinze ans (ou à peu près), la nouvelle version du site et une exposition organisée à la galerie qu’animaient alors nos amis d’Upian. Mais la routine avait rapidement repris le dessus, et ces considérations d’âge (respectable) avaient été écartées.

D’ailleurs, je ne pense pas qu’à aucun moment, l’un de nous trois se soit imaginé que la bête pourrait tenir vingt ans — en fait, il faut avouer qu’aux premiers jours de 2005, il avait été envisagé de mettre un terme à ce qui semblait être une longue agonie (et deux années de mises à jour des plus clairsemées) : neuf années de du9, pour une belle mort en présence du triumvirat réuni.
Il faut croire que du9 ne voulait pas mourir, et décision avait été prise, ce jour-là, de faire renaître le site, non plus dans sa version « webzine » mensuelle (où comptait tout autant d’évoquer l’existence de certaines bandes dessinées que d’en commenter le contenu), mais dans une version plus moderne, timidement 2.0 et résolument hebdomadaire. Plus de place pour les images, des textes souvent plus (trop ?) longs aussi, l’apparition de rubriques récurrentes — la mue s’opéra en douceur.

« Irrégulier et dilettante », aimions-nous souvent dire pour résumer l’esprit de l’endroit. Mais c’est surtout une forme d’entêtement qui a prévalu — à vouloir tenir, semaine après semaine, faisant fi des accusations d’élitisme ou de mauvais coucheurs, et continuant à suivre cette ligne de conduite faite d’exigence, d’indépendance et de curiosité.
Ce fut d’ailleurs une autre surprise que de découvrir que nous n’étions pas seuls. Qu’il y avait d’autres lecteurs qui, comme nous, avaient envie d’écrire sur cette « autre bande dessinée » (autre tant par sa nature que par le regard que l’on y porte), et qui nous ont rejoints pour un bout de chemin, apportant leur voix singulière à l’ouvrage collectif.
Encore une surprise, enfin, de voir que ce discours qui s’est toujours refusé la tiédeur (s’efforçant de conjuguer subjectivité constructive et analyse objective), a réussi au fil du temps à obtenir une forme de reconnaissance. Qu’ils/elles soient éditeurs, auteurs, festivals, etc. — tous ou presque ont fini par s’habituer, permettant à cette nébuleuse de « simples lecteurs » de continuer à faire de belles et riches rencontres.

Vingt ans plus tard, du9 tient toujours.

Humeur de en mai 2017

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