Sibylline retrouvée
Dossier de David Turgeon en février 2009

Étrange, qu’il y en ait eu autant. Voilà ce que je me disais en fermant la monographie consacrée à Macherot par l’éditeur Mosquito. Étrange, qu’il y en ait eu tellement, et aussi longtemps : je veux parler des inédits de Macherot, plus précisément les inédits de Sibylline parus dans le journal Spirou entre 1983 et 1990, dont j’avais lu la liste avec une certaine curiosité. Cela faisait beaucoup de titres dont je n’avais jamais entendu parler avant ce moment-là. Alors ça m’a intrigué cinq minutes, et puis j’ai pensé à autre chose.

Plus tard, je n’habitais plus au même endroit, j’avais agrandi ma bibliothèque, je n’avais jamais eu autant de place auparavant, alors je collectionnais de quoi mettre dedans. Cela faisait quelques années que je cherchais routinièrement Macherot dans les bouquineries montréalaises. Une fois de temps en temps, je trouvais un de ses livres et à force, j’en avais amassé pas mal. Au début c’était excitant : je savais la rareté de chaque volume que je trouvais, parfois en mauvais état d’ailleurs, mais cela m’était indifférent puisque je cherchais surtout à les lire et que ces histoires-là n’étaient pas trouvables autrement, ce qui fait que chaque nouvelle acquisition était comme une petite victoire sur l’entropie, cette force maligne qui use les livres et les fait pourrir dans les greniers des uns et les caves des autres.
L’excitation se tassa, les émotions du début s’émoussèrent mais je ne cessai pas de chercher Macherot, je ne cessai pas non plus de le trouver, d’ailleurs, mais à chaque fois c’était imprévu et imprévisible : vous entrez chez tel bouquiniste, sans idée précise et là, vous en voyez un : mettons Célimène en collection verte. Tiens, je ne l’avais pas, celui-là. Évidemment, on n’y pensait pas alors on tombe dessus, c’est la règle. Mais d’autres fois, on y pense en fait très fort, on passe la porte de chaque marchand avec l’idée qu’aujourd’hui, c’est sûr, il y a un Macherot qui vous attend. Et comme de fait : quelqu’un s’est départi de son Khrompire, il vous attendait dans l’édition « Péchés de jeunesse », c’était comme si vous aviez rendez-vous. Enfin nous nous rencontrons, Chaminou.

Bref, plusieurs précieuses acquisitions plus tard, me voilà en possession de Sibylline et le Kulgude, paru en 1985, dernier tome de la série, dernier album de Macherot également, tome funeste donc. Mais pas seulement, parce qu’à la lecture, il s’y trouvait une énergie inattendue, quelque chose de crépusculaire sans doute, c’est à dire à l’heure des feux d’artifice : une comédie appuyée, insulaire, spectaculaire, gracieuse et sans but aucun. Mais rien pour dire : ça finit ici. Pas d’au revoir au lecteur, aux personnages. Au contraire, le récit est engrangé dans une fuite en avant dont on se demande bien ce qui pourrait l’arrêter. Et pourtant, après ça, rien. Pas de tome 12 pour Sibylline.

La lecture me surprend dans mes suppositions. Retour à la monographie pour confirmer ce qui me semble soudain clair : ce que je tiens dans les mains n’est pas du tout le dernier Macherot, loin s’en faut. Il y a eu autre chose ensuite, et pas qu’un peu : j’épluche les bibliographies, prends ma calculette et compte 260 planches inédites, toutes postérieures au Kulgude. Toutes laissées à elles-mêmes dans les pages de Spirou. Du même souffle, je découvre le peu de considération que l’on donne à ces histoires : lecteurs et critiques s’entendent là-dessus : c’est la période mineure, ça part en couille, c’est n’importe quoi, rien à voir avec Chlorophylle ou Chaminou.
Macherot a toujours eu ce fardeau à porter : à en croire ses critiques, quoi qu’il fasse, c’était toujours meilleur avant. Peu importe ce qu’il ferait ensuite, ce serait dilué, corrompu, sans objet. D’ailleurs, son éditeur, Dupuis, semble partager cette opinion peu charitable puisqu’il a cessé de publier ses livres.

* * *

Tout avait bien commencé pourtant : au milieu de la décennie 1950, l’auteur a trente-deux ans et possède déjà à son actif trois beaux albums cartonnés dans la prestigieuse collection du Lombard. Puis voilà que l’éditeur le déclasse en « collection Jeune Europe » : au luxe du carton succèdent de modestes couvertures souples. Disons que le prestige est moindre. Qu’à cela ne tienne : Macherot livre deux chef-d’œuvres au journal Tintin (les Croquillards et Zizanion le terrible) mais l’éditeur oublie de les éditer, embarrassé peut-être par quelques allusions politiques, ne digérant en tout cas pas trop cette manie qu’a l’auteur à nous rappeler qu’un carnivore est toujours l’assassin de son repas. [1]

Les humiliations ne cessant manifestement pas — et elles continueront — Macherot se dit qu’il ferait mieux d’offrir ses services à Spirou, où il est accueilli à bras ouverts par tout ce que la maison comporte de gens de goût. Pour sa première histoire, Chaminou et le Khrompire, c’est le tapis rouge : offensive publicitaire, tambours et trompettes : le Macherot nouveau est là. C’est une renaissance.
Puis les goûteurs, progressivement, font la fine bouche. Chaminou, c’est bien, mais ça ne vaut pas Chloro. Qu’est-ce qu’il nous fait là, le transfuge, chacun sait que des animaux mignons dans un polar, ça ne se fait pas — et puis, encore ces histoires de bêtes qui se bouffent entre elles ! (On se prend tellement au jeu de l’identification aux protagonistes, furent-ils des animaux : facile alors de confondre carnivores et... cannibales.)
L’arrivée triomphale se transforme en grande débandade : même Franquin est déçu. [2] Macherot, pas plus insouciant qu’un autre, entend le message et décide de revenir à « ce qu’il fait de mieux » : la nature, les petits bosquets champêtres, ce genre d’endroits où ça ne choque personne de rencontrer de jolis petits animaux sauvages. Nous sommes en 1965.

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’Elixir le maléfique", planche 24A

Alors Macherot invente Sibylline. Il réussit d’abord à tromper son monde. On croit à un retour en catimini de Chlorophylle (que Le Lombard, propriétaire exclusif du personnage, fait maintenant dessiner par de bons travailleurs honnêtes de la bédé). Les premières aventures, très dynamiques, belliqueuses même, ne peuvent que conforter le lecteur dans cette idée : superficiellement, Macherot rejoue son grand classique, Chlorophylle contre les rats noirs, en modifiant un peu la sauce. Sauf qu’à bien y regarder, l’auteur n’est pas tout à fait là où on le croit : il faut dire que pour créer ses nouveaux protagonistes, il ne s’inspire pas du tout des mâles gamins de sa série précédente mais plutôt de deux personnages secondaires d’un épisode tout aussi secondaire de Chloro, le Furet gastronome (1962) : un couple de souris tout ce qu’il y a d’ordinaire, un peu trouillard, sans envergure particulière, n’inspirant aucune crainte : son art du juste patronyme, jamais démenti, leur donnera pour noms Sibylline et Taboum : la femme d’abord, donc.

Macherot avait toujours donné le beau rôle à ses méchants : Anthracite, quel acteur ! Mais ses gentils ? Chlorophylle n’était au fond qu’un banal Spirou en forme de lérot — le Spirou bagarreur du premier Franquin, certes, mais on ne s’y attache pas pour autant. Sibylline est une jeune dame qui a du caractère, qui se fâche volontiers, et dont les tartes sont fameuses dans tout le pays. Son fiancé Taboum tient ostensiblement le second rôle et ça ne l’embête pas particulièrement. Entre eux, pas de tension : c’est un vrai de vrai couple tranquille, casanier, petit-bourgeois même, à l’image de celui de l’auteur avec son épouse Josette dont il a dit-on toujours été très proche. En quoi Macherot s’imagine-t-il qu’il tient là un sujet en or ? Il doit avoir une idée derrière la tête...

Puis, mauvaise nouvelle : Macherot fait une sale dépression, qu’il a peut-être bien chopé de Franquin. Son dessin déprime également : ses compositions deviennent aléatoires, ses personnages, dessinés tout petits, semblent flotter dans l’éther. Adieu le Macherot printanier : disparues, les amples et généreuses floraisons : à leur place est plaquée la nature banale et sans imagination : arbre par-ci, gazon par-là, nuages dispersés sur un ciel mécaniquement bleu. La maladie est terrible. Mais elle a une fin. L’auteur se remet tranquillement, livre quelques nouveaux récits, que l’éditeur, qui y comprend de moins en moins que dalle, continue néanmoins de rendre disponible au public. On ne lit peut-être plus Macherot, mais on s’est habitué à sa présence, Macherot est bizarre mais il est rassurant : et puis son dessin a repris du poil de la bête, même si ses histoires prennent soudain la nuit pour décor, si les printemps ont laissé leur place à ces automnes chatoyants et froids hivers de grande neige sortis d’on ne sait où, car nous ne les lui connaissions pas.

Entre-temps, Le Lombard réédite Chlorophylle dans un ordre plus ou moins fantaisiste sous de nouvelles couvertures, invariablement pourvues d’un cadre vert et fleuri, question de rendre explicite le fantasme par lequel on présente toujours Macherot : c’est un « champêtre », c’est notre poète de la nature : regardez comme son univers est gentil. Et l’éditeur d’y coller la tête de gaillard de l’auteur et d’y détailler par le menu ses faits d’armes :

RAYMOND MACHEROT
Né le 30 mars 1924 à Verviers (Belgique).
Humanités anciennes.
Service militaire : Royal Navy en 1945.
Jobs :
1946 : Ouvrier dans le textile, commis aux écritures.
1947 : Journaliste.
1951 : Reporter photographe.
1953 : Dessinateur de B.D.
Amateur d’Art et de Musique.
Hobbies : Jardinage et brocante.
Passion : la NATURE.
 [3]

Voilà donc notre homme : un militaire, puis un ouvrier, puis un journaliste : on l’imagine aventurier un peu bourru, porté par les événements — et dans tout ça, pas la trace d’une éducation artistique : c’est un naturel. D’ailleurs, vous le voyez bien : il fait du jardinage, il aime la nature, à tel point qu’il faut l’écrire en majuscules.

Le Lombard a terminé sa besogne de charcuterie. À tout le moins, l’exercice a permis à Chloro de retourner en librairie, quoiqu’en pièces détachées. Chez Dupuis, on s’apprête à faire le contraire. Un monsieur du marketing du nom de Jean Van Hamme se fait nommer PDG et ne trouve rien de mieux à faire que de pilonner les séries qui ne se vendent pas. C’est d’abord à cette opération que l’on doit la rareté actuelle des albums Sibylline. L’année 1985 voit donc le dernier livre signé de Macherot seul : le très étrange Sibylline et le Kulgude. Dupuis ne fera pas de rééditions. Les historiens de la bédé, voyant la source se tarir, s’empressent d’écrire le mot fin. Une belle carrière se termine, une époque s’achève...

* * *

C’est à dire que non.

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Armés d’une liste de numéros manquants, nous fouillons des boîtes de carton empilées au sous-sol d’une librairie du Plateau. Josiane tient le cahier alors que j’épluche les revues en disant au fur et à mesure les numéros de Spirou que je trouve, numéros qu’elle s’affaire ensuite à approuver, ou non, selon la présence dudit numéro dans ladite liste. Nous ressortons avec une pile ça d’haut. Ça ne coûte pas très cher. Elles n’ont pas beaucoup de valeur, en fait, ces revues. Nous faisons le tour des bouquinistes avec un acharnement nouveau. De retour à la maison, nous lisons nos trouvailles.

Surtout, je remets tout ça dans l’ordre de parution et je vois bien maintenant que toutes ces histoires-là se suivent, elles ont chacun un titre, on pourrait croire qu’elles sont indépendantes mais pas du tout : les personnages du Kulgude reviennent, continuent leur vie, deviennent parfois autre chose. Nous ne sommes plus dans l’aventure mais dans la chronique. Un grand récit prend forme, étonnant, original, palpitant, dépassant en envergure tout ce que Macherot a jamais fait. Un grand récit que personne n’a jamais lu. Une grande œuvre composée sous notre nez à tous, entièrement à notre insu et aujourd’hui éparpillée en une multitude de morceaux disparates, mais dont la recomposition, une fois les morceaux retrouvés, ne pose pas le moindre problème.

Comment en est-on venu à ignorer à ce point un ouvrage aussi vaste ? En fait, la réponse est assez simple : bien avant qu’il fut privé de publication album, Macherot ne livrait déjà plus ses histoires que dans l’indifférence générale : dans le courrier des lecteurs, on porte aux nues le Scrameustache et les Petits Hommes, pendant que Jean-Charles, 10 ans 1/2 déplore la rareté de Franquin dans les pages du journal. [4] De Macherot on ne s’inquiète guère trop.

Des lecteurs de l’époque confessent qu’ils évitaient ses histoires, qu’ils les trouvaient décousues, sans objet, qu’ils en concluaient que voilà bien un dessinateur sénile, et puis quand est-ce que Dupuis va se décider à s’en débarrasser de ces encombrants fossiles ! On n’est pas au musée ! Après tout, chez Spirou, c’est l’époque des « Cartes blanches » : il faut renouveler la marchandise, place au sang neuf, vive les jeunes ! (Pendant un temps, ça allait : lesdits jeunes imitaient encore un peu trop maladroitement leurs aînés ; ça laissait un sursis aux dits fossiles.)
De toute manière, le journal est hebdomadaire et il faut le remplir, on ne peut pas vendre des pages blanches, les petits lecteurs ne seraient pas contents. Du Macherot fera bien l’affaire. On ne comprend plus trop ce qu’il raconte, celui-là mais au moins, on connaît son dessin, c’est un peu sombre mais c’est joli et ça ne dépare pas. Les histoires se succèdent donc au fil des ans, jusqu’à la dernière, qui paraîtra dans le journal au courant de l’été 1990. Macherot prend alors sa retraite et, gagné par l’aigreur, ne touchera plus à la bande dessinée.
Le catalogue dépérit. Le Lombard continue d’orchestrer d’étranges rééditions, toujours partielles, jamais bien satisfaisantes. Dupuis oublie son existence. Un éditeur tente une reprise (ironique) de Chaminou, puis une autre (servile) : aucune ne trouve la faveur du public. Qui se rappelle de Chaminou, à part une poignée de critiques criant au chef-d’œuvre ? (Passe encore : on voudrait bien croire au chef-d’œuvre, déjà faudrait-il trouver la chose en librairie.) Même chose pour Sibylline, qu’un petit éditeur (Flouzemaker) essaie modestement de réanimer avec l’aval de Macherot. On se demande encore là — et c’est triste de se le demander — quel public cette nouvelle reprise compte trouver.

Il existe pourtant une très forte nostalgie de Macherot. Celle-ci se retrouve chez certains vieux lecteurs. Les plus âgés d’entre eux regrettent le tiercé de départ : Chlorophylle et les rats noirs, Chlorophylle et les conspirateurs et Pas de salami pour Célimène, trois grands livres il est vrai. Certains s’ennuient du tout Chloro, portent les Croquillards aux nues, avec raison. D’autres, plus jeunes, versent une larme pour Chaminou et le Khrompire, et on les comprend. En général, ça s’arrête là : ce qui vient après, c’est « comme le bruit atténué des séries précédentes », pour reprendre les mots du critique Jean-François Chevalier. [5] C’est cette nostalgie un peu bornée qui a assuré le succès de cette déplaisante édition « millésimée » des premiers Chlorophylle, commise il y a peu de temps, gracieuseté toujours des récidivistes du Lombard, objet éditorial ignoble que tous les lecteurs auraient dû renvoyer sauvagement à l’éditeur avec sommation d’apprendre à traiter son patrimoine avec un minimum de tenue. [6]

Mais voilà, je ne suis pas ici pour crier à l’injustice mais plutôt pour souligner que, des années après avoir réalisé les titres ci-haut nommés, un auteur a su commettre secrètement une nouvelle œuvre absolument remarquable et d’une très grande ampleur, passée inaperçue même de ses plus ardents exégètes et qui, lorsqu’on prend du recul et qu’on sait enfin la reconnaître, compte, on ne peut que le constater, parmi les œuvres les plus singulières qu’ait engendré la bande dessinée belge. Cette œuvre, sans conteste la plus ambitieuse de l’auteur, s’étale sur la majorité des épisodes de la série Sibylline mais, en elle-même, elle n’a pas de titre. Pour faire vite, et parce qu’il faut bien lui donner un nom, je propose de l’appeler le Grand Récit Fantastique.

[Ce texte se poursuit dans « Le Grand Récit Fantastique ».]

[1] On doit à Jacques Glénat d’avoir édité ces histoires une première fois en 1977, près de vingt ans après leur création. Le Lombard rectifia le tir et, trois ans plus tard, les reprit à son catalogue.

[2] Franquin dont le Nid des marsupilamis emmerdait supposément tout le monde lors de sa prépublication dans Spirou... Comme quoi.

[3] Texte de présentation de l’auteur en quatrième de couverture de la « collection verte » du Lombard.

[4] Le succès des Petits Hommes est, de façon perverse, le succès de Franquin dont Seron, on le sait, a entièrement calqué la manière, comme celui du Scrameustache est celui de Peyo, aussi aux abonnés absents dans la décennie 1970 puisqu’il supervise les dessin animés des Schtroumpfs. Quant à Macherot, s’il a eu des imitateurs tardifs, peut-on lui trouver une seule véritable émule ?

[5] Jean-François Chevalier, « Sibylline m’était contée » dans Jean-François Douvry et Jean-Pierre Mercier (éd.), Macherot, une monographie, Mosquito, 1998.

[6] À propos de cette édition « millésimée », lire Jean-Noël Lafargue dans ces pages, « Luxe inutile », mai 2006.

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10 RÉACTIONS
#01
Sibylline retrouvée
Ah, ya encore des gens qui y pensent, à la dernière période de Sybilline ! Moi & ma chère et tendre, on se sent moins seuls... Petite précision bibliographique d’après la monographie de Mosquito : Flouzemaker à édité des inédits en album de sybilline dans un tirage de luxe (3 histoires courtes), plus sybilline & le petit cirque, sous le nom sybilline et la lande aux sortilèges. Et pour ce qui est des heritiers de macherot, 3 me viennent à l’esprit : De Thuin a fait un excellent "à la manière de" dans le denier patate douce, Nylso me semble être un cousin éloigné (pas sur qu’il connaisse bien, mais le parallèle me parait évident), et Menu bien sur, mais si pour lui, ça n’est qu’une influence parmi d’autres.
par Un inconnu le 13 février 2009 | Répondre à ce message
>01
Sibylline retrouvée
la réédition du petit cirque est plutôt malheureuse, puisqu’elle omet l’épisode de la « baguette rose ». quant aux tirages de luxe, ce ne sont justement pas des tirages accessibles au commun des mortels. si j’omets de mentionner ces volumes, c’est que je trouvais qu’il y avait des choses plus importantes à dire, simplement. heureusement, il y a tous ces judicieux commentaires où trouver les compléments d’information qui s’imposent à mon jugement très sélectif. :)
par david t le 18 février 2009 | Répondre à ce message
#02
Quand retrouvera-t-on Sibylline ?
Pour m’être replongé récemment dans les numéros de "Spirou" des années 80, je confirme que ces épisodes perdus de l’œuvre de Macherot sont fantastiques à tous les sens du mot. Ne parler que du "Scrameustache" et des "Petits Hommes" n’est pas très gentil cependant : Il y avait de très bonnes choses dans Spirou à cette époque : les premiers "Broussaille", les premiers "Théodore Poussin", les derniers "Bidouille et Violette", les meilleurs "Jérôme K Jérôme Bloche"... Toutes ces séries avaient à la fois un dessin plus réaliste et un ton plus romanesque, voire plus romantique, que les productions des épigones de Franquin ou Peyo. Vu que le dessin de Macherot se rattache à un style plus ancien, on peut comprendre que des lecteurs en quête de nouveauté n’aient pas compris, ni eu la patience d’entrer dans l’univers si particulier de ces pages de Macherot, si simples en apparence, mais si étranges qu’elles demandaient un effort particulier, différent des séries plus immédiatement séduisantes des jeunes talents de cette époque. Espérons que pour pouvoir enfin lire une bonne intégrale de Sybilline, il ne faudra pas attendre aussi longtemps que l’on a attendu pour que Dargaud en fasse une du "Concombre Masqué"...
par Matrok le 14 février 2009 | Répondre à ce message
>02
Quand retrouvera-t-on Sibylline ?
oui, mais avant broussaille et théodore poussin, les nouvelles séries les plus plébiscitées par les lecteurs étaient bel et bien les petits hommes et le scrameustache. il faut relire le courrier du lecteur du spirou de 1975-76. :) (le numéro 1971 contient une surprise.)
par david t le 18 février 2009 | Répondre à ce message
>02
Quand retrouvera-t-on Sibylline ?
Belle surprise dans ce 1971 en effet, on y découvre le petit Jean-Christophe Menu (11 ans) déjà pédant et fan de Séron. Trouvant les Déboussolés de Watch et Bom : nuls, mais les petits hommes : extra, sublime, parfait. Il a donc toujours eu un goût de chiotte ce garçon.
par Laurent le 11 novembre 2011 | Répondre à ce message
>02
Quand retrouvera-t-on Sibylline ?
et vous lisiez quoi, à 11 ans, monsieur colonnier ? proust, joyce, rien de moins, je suppose... éclairez-nous.
par david t le 14 novembre 2011 | Répondre à ce message
#03
Sibylline retrouvée
Apparemment ce n’est pas Flouzemaker qui va entreprendre une intégrale digne de ce nom. La seule chose qu’ils semblent être capable d’éditer, c’est du 48 page cartonné couleur. Quand à Dargaud, ils n’ont jamais fait que regrouper les six albums Dargaud du concombre, imprimés sur du mauvais papier, en ignorant soigneusement tous les inédits de Pilote et L’Echo des savanes, et sans que ça les empêche d’intituler la chose "l’intégrale des années Pilote".
par Un inconnu le 16 février 2009 | Répondre à ce message
>03
Sibylline retrouvée
apparement, flouzemaker a prévu des integrales de sibylline dans l’ordre chronologique. monsieur Turgeon, mettez leur la pression pour qu’il gachent pas ça !
par Un inconnu le 13 mars 2010 | Répondre à ce message
>03
Sibylline retrouvée
Quel dommage de lire ces commentaires d’inconnu tentant de descendre en flamme une jeune maison d’édition "Flouzemaker" qui doit son nom au corbeau commerçant de la BD. Effectivement Flouzemaker n’édite pas seul cette intégrale, Casterman se chargeant de l’impression et de la distribution, la réalisation de l’ouvrage étant exclusivement l’oeuvre de Flouzemaker.
par un autre inconnu le 20 septembre 2011 | Répondre à ce message
#04
Sibylline retrouvée
Ah ce Chaminou et le Kromphire... C’est un des quelques livres marquant que j’ai eu à dispo durant mon enfance . Ils ne sont pas beaucoup ceux qui m’ont fait forte impression mais il est de ceux là. Ambiance polard, humour féroce ("non c’est un canard mais ça reste de la viande de léopard"). L’univers de Macherot est effectivement assez à part de ce qui ce faisait, mais quel talent. Merci de cet article qui éclaire son parcours, des fois on imagine les auteurs sur un piedestal, portés aux nues par les éditeurs et les lecteurs, mais ce n’avait pas l’air d’avoir été le cas, dommage pour lui car il le méritait.
par Quebeuls le 20 février 2009 | Répondre à ce message
BRÈVES
D’ici de là-bas
25 janvier 2012
A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Neuf
4 décembre 2011
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Tirer un trait/Tisser des liens
4 novembre 2011
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.
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