#TourDeMarché (4e saison)
- (1) Acquisitions
- - (2) Influenceurs
- - (3) Booktracking
- - (4) Top 2024
- - (5) Récompenses
- - (6) Commentaire de texte
- - (7) Pass Culture (RIP)
(note : cette rubrique reproduit sous forme d’article à fin d’archivage des fils thématiques publiés au départ sur les rézosociaux)
Angoulême, c’est fini, la bande dessinée quitte le feu des projecteurs jusqu’à la rentrée et le début de la campagne de lancement du prochain Astérix, année impaire oblige. Soit le moment idéal pour s’intéresser au top 2024, #TourDeMarché, c’est parti !
Chaque année, c’est comme un rituel : la semaine précédant les grandes festivités du côté de la Charente, Livres-Hebdo publie son article-bilan sur l’année précédente, mélange de chiffres made in GfK et de considérations diverses recueillies auprès des éditeurs. « En net recul en 2024, le marché de la bande dessinée a particulièrement souffert de l’effritement des ventes de mangas, selon NielsenIQ GfK. Il reste cependant très au-dessus de son niveau de 2019. »
Mais outre ces réflexions sur lesquelles je reviendrai peut-être lors d’un prochain #TourDeMarché, il y a le fameux top 50 qui vient compléter et enrichir les perspectives tendancielles et globales portant sur le marché. Voyons donc ce qu’il nous dit pour 2024. (je n’ai pas vu le fameux tableau circuler sur les rézosocios, et vu qu’il apparaît dans le magazine — payant — de Livres Hebdo, je ne me permettrai pas de le publier ici, mais grâce à une bonne âme qui se reconnaîtra, vous pourrez au moins consulter le top « indicé » sur les ventes du premier)
Avec des ventes cumulées atteignant 6,2 millions d’exemplaires, ce top 50 est (à l’instar du marché au global) en retrait par rapport à 2023 et 2022 (resp. 8,3m et 8,4m), mais au-dessus de 2019 (5,3m) malgré la sortie d’un Astérix cette année-là. Les ventes se répartissent comme suit : 40 % de manga et assimilés, un tiers de Mortelle Adèle, le reste se partageant quasi équitablement entre albums classiques (15 %) et romans graphiques vendus à plus de 20€ (13 %).
Alors oui, Inoxtag a fait les gros titres cette année, comme l’avait fait Astérix l’année dernière, en décrochant la première place du classement. Mais la réalité, c’est que depuis 2020, Mortelle Adèle écrase la concurrence, gauloise ou japonaise. En 2024, les 17 titres estampillés Mortelle Adèle (série régulière ou hors-séries) cumulent plus de 2 millions d’exemplaires vendus, plaçant notamment l’ensemble des tomes 1 à 10 et les trois derniers (19-20-21) dans ce top 50. Visiblement, le changement de structure (passage de Bayard à Mr Tan & Co) n’a pas eu d’impact négatif sur les performances de la série, qui a dépassé les 15 millions d’exemplaires vendus en cinq ans (2020-2024).
Derrière Instinct et Mortelle Adèle et complétant le quintet de tête, on trouve le premier volume de Moi, Fadi le frère volé, suivi de La Route, du dernier Blake et Mortimer et du nouveau Lucky Luke… ce petit monde devançant le premier manga, One Piece tome 107. Il y a là un nouvel équilibre du marché qui se dessine, dans lequel les « grands classiques » ne règnent plus en maître, mais se voient concurrencés par les mastodontes du roman graphique, malgré des niveaux de prix bien plus élevés.
On trouve plus bas Histoire de Jérusalem, sorti en 2022, Le Monde sans fin datant de 2021, et La Vie secrète des arbres, paru en 2023, signe d’un succès construit dans la durée, sur un marché qui avait jusqu’ici donné la prime à la nouveauté. A l’inverse, Astérix (en 14e position) et Gaston (33e) bénéficient essentiellement de ventes résiduelles suite à leur sortie à la fin de l’année précédente… prenant des allures d’un produit saisonnier, qui peinerait à séduire une fois l’événement passé.
Les autres albums (« 48CC ») de ce top 50 sont Les vieux fourneaux t8 (18e) et Les enfants de la résistance t9 (45e)… laissant Les Cahiers d’Esther t9 (19e) dans un entre-deux indéterminé, pas vraiment album classique sans être un roman graphique pur jus pour autant. Pour ma part (mais sans données concrètes pour l’appuyer), je soupçonne que les lectorats des deux catégories (album vs roman graphique) se recoupent assez peu, relevant d’attentes et de circuits de prescription très différents. Avec cette diversité accrue des propositions en bande dessinée, il sera intéressant de guetter l’évolution de la taille du lectorat, par exemple dans les études biennales réalisées par le CNL sur les Français et la lecture.
Enfin, que penser du fléchissement du manga ? avec 21 titres en 2024 pour 39 % des ventes cumulées (contre 23 pour 36 % en 2023), la bande dessinée japonaise semble marquer le pas, puisqu’elle représentait plus de la moitié des ventes du top 50 en 2022 et 2021. En effet, on observe un recul de l’ordre de 10 % des ventes des nouveautés par rapport aux sorties comparables l’année précédente, que ce soit pour One Piece, Dragon Ball Super ou Jujutsu Kaisen. De plus, One Piece n’a eu que 2 sorties (contre 3 en 2023), aggravant la situation. Ensuite, il faut ajouter la baisse des ventes des premiers volumes de Naruto ou de One Piece, de l’ordre de 30 %, par rapport à leur niveau de 2023. faut-il y voir le début de la fin, ou y aurait-il d’autres explications à cette évolution ?
On le sait, le manga est une véritable « lecture populaire », puisque le genre est le seul qui recrute majoritairement du côté des CSP- (cf. l’étude Les français et la bande dessinée du CNL, réalisée par Ipsos en 2020). et c’est là que l’inflation entre en jeu. En effet, le prix moyen des mangas présents dans le top 50 s’établit à 7,48€ en 2024, contre 6,80€ en 2021… soit une augmentation de 10 %. pour des lecteurs peu fortunés, cette augmentation a pu entraîner des arbitrages dont les achats de mangas ont fait les frais.
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l’autre bande dessinée


Super contenu ! Continuez votre bon travail!