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| (c) Marguerite Abouet & Clément Oubrerie / Extrait de "Aya de Yopougon" | ||

Prix du meilleur premier album à Angoulême, Aya de Yopougon détonne dans le paysage de la BD africaine. On est loin des clichés ou des histoires de guerre. Pour une fois, le décor africain n’est pas traité d’un point de vue d’Européen émerveillé par la couleur locale ou choqué par la violence des guerres civiles. Aya prend le parti de raconter la vie quotidienne d’une jeunesse africaine « normale », avec ses amourettes, ses amitiés gaies et parfois torturées, qui sont le quotidien des ados du monde entier.
Car l’album de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie est une BD destinée aux ados. Et là aussi, elle surprend agréablement dans un genre difficile.
Premier album de la collection « Bayou » chez Gallimard Jeunesse, Aya est née dans l’imagination de Marguerite Abouet, une scénariste Franco-Ivoirienne qui vit en France depuis de nombreuses années et dont c’est le premier projet BD. Clément Oubrerie, illustrateur pour enfants, fait entre autres de l’animation, mais c’est aussi son premier album.
Cette relative inexpérience se transforme en atout quand il s’agit de raconter le quotidien d’Aya, 19 ans en 1978, dans ce quartier tranquille de Yopougon où règne une ambiance festive et de solidarité.
L’album s’ouvre sur une scène quotidienne. Une case sépia dans laquelle trône la télévision familiale occupe toute la page. Elle montre une publicité célèbre pour la bière Solibra « notre bière reconnue dans toute l’Afrique de l’Ouest ». Le père d’Aya travaille d’ailleurs dans la brasserie locale, ce qui entraîne de nombreuses péripéties au cours de l’histoire.
Avec Binetou et Adjoua, ses deux copines, Aya est en train de passer à l’âge adulte. Mais contrairement à ses copines qui préfèrent « gazer » (sortir) au « ça va chauffer », le bar en plein air le plus branché, avec les « Genitos » (jeunes flambeurs), l’héroïne pense à ses études et son avenir de médecin.
Ce scénario entraînant est porté par un dessin maîtrisé, qui mêle habilement un crayonné précis et très expressif à des couleurs intenses qui font ressortir des atmosphères très convaincantes. Outre le début à l’effet « sépia » réussi, les pleines pages d’ambiance, qui rappellent le métier d’illustrateur de Clément Oubrerie, fonctionnent comme des portes vers le quartier, qui apportent beaucoup aux cases plus classiques. La page nocturne parvient ainsi magnifiquement à faire ressentir l’impression de chaleur et de mystère de la nuit d’Abidjan.
Même chose pour les scènes très « disco fever » des soirées dans le bar en plein air, avec ses coupes afros, ses jeans pattes d’eph’ et ses chemises hallucinogènes, qui sont très crédibles grâce au choix de couleurs rouge ou mauve, très disco, justement.
Enfin, la page qui annonce la naissance du bébé d’Adjoua (qui ne ressemble d’ailleurs pas du tout à son père Moussa !), fait penser à un carnet de voyage, avec les coups de crayons pour la pluie et les deux personnages qui courent, de dos. Encore une case-page qui pourrait être extraite de la BD et exister en elle-même. Ces pages sont comme des bonus dans cette BD décidément séduisante.
Et à propose de bonus, comment ne pas évoquer le « Bonus Ivoirien », qui fera bien rire ceux qui connaissent l’Afrique... et les autres ! Outre le lexique très utile, on y apprend comment rouler des fesses, porter un pagne ou cuisiner de la sauce aux arachides. Du bonheur.
Espérons que la suite des aventures d’Aya conservera cette fraîcheur qui fait une grande partie de son charme.
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par Guy Gaye le 19 mai 2006
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Apparemment le 3 est en préparation et sortira en septembre !
Il ya quelques cases visibles sur le blog de Clément Oubrerie
par Un inconnu le 10 avril 2007
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A l’occasion de l’édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ARGH Association et Entre les cases proposent l’exposition « D’ici de là-bas », qui propose une géographie de la bande dessinée à hauteur d’artiste. Le commissariat en est assuré par Pierre-Laurent Daures (copinage inside). Rendez-vous est donné au 18 boulevard Pasteur (face au Pavillon Jeunes Talents) à Angoulême, du 26 au 29 janvier.
Ami lecteur, lectrice mon Amour, l’occasion était trop belle. Non seulement du9 s’apprête à faire peau neuve, mais voici que Cornélius (ami et admiré de longue date) vient d’installer ses nouveaux bureaux non loin d’Upian, notre habilleur officiel. Alors, histoire de fêter l’événement sous le regard bienveillant des deux parrains, sept auteurs viennent s’illustrer du 9 au 30 décembre prochains sur les murs de la galerie Since (211 rue Saint-Maur, Paris Xe) : Ludovic Debeurme, Nadja Fejto, Grégory Mardon, Fanny Michaelis, Hugues Micol, Giacomo Nanni, Benoît Preteseille — dignes représentants de cette nouvelle bande dessinée que Cornélius s’attache à découvrir et à faire connaître. Vernissage prévu le 9 décembre à 19h.
Du 16 au 18 novembre 2011, le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME organise le colloque international « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale : tirer un trait/tisser des liens », qui se tiendra à l’université de Liège (Place du XX août 7, 4000 Liège). Les trois journées de réflexion porteront sur les aspects historiques, thématiques et économiques des structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ». Programme détaillé des interventions ici.