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C’est pas tous les jours fête

de Guerse & Pichelin

Nouvel ouvrage de la Collection Centripète des Requins Marteaux, C’est pas tous les jours fête resplendit dans sa superbe livrée bleue, du plus bel effet à côté de l’orange de The Autobiography of Me Too. Et même si, après vérification, la chose est une réédition d’un livre de l’an 2000, on y retrouve la même veine d’autofiction que dans le récit de Bouzard, mettant en scène des personnages ressemblant étrangement à leurs auteurs.

Jugez plutôt : Marc Pichelin (au scénario), épaulé de Guillaume Guerse (au dessin), raconte les (més)aventures de Guillaume (dit «Gégé») et Marco, losers sympathiques. Lesquels Guillaume et Marco, afin de «boire à l’œil» au buffet d’un vernissage se font passer pour … auteurs de bande dessinée. Mais attention, pas de la BD comique — de la BD sérieuse, «ce qui (les) intéresse, c’est le concret, le quotidien».
Et le concret, le quotidien, ce sont les boires et déboires des deux compères, chômeurs et pique-assiettes, qui attendent le jour de fête (le jour du RMI) pour aller se payer une tournée au Jour de Fête (le bar d’à côté).

Du fait de l’écriture à quatre mains, sans doute, on perd l’aspect «confidences» qui faisait le charme de The Autobiography of Me Too, mais on garde le même humour souvent teinté d’autodérision — dérision qui n’a ici rien d’«auto», vu qu’après tout c’est (Marc) Pichelin qui tire les ficelles d’un récit où Guillaume (Guerse) est de loin le plus loser : coincé avec les filles, souffre-douleur de ses potes et subissant les conséquences des sorties provocatrices de son comparse [1] .
Mais comme le dit le titre, «c’est pas tous les jours fête». Et un bon petit album comme ça, ça ne se refuse pas.

[XaV|signature]

Quand tout va mal, heureusement il reste les potes. Du trottoir au « jour de fête », célèbre bar de la ville d’Albi, le chemin est semé d’espoirs et de désillusions. Difficile existence que celle de cette bande de copains. Saint RéMI priez pour nous et accordez nous quelques tournées en rab. Que les femmes nous aiment, que les patrons de bar soient compréhensifs et que la bière soit bonne. A la faveur de la nuit, nous sortirons explorer le monde, à la conquête d’un peu d’amour et d’un peu de joie.

La joyeuse équipe des Requins Marteaux est de retour avec cet album bourré d’humour corrosif. Après avoir sorti une belle liste de comics, de petits ouvrages et le magazine Ferraille, voici un premier vrai album (avec une couverture souple quand même). Un premier essai avec ce format d’album plus conventionnel pour essayer d’élargir leur diffusion.

Loin des niaiseries habituelles dont sont remplis les bacs « humour » des grandes surfaces, Guerse et Pichelin nous font rire avec des personnages vrais et attachants. A lire sur la plage avant de prévoir sa soirée d’été.

[François|signature]

Notes

  1. Au point que l’on pourrait se demander si la conclusion de la dernière histoire n’était pas là en guise d’excuse, Pichelin tentant de rattraper avec une semi happy end toutes les vacheries des pages précédentes…
Site officiel de Les Requins Marteaux
Chroniqué par Xavier Guilbert & François Boyer en décembre 2004

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