#TourDeMarché (5e saison)
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(note : cette rubrique reproduit sous forme d’article à fin d’archivage des fils thématiques publiés au départ sur les rézosociaux)
C’est vendredi, et j’ai un peu honte car mes belles résolutions concernant le #TourdeMarché n’ont pas tenu bien longtemps, et cela fait plus d’un mois que je n’ai rien posté. On va donc essayer de se rattraper… avec la dernière étude en date du CNL. C’est parti !
Vous le savez peut-être, chaque année le Centre National du Livre réalise une grande étude sur la lecture, alternant une version globale (« Les français et la lecture ») et des versions plus ciblées, portant généralement sur les jeunes. Dont acte en 2026, avec « Les jeunes français et la lecture » cru 2026, qui fait suite aux études de 2024, 2022 et 2016, l’édition 2018 ayant été consacrée aux « jeunes adultes » et celle de 2020 s’étant penchée sur la bande dessinée. L’ensemble des études ainsi réalisées depuis 2014 sont disponibles sur le site de l’institution, et il s’agit bien sûr d’une source de données absolument essentielle.
Comme une partie des études précédentes, le cru 2026 est disponible en plusieurs formats, allant de l’infographie succincte au rapport détaillé en passant par le communiqué de presse et la synthèse des points importants. Personnellement, j’ai une préférence marquée pour le rapport détaillé, parce que justement ces études donnent lieu à des observations nuancées, et construisent un portrait du lectorat qu’il n’est pas facile de résumer en une ou deux punchlines.
Pas de chance, c’est un peu sur ce mode que fonctionne aujourd’hui une bonne partie du traitement de l’actualité, ce qui fait que l’on retiendra surtout ce cri d’alarme sur la baisse de la lecture chez les jeunes, repris en cœur dans les médias (cf. Le Monde ou Radio France). Et Le Monde d’indiquer : « Le Centre national du livre a publié, mardi 14 avril, une étude confirmant le décrochage de la lecture chez les 7-19 ans, dont les capacités d’attention sont de plus en plus fragmentées à cause des réseaux sociaux. »
On trouve ainsi en introduction de la synthèse de l’étude ce graphique, détaillant l’évolution de la lecture « pour l’école/le travail » auprès des jeunes depuis 2016 (petit détail, le rapport 2016 donne 89 % et non pas 90 % de lecteurs, mais il est possible qu’un retravail des résultats et/ou de la méthodologie ait donné lieu à cette correction). Quelques pages plus loin, on trouve cet autre graphique, qui montre l’évolution de la lecture « dans le cadre des loisirs par goût personnel », toujours depuis 2016.
Pour rappel, voici l’état des lieux dressé en 2016, où l’on retrouve peu ou prou les mêmes catégorisations (avec un regroupment par niveau scolaire plutôt que par tranche d’âge) :
C’est là que l’on voit combien l’exercice d’analyse d’une telle étude peut être complexe, puisqu’il s’agit de tirer du sens d’une large palette de données dont la confrontation est parfois paradoxale. Ainsi, si l’on se limite à la comparaison 2016-2026, on notera qu’il y a une baisse importante de la lecture « pour l’école » (passant de 89 % à 84 % des jeunes, mais une progression de la lecture « loisirs » (passant de 78 % à 81 %). Dans le détail des classes d’âges, on note que le recul de la lecture « pour l’école » est principalement dû à un effondrement des 16-19 ans (passant de 80 % à 65 %). Et de préciser, en 2026 : « Quand ils lisent un livre pour l’école, les études ou le travail, les plus jeunes éprouvent toujours moins de difficultés que les plus âgés, qui sont beaucoup moins nombreux à comprendre, aimer et lire facilement. » Quid de 2016 ? « Si en primaire, plus des 3/4 des enfants déclarent aimer ces lectures scolaires, l’intérêt décroit très fortement au collège et poursuit sa baisse au lycée. Ils trouvent les livres de moins en moins faciles à lire mais surtout de plus en plus ennuyeux. »
Etonnamment, la question du rôle central de l’école dans le rapport à la lecture n’est abordé nulle part dans le communiqué de presse, qui évoque plus le recul de la lecture faite par les parents aux enfants, et la place prise par les écrans. J’imagine qu’en tant qu’institution rattachée au Ministère de la Culture, le CNL s’interdit de critiquer le fonctionnement de la crèmerie d’en face, le Ministère de l’Education. Mais il y aurait probablement beaucoup à dire…
Côté « lecture loisir », on constate un léger recul pour ces mêmes 16-19 ans (passant de 69 % à 67 %), mais une progression pour les 13-15 ans (qui passent de 74 % à 78 %). ce qui serait plutôt encourageant. Le vrai signal alarmant se situe du côté du temps consacré à la lecture, estimé à 3h hebdomadaires en 2016, et à seulement 2h en 2026… La faute aux écrans ? Pas si vite…
Le rapport 2026 reconnaît : « Finalement, pour leurs loisirs, même si le temps d’écran a diminué, les jeunes Français consacrent toujours dix fois plus de temps aux écrans qu’à la lecture de livres chaque jour. » Et de fait, si on constate une moyenne de 3h01 d’écrans quotidienne en 2026, on est en retrait par rapport aux… 3h20 constatées en 2016. Donc oui, c’est compliqué.
(On notera que la lecture d’un livre au format numérique n’est pas de l’écran, pas plus que la « lecture » d’un livre audio — ce qui vient rappeler que le « L » dans « CNL », c’est « livre »… et que la question de la lecture est envisagée dans une conception très précise, à savoir la lecture *de livres*. Comme si l’on vous demandez si vous écoutez des albums, et pas de la musique)
Cumulés, écrans et lecture occupent donc 3h20 de moins dans la semaine des jeunes, et l’on pourrait s’interroger sur les raisons de ce désinvestissement, et savoir si, par exemple, il ne toucherait pas l’ensemble du temps de loisir… et ce, dans un contexte où les jeunes sont particulièrement « sous pression », que ce soit vis-à-vis de leur parcours scolaire, des relations avec les autres ou de la situation du monde en général. Au Journal TV de 20h, pas beaucoup d’occasions de rigoler. D’ailleurs, en décembre dernier, Les Echos titraient : « La délicate santé mentale des étudiants : un constat alarmant. »
Sinon, histoire de parler de bande dessinée (puisque c’est un peu mon fond de commerce), on retrouve le genre en tête des genres plébiscités par les jeunes.
Soit une forte progression du nombre de lecteurs, puisqu’en 2016, ils n’étaient que 64 % à lire des BD/mangas/comics pour leurs loisirs. Et sans surprise, ce sont les mangas qui ont le plus progressé, passant de 23 % à 46 %. On y retrouve cette disparité de genre, avec des garçons beaucoup plus attachés à la bande dessinée que les filles, qui se tournent plus vers les romans (dans un mouvement qui s’accentue avec l’âge).
L’étude 2026 confirme également cette évolution de la lecture de bande dessinée qui se tourne dans un premier temps vers le franco-belge (probablement par le biais de la bibliothèque familiale) avant de basculer dans le manga à l’abord de l’adolescence.
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Super contenu ! Continuez votre bon travail!