Preacher

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Preacher n’a pas l’air d’un comic à prendre trop au sérieux, et pourtant … derrière un dessin réaliste (les cervelles giclent, les corps se démembrent et le sang coule à flot) se cache une histoire aussi totalement déjantée et ultra-violente que débordante d’humour noir mais surtout brillamment racontée par Garth Ennis (Hellblazer). Et si l’on retiendra Preacher comme l’un des comics les plus délirants (visuellement et verbalement) de ces dernières années, c’est grâce à sa galerie de personnages plus tordus les uns que les autres :

Jesse Custer, le prêtre à la recherche de Dieu (littéralement, celui-ci aurait quitté le paradis !) possédé par une entité née des rapports contre-nature d’un ange et d’un démon. Possession qui se remarque surtout par un pouvoir particulier : Quand Jesse Custer ordonne, on exécute ! (Imaginez quand l’ordre est : Go fuck yourself !)
Tulip O’Hare, son ancienne petite amie, ex-tueuse à gage ; Cassidy centenaire qui ne fait guère plus de trente ans, ça aide d’être un vampire !
Mais aussi : Arseface (tête de cul) qui s’est tiré une balle dans la tête pour faire comme Kurt Cobain et a survécu mais dans quel état … John Wayne, compagnon invisible de Jesse Custer depuis son enfance et c’est sans parler de la grand-mère de Jesse et de ses deux fidèles et dangereux compagnons, d’un serial-killer, d’un flic sado-maso gay et homophobe, des anges et des séraphins, de quelques dégénérés sexuels dépravés …

Si vous voulez en prendre plein la face et plein les oreilles, c’est Preacher qu’il vous faut. Les auteurs s’en donnent donc à coeur-joie : violence, vulgarité, blasphème. Et comme Ennis ne semble pas se lasser d’explorer ses personnages (même et surtout les secondaires) et leurs passés plus glauques les uns que les autres, le meilleur est, peut-être, encore à venir.

Chroniqué par en août 1997

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