La Volupté d’Hectopascal
Atmosphère, pression, si cela se mesure en hectopascal c’est sûrement de la météorologie, sinon cela pourrait tout aussi bien être de la psychologie. Le titre semblerait une éclaircie s’il n’y avait ce mot «volupté», associé à une unité de mesure qui aurait paru moins abstraite si elle avait été en hectolitres ou en hectomètres.
Métrologie des nuages, de l’atmosphère, elle mesure pourtant un autre intangible pour nous tous qui fixons facilement notre humeur à la présence ou pas du soleil, pour in fine qualifier la journée de belle ou le temps de mauvais. Le temps psychologique est ainsi et il suffirait de quelques isobares pour en cerner la dépression.
Cela est impossible ? Non, puisque ces repères isobariques ne sont que lignes et courbes dessinées. Délinéer ainsi quelqu’un, le dessiner, c’est déjà en dévoiler la météo intime, déterminer un monde interne se confrontant à celui externe, en montrer les pressions réciproques qui se révèleront hautes ou basses suivant le scénario.
Elle, elle s’appelle Alice. Facile ? Oui, si vous connaissez d’autres prénoms connotant la réalité des rêves et la nature des miroirs. Oui, si votre monde est cloisonné pour cacher vos peurs. Les isobares ne sont qu’un équilibre, surtout pas une frontière hermétique. Tout circule dans ce monde qui se dessine en ces pages, et cette volupté en titre vient de ces passages.
Ce qu’elle ose voir ? Ses haut, ses bas, ce poids pas très grand mais pesant comme un sumo, qui fait son chemin en elle, qui la rattache à la terre (pesanteur), la fait marcher, s’illusionner, s’échapper en pensées, tourner, voyager, nager, affronter le miroir, s’y mirer d’héroïsme possible ou d’une grossesse nerveuse. Donner de la légèreté à ce qui pèse en soi, s’en déprécier sans déprimer pour vivre l’étrangeté du temps présent.
Pas de tempête sous un crâne donc. Une brise, un souffle appuyé qui la bouscule, la déséquilibre, une amertume participant au goût de vivre pour en tirer le vif plaisir.
Nicolas Zouliamis saisit à merveille ce souffle vital, en fait une musique, une poésie d’images et de mots mêlant transparence, vide, plein, écoulement et osmose. Il s’empare de l’indicible, d’un inconscient pour l’accompagner, le nuancer ou le grimer. L’important est de voir un invisible qui pèse/pourrait peser. En tirer une logique vient après, le plaisir suivra, le plaisir sauvera.
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