A propos de César mort

de

Dans ce simulacre au 9e étage d’une cérémonie, vue et entendue au 7e, ce n’est pas Tintin qui est transformé en faux César,[1] mais bien l’Alph’Art. Au lieu que l’un meurt dans une (fausse) expansion, l’autre meurt dans une (vraie) con-pression.[2] L’un s’échappe, l’autre s’emprisonne. L’un est une oeuvre vivante ; l’autre se meurt après avoir survécu… L’une dit « pensée créatrice », l’autre parle « d’esprit » comme d’un fantôme.[3] De la lettre à l’image d’un côté (mouvement) ; de l’image à la lettre[4] de l’autre (stationnement). Retour aux cases, planches et récits de départ ; d’où fac-similés, collection des reliques et cultes cérémonieux. Et les bulles se crèvent, et la boucle se la boucle ! Mauvaise ellipse ! Mauvaise diégèse ! Changeons d’histoire !

On me dira : « Very funnies ! » « Es solamente una historieta, señor ! » C’est vrai, c’est tellement peu de choses à l’échelle géologique des arts (Histoire de l’art) ! Images dérisoires (manga) ! À peine d’une enfance ! A peine une vie de 170 ans ! Juste des fumerolles de papier brûlé (fumetti) en autocombustion ! Des images enchaînées (lianhuanhua)[5] jusqu’à s’étrangler dans un faux et même mouvement (de fool) ! Comic strip, yes ! Car je me répète, oui ! À en être risible !

Angoulême est un mauvais festival, loin de tout et proche de rien. Plutôt une mise en abîme médiatique, pour une chute sans fond de foules en « cultées » (incultes ?). Les chapelles sont installées. Les oeillères bien calées. Le pèlerinage peut commencer (suivant sa confession), avec ses prières canoniques, toutes en nostalgie, chiffres et statistiques.

Notes

  1. Cf. Hergé : L’Alph’Art, Casterman, 1986, p. 40.
  2. Pression de professionnels, tous les ans le dernier week-end de janvier (hiver). Avec remise de décoration pour service rendu à l’entreprise. Garde à vous !
  3. « Esprit bédé », « Esprit d’Angoulême », etc… Et aussi « Gardons l’esprit Tintin » comme le dit la fondation Hergé en re-quête de copyright. Pour elle Tintin est un fantôme alors que pour les lecteurs qui savent lire, l’oeuvre est plus que jamais en vie. Donc pour cette fondation qui n’a plus que la monétique pour fondement, le lecteur de bande dessinée (dont ceux qui savent lire sont les pires) n’ont pas d’esprit, et il faut leur rappeler. C.Q.F.D.
  4. Ce fameux ©, la seule et vraie première lettre de L’Alph’Art bêêêêê ! (la deuxième étant le ®…).
  5. « Lianhuanhua » expression chinoise pour désigner la bande dessinée et qui veut dire littéralement : images enchaînées.
Humeur de en janvier 1999

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