Edito osmosat

de

La bande dessinée a certes été influencée mais a, elle aussi, énormément influencée. Alors qu’elle le dise et qu’elle le montre !
Mais attention ! À bas une fois pour toutes le High and low ! Oui à une vue horizontale de l’histoire de l’art, en hyperliens (forts) plutôt qu’en amas à la hiérarchie fluctuante au grès des courants d’ères (climax). Ainsi l’un n’effacera pas l’autre et vice versa.

Aller aussi au-delà des théories structurant la pensée comme des religions. La bande dessinée n’est pas qu’un phénomène « populaire » inclus dans un pot de formol par un structuralisme, une sociologie, une sémiologie, une psychanalyse, un « médiatisme », etc. Elle est un peu de tout ça et pas seulement, comme tous les arts bien entendu.
La transversalité interdisciplinaire (issue aussi bien de la vérité que de l’erreur), la bande dessinée lucide doit apprendre à la faire traverser par elle et non tangentiellement comme à son habitude d’exclue incluse. Tel un prisme elle doit recevoir ce flux de savoirs et le diviser à sa manière, en d’autres oscillations, pour se comprendre et faire comprendre. Elle est un regard sur le monde et elle en dit quelque chose impossible à dire autrement. Faisant partie du monde elle ne doit pas hésiter à jeter sur elle-même ce regard. Et ce, plus uniquement par la parodie, l’humour et le second degré allusif (devenant de plus en plus conventionnel, facile et évident de nos jours), mais plutôt par une attention à sa complexité intrinsèque et historique.
Depuis les années 70 la bande dessinée connaît son histoire et c’est ce qui en fait, en partie, sa contemporanéité. La ligne claire (et ce malgré ses dérives publicitaires) peut fournir un exemple (affadi) de cette attention. L’interrogation sur la mythologie super héroïque inaugurée par les Watchmen d’Alan Moore en est une autre. Alors n’oublions plus maintenant …

Enlevons aussi les tuteurs cinématographiques et littéraires. Ces paradigmes ont bien servis, mais par trop présents/dominants dans l’amas culturel, les limites se font sentir (indirectement le plus souvent). Attention aussi à ne pas trop s’accrocher au prochain, celui lié à l’informatique et aux multimédias. Privilégions l’osmose (phénomène de diffusion) plutôt que l’appui (car lequel des deux supportera l’autre ? Toujours la même ?).
La bande dessinée peut se tenir droite, sur ses spécificités et ses concepts évoluant comme des racines (profondeurs). Car il ne s’agit pas de faire de la bande dessinée une île superbe et isolée, mais une belle ville vivante, reliée au monde, où il est bon de (se re)trouver et de (se) chercher dans des ballades. Évitons le « syndrome » du rond-point avec son parterre de fleurs et/ou sa sculpture (amnestique) que personne ne voie.
du9 nouveau est ouvert. Ami lecteur, lectrice mon amour, promènes-toi bien, à belles enjambées dans la tête (topos).

Humeur de en août 2000

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