Un, deux, trois, zéro

de

Ami lecteur, lectrice mon amour,
Longue absence depuis notre dernière présence/mise à jour ondulatoire, et nous voici déjà de l’autre côté du point de mire séculaire, de l’autre côté de la numérotation symbolique.
Quelle inquiétante étrangeté ! Tous nous prédisaient un monde sans Histoire/histoire(s) soit parce que magnifique et moderne, ou soit parce qu’apocalyptique et de géhenne. Mais le monde est toujours là (las ?) ni plus ni moins moderne (préhistorique) ni plus ni moins apocalyptique (post-historique).
Contemporain donc, nous continuons. La limite passée, l’on comprend mieux sa fonction, son importance.

Dans la division par neuf qui nous intéresse nous pouvons aussi en retrouver les trois phases :
– L’an 2000 comme une ligne d’arrivée d’une course effrénée (historique) commencée par homo sapiens, d’une chronologie négative au départ puis positive en deux milliers pour l’arrivée. Ensuite le paradis pour tous dans une urbanité de type Jérusalem céleste ! D’où les moyens de transport souvent aériens comme dans Zig et Puce au XXIe siècle. A l’époque, tous ces auteurs étaient (presque) certains d’être plus sciences que fictions … prophétiques mêmes !
– Dans les années 70, le doute s’installe. L’an 2000 devient un mur dont la surface devient celle d’un miroir déformant. Les paupières se baissent (sur soi). Moebius crée l’Arzach, un univers parallèle et intérieur, sans ère et hors limite. Vers des sciences-humaines fiction.
– Années 80 et plus, « 20 ans avant l’an 2000 ! » les trois zéros désespérants (on ne sera pas à la hauteur) sont ce qu’il y a de plus visible. Alors plongeon amnésique dans le passé c’est-à-dire dans le « Vécu » des mythes et de l’Histoire (rétroviseur), et le chiffre symbolique est finalement nié. Quand il l’imagine, cet âge se voyant moyen se greffe les mêmes peurs qu’au moyen âge. La catastrophe y a donc souvent lieu peu avant ou (au mieux ?) peu après. C’est dans la majorité des cas plus ou moins post-apocalyptique. L’axiome de départ étant : la réalité (la notre, la moche !) dépassera (ou persistera à) la science et sa/ses fiction(s). 2000 ne changera rien, ce qui change bien des choses (et ne les améliorent pas surtout).
Ajoutons que dans cette même période, la science fiction apparaît aussi comme une mythologie avec sa propre histoire. On en joue et on en abuse, la relativisant et contribuant par là à accélérer le doute [1] .

Alors profitons du franchissement pour mettre plus que jamais à bas les oeillères trompe-l’oeil. Le trajet continue dans la direction du temps. Le Zig et le Puce nous montraient un point de fuite sur la surface plane du chiffre symbolisant la fin de deux millénaires. Mauvais départ. Cette surface (nous la voyons aujourd’hui) nous cachait la vraie perspective. La bande dessinée comme d’autres ne doivent donc pas avoir peur du monde d’Histoire/histoire (s) ou d’elle-même.
La limite de la surface plane comme un mur, franchie [2] , la myopie induite artificiellement par un point de fuite (en avant) disparaît. Voyons loin et en détail. Évitons de fixer d’autres fausses limites limitantes.
Regards multiples, en ampleurs multidimensionnelles et dans toutes les directions de l’ennéamonde avec juste du 9 comme lieu (en (h)auteur) sans frontière, non comme recommencement d’une chronologie, non comme compte à rebours.

Notes

  1. qui en devient fondation. D’où (sur le multimédia) la direction « négation de la réalité », avec prochain arrêt station « virtuelle ». La question sera moins « D’où viens-je ? » (métaphysique) mais plutôt « Y suis-je ? » (para-réel).
  2. D’où l’impossibilité de dos au mur, alors attention à la chute (en arrière) pour certains …
Humeur de en septembre 2000

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