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The Autobiography Of Me Too

de

La couverture (toilée) est jolie, résolument orange, et se voit de loin. Et en même temps, le plaisir tactile de l’objet évoque quelque vieux cahier ou vieux journal, où quelqu’un aurait consigné à la plume des idées de passage, des petits morceaux de pensée.

L’œuvre est signée Bouzard, et c’est avec plaisir que l’on découvre ces quinze histoires illuminées de la verve et du dessin nerveux qui font toute la saveur des Plageman.
On y retrouve aussi le côté décalé, le refus de se prendre au sérieux que le titre laissait supposer — «moi aussi, je veux faire de l’autobio», et in English s’il vous plait, avec de bons titres de chapitre comme Hollywood sait en produire.

Mais l’ensemble hésite entre l’autodérision (The Best One, A Star is Born) et des scènes intimistes (Bad Trip, I Had A Dream), le délire complet (X-Men) et une certaine forme de poésie surréaliste (Brain Damage, Bad Brain).
En définitive, The Autobiography Of Me Too se lit comme un projet pudique — un peu comme si l’auteur, après s’être dit que cela pourrait être drôle de parler de sa vie à lui, s’effraye un peu de révéler trop de son intimité, et se raccroche à l’humour et l’exagération pour ne pas trop se révéler.

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Chroniqué par en juin 2004