Le Chant des Pavots

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Un vieux bluesman chante dans ma tête et me raconte l’histoire de Jeannot et Albert. Deux p’tits Frenchy qui n’ont pas tout vu arriver. Deux bons p’tits gars qui aimaient la musique et l’ont suivi en terre nouvelle, sous la bannière d’une liberté opportuniste. Ils ont connu le rêve, la passion, le plaisir de vivre. Ils se sont laissé porter par cette musique, par ce blues, avant d’ouvrir les yeux. Avant de changer d’écoute et de saisir l’envers du décor. Alors ils ont repris les choses en main. Ils ont changé le cours de leur vie … et n’écoutent plus de blues.

Le trait est vif et incisif. On y retrouve les effets de contrastes et la vivacité des personnages d’Hugo Pratt. Le blanc et le noir portent le dessin et donnent le ton d’une mélodie jouée au fond des bars enfumés. On sent l’odeur des cigarettes, on entend le murmure discret d’une grande cité endormie, on crève de transpiration sous le soleil de plomb qui inonde parfois la ville.

On se laisse facilement transporter par cette histoire de passion et d’amitié. Un peu a la manière d’un film de Wenders, la musique porte les images … Dans cette histoire, je parle bien sûr de la musique que nous avons dans la tête …

Chroniqué par en août 1997

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