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La Geste des Chevaliers Dragons

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Du vieux françois dans le titre, car (finalement, hein !) comme nous le rappellent Lagarde & Michard, la littérature française (Françoise) commence avec ce que l’on n’appelait pas à l’époque de l’heroic fantasy (anglois), c’est-à-dire la chanson de geste, dont la plus fameuse était celle de Roland.
Art populaire, la chanson de geste nous montre, pour qui s’y penche, tout le chemin parcouru depuis. Au début, un genre mythifiant un événement historique ; aujourd’hui, un genre avec ce genre mythifiant un événement historique et tout ce qui a une épée genre moyen-âge.

Pourquoi ce genre de genre ? Genre, quoi ? Hein ? Fin de millénaire ? Nouveau moyen-âge ?
Une chose est sûre, la météo des ventes est au beau fixe ! Soleil brille, brille, brille, et un Vent d’Ouest se lève sur ses cartes de contrées imaginaires de plus en plus arides et stériles (par surexploitation).
Mythe de mythe, attendez-vous bientôt à un Roland sauvé du méchant Ganelon (devenu prêtre), à Roncevaux, par Durandal devenue une gonzesse en string peau de dragon (grosse bêbête à l’haleine calorifique), car aujourd’hui la femme est devenue l’égale de l’homme, même si sa masse musculaire n’est pas répartie de la même façon (95, 40, 95).

Egalité ici confirmée surtout parce que ça change rien, ça arrange bien, donc les filles doivent rester vierges pour sauver le monde du méchant dragon et des prêtres inconscients. Elles prennent en main leur sacrifice, c’est ça la modernité. Elles sont chevaliers et pas chevalières, non pour mettre en colère la ministre, mais pour pas dévoiler la fin (celle qui justifie les moyens comme, par exemple, la gourmette sur le bras velu).
Trucs scénaristiques habituels du couple Ange : un peu de gore, l’enfance traumatisée, flash back (en noir et blanc !), etc.
A tout scénario convenu, un peu de référence : le second rôle féminin ressemble furieusement à Pelisse de l’incontournable Quête de l’oiseau du temps ! LA référence dont personne ne semble se remettre pourtant c’est facile je vous assure.

Et les dessins de Varanda ? Certes bien jolis dans le genre (héroïque et fantaisiste). De beaux dessins, des seins beaux (des beaux culs aussi), mais sans dessein autre que le dessein habituel.
Le geste de la geste ? Juste des gonzesses a l’esthétique californienne (patrie du silicone ad hoc), tenant entre les mains de grandes épées, bien longues … bien dures …

Site officiel de Vents d'Ouest
Chroniqué par en juin 1998

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