Little P. in Echoes Land

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Si vous n’en avez pas entendu parler, bienvenue à Echoes Land, contrée qui fait référence, fera référence, doit faire référence. Oui ! Echoes Land c’est du sérieux. Echoes Land est bien noté. Echoes Land fera/fait l’unanimité auprès de cette majorité qui se costume de ne pas la faire.

Pourtant Echoes Land cite ce qui doit être cité, et pas pour dire que c’est cité.[1] Echoes Land place autrement ses devoirs et les fait comme il faut. Echoes Land dit peu de chose mais chosifie beaucoup de choses. Echoes Land aime le culte. Echoes Land est bassement une histoire de cultes.
Echoes Land prend les formes et pas le fond. Echoes Land a la stratégie des publicités, dit qu’il est un peu (beaucoup, passionnément) de et comme vous, pour mieux se vendre. Echoes Land parle d’arts qui ont fait table rase de passés. Echoes Land en met raz la table des passés. Echoes Land parle d’inventeurs de langages. Echoes Land montre les inventions plutôt que d’en inventer.
Echoes Land plaira à Beaux Arts Magazine. Echoes Land plaira aux amateurs d’arts ignorant la « bédé ». Echoes Land confirmera les préjugés des littéraires et des cinéphiles vis-à-vis de la « bédé ». Echoes Land ne plaira pas aux monomaniaques de la manga. Echoes Land cite plus le Pop Art que les comics, mais plaira un peu aux monomaniaques de ceux-ci car deux de leurs personnages y sont montré. Echoes Land ne plaira pas au public du « train de la bd ». Echoes Land trompera les autres. Echoes Land aurait plu à 3DPATBYU Milos et a plu à J.-L. Fromental.
Echoes Land est autrement postmoderne que la ligne claire.[2] Echoes Land est un accolement de deux nombrils comme autrement une certaine œuvre de F. Gonzales-Torres cité. Echoes Land est ego(s) land. La scénariste d’Echoes Land a bien retenu les leçons de la faculté. Le dessinateur d’Echoes Land a bien retenu les leçons de son école. Echoes Land est d’une intelligence scolaire. Echoes Land est rassurant.

Echoes Land est le Où est Charlie ? des trentenaires. Echoes Land est un roman Arlequin citationnel. Echoes Land témoigne d’une autre ère victorienne, où Alice se sait Alice et se déguise en Alice. Echoes Land n’est que masques et costumes. Echoes Land est forcément génial. Echoes Land is watching the culture, Little P. est notre grande soeur. Echoes Land est fonctionnel. Echoes Land est le tutoiement de celui qui saurait et le vouvoiement de celui qui ne saurait pas. Echoes Land sait se tenir, il est sympa, on peut l’inviter. Car Echoes Land est formidable pour les soirées entres amis.
Echoes Land remplit de passé un présent acréatif. Echoes Land n’est ni un musée imaginaire, ni un cabinet de curiosité, mais une suite de photos multipliant les yeux rouges dans la temporalité narcissique de l’album de famille. Echoes Land n’est surtout pas poétique. Echoes Land est à l’image de ces rappeurs que l’on reconnaît d’abord à leur dictionnaire de rimes. Echoes Land recopie, « ra-colle », mais on dira sample et remix. Echoes Land fait tristement rigoler.

Echoes Land c’est le logos des logos en haut de planches. Echoes Land « think différent » comme il se doit en bas et à droite de chaque planche. Echoes Land sera exposé. Les planches d’Echoes Land ne sont pas virtuelles. Echoes Land a été exposé (4ième de couv). Echoes Land réexposera. Echoes Land fait « popément » référence à A. Warhol mais pas à Pravda la survireuse. Echoes Land c’est la même idée à chaque planches. Echoes Land n’est pas conceptuel mais seulement un concept. Echoes Land est à l’échelle de ce monde. Echoes Land est donc muet on ne s’en étonnera pas. Echoes Land est édité par Denoël Graphic qui vient d’arriver, qui veut arriver. Echoes Land est une plate bande de plus qui énervera légitimement J.-C. Menu.

Echoes Land ne se justifie ni par Freud ni par Mc Cay mais fait comme si. Echoes Land dit non pour dire oui et fait comme ça. Echoes Land grimpe sur ce qu’il croit petit pour attraper ce qu’il croit grand. Echoes Land aura l’écho des cités auprès des suscités. Echoes Land a l’écho arty de celui des savanes « vingtenaire ». Echoes Land aura des suites si le ludique l’emporte. Echoes Land est un bon test de culture générale pour ceux qui croient en avoir. Echoes Land permet de briller devant la machine à café où aux soirées de l’ambassadeur. Echoes Land se rapproche des guides Vents d’Ouest en actualisant la métaphore culture = confiture. Echoes Land réifie avec intelligence les clichés sur la bande dessinée. Echoes Land n’aura suscité que peu d’échos mais beaucoup d’«Echoes Land» en cette chronique. Echoes Land est du monde salissant. Echoes Land est franchement désespérant car, en plus, sûrement sincère.

Notes

  1. D’où cécité ?
  2. les générations passent, le dévouement aux temps stasiques demeure.
Site officiel de François Olislaeger
Site officiel de Denoël Graphic
Chroniqué par en septembre 2005

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