Love and Rockets X

de

On se décide enfin à éditer Love and Rockets en français. Rackham — qui décidément fait un travail d’édition d’oeuvres étrangères remarquable — a choisi un épisode intermédiaire dessiné par le seul Gilbert sans son frérot Jaime. Voilà donc cette bd quasi mythique éditée chez nous, qu’on puisse juger sur pièces.

Eh bien, on se rend compte en quoi cette série a tant marqué les auteurs « nouvelle vague » des Etats-Unis : propos actuel, volonté de montrer une Amérique authentique loin des clichés hollywoodiens, désir de privilégier la description sociale plutôt que l’action, choix de dialogues en prise avec la réalité. On voit bien que la bande dessinée telle que la conçoivent les frères Hernandez est très loin des insupportables marveleries qui étaient notre unique horizon de la bande dessinée américaine depuis la fin de l’underground des 70’s.

Mais depuis, nous avons découvert des auteurs majeurs, comme Burns, Clowes, ou Ware, qui ont véritablement révolutionné la bande dessinée américaine (et sans doute européenne), et la lecture de Love and Rockets paraît dès lors un poil anachronique. Non que l’album fût médiocre, mais bien parce que sa vraie qualité de précurseur nous échappe un peu 10 ans après.
Alors, on se satisfait de ce récit de jeunes yuppies californiens, mais on est légèrement déçu : on attendait plus novateur, plus dérangeant. Voilà une introduction indispensable mais un peu tardive.

Site officiel de Rackham
Chroniqué par en mars 2001

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